Tumeurs germinales du testicule

Cancer du sujet jeune, exemplaire par sa curabilité même au stade métastatique. La distinction séminome / non séminomateux, l'interprétation des marqueurs et la classification pronostique IGCCCG structurent une prise en charge où la chimiothérapie BEP joue un rôle central.

Urologique Séminome / TGNS AFP · hCG · LDH IGCCCG BEP

📊 Épidémiologie & facteurs de risque

Les tumeurs germinales du testicule sont le cancer solide le plus fréquent de l'homme jeune (pic entre 20 et 40 ans). Malgré leur agressivité potentielle, elles se caractérisent par une très forte chimiosensibilité et un taux de guérison global supérieur à 90 %.

Facteurs de risque

  • Cryptorchidie (testicule non descendu), même corrigée chirurgicalement — facteur le mieux établi, avec risque également accru sur le testicule controlatéral.
  • Antécédent personnel de tumeur germinale controlatérale, antécédents familiaux, atrophie testiculaire, syndrome de dysgénésie testiculaire, néoplasie germinale in situ.
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Devant toute masse testiculaire dure et indolore chez un homme jeune, le réflexe est l'échographie scrotale et le dosage des marqueurs, puis l'orchidectomie par voie inguinale — jamais de biopsie ni d'abord trans-scrotal, sous peine de dissémination et de modification du drainage lymphatique.

🧬 Anatomopathologie & marqueurs

On distingue deux grands groupes, aux implications thérapeutiques distinctes :

  • Séminome pur : évolution plus indolente, très radiosensible et chimiosensible.
  • Tumeurs germinales non séminomateuses (TGNS) : carcinome embryonnaire, tumeur vitelline (yolk sac), choriocarcinome, tératome — souvent formes mixtes, plus agressives.

Marqueurs tumoraux sériques

MarqueurOrigineInterprétation
AFP (alpha-fœtoprotéine)Tumeur vitelline, carcinome embryonnaireJamais élevée dans un séminome pur : une AFP élevée impose de traiter comme une TGNS
hCG (β-HCG)Éléments trophoblastiques (choriocarcinome), parfois séminomePeut être modérément élevée dans le séminome
LDHMarqueur de masse tumorale / proliférationValeur pronostique (intégrée à l'IGCCCG)
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Les marqueurs sont dosés avant l'orchidectomie, puis après, en respectant leurs demi-vies (AFP ~5-7 jours, hCG ~1-3 jours) : une décroissance inadéquate signe une maladie résiduelle et influence la stadification (composante S).

🩺 Présentation clinique & diagnostic

Le mode de révélation habituel est une masse ou une augmentation de volume testiculaire indolore, découverte par le patient. Manifestations moins fréquentes : douleur/pesanteur scrotale, gynécomastie (hCG), symptômes liés à des métastases (masse rétropéritonéale, symptômes pulmonaires).

  • Échographie scrotale : confirme la nature intratesticulaire et solide de la lésion.
  • Marqueurs (AFP, hCG, LDH) avant et après chirurgie.
  • Orchidectomie inguinale avec ligature première du cordon : geste diagnostique et thérapeutique de référence. Discussion d'une conservation/pose de prothèse et d'une préservation de la fertilité (cryoconservation du sperme) avant tout traitement.

📐 Stadification & classification pronostique

La stadification est TNM-S, particularité de cette tumeur : elle intègre une composante S (marqueurs sériques post-orchidectomie) en plus de T, N et M. Le bilan d'extension comprend une TDM thoraco-abdomino-pelvienne.

ComposanteSignification (synthèse)
T (pT)Extension locale de la tumeur primitive (après orchidectomie)
NGanglions rétropéritonéaux (taille croissante N1-N3)
MMétastases à distance (M1a ganglionnaires non régionales/pulmonaires ; M1b autres viscères)
SNiveau des marqueurs post-orchidectomie (S0-S3, selon LDH, hCG, AFP)

Classification pronostique IGCCCG

Pour les formes métastatiques, la classification IGCCCG répartit les patients en groupes de bon, intermédiaire et mauvais pronostic, à partir de la localisation de la tumeur primitive (testiculaire/rétropéritonéale vs médiastinale), de la présence de métastases viscérales non pulmonaires et du niveau des marqueurs. Le séminome pur ne comporte que des catégories de bon ou intermédiaire pronostic (jamais de mauvais pronostic).

💊 Prise en charge par stade & situation

Stade I (localisé, après orchidectomie)

  • Séminome stade I : surveillance active privilégiée (guérison > 99 % avec rattrapage) ; alternative par carboplatine en mono-injection AUC 7 (formule de Calvert : AUC × [DFG + 25]) chez les patients à risque de récidive sélectionnés. La radiothérapie lomboaortique (20 Gy en 10 fractions de 2 Gy) est aujourd'hui en net recul du fait du risque de seconds cancers.
  • TGNS stade I : surveillance active dans la majorité des cas ; en cas de facteur de risque (invasion lymphovasculaire), option de chimiothérapie BEP × 1 cycle (bléomycine 30 000 UI à J1, J8 et J15 ; étoposide 100 mg/m²/j de J1 à J5 ; cisplatine 20 mg/m²/j de J1 à J5) pour réduire le risque de récidive.

Maladie métastatique (selon IGCCCG)

  • Chimiothérapie de référence : BEPbléomycine 30 000 UI (30 mg) IV à J1, J8 et J15 ; étoposide 100 mg/m²/j IV de J1 à J5 ; cisplatine 20 mg/m²/j IV de J1 à J5, cycles répétés toutes les 3 semaines : 3 cycles pour le bon pronostic, 4 cycles pour les pronostics intermédiaire et mauvais. En cas de contre-indication à la bléomycine (insuffisance respiratoire, âge, insuffisance rénale) : 4 cycles d'EP (étoposide-cisplatine) ou VIP (étoposide 75 mg/m²/j, ifosfamide 1,2 g/m²/j avec mesna, cisplatine 20 mg/m²/j, de J1 à J5).
  • Surveillance des toxicités spécifiques : pneumopathie à la bléomycine (dose cumulée à ne pas dépasser 270 000 UI, épreuves fonctionnelles respiratoires avec DLCO, arrêt au moindre signe — et prudence à vie avec l'oxygénothérapie à forte concentration), ototoxicité et néphrotoxicité du cisplatine (hyperhydratation, magnésium), neutropénie, phénomène de Raynaud, azoospermie.
  • Traitements de rattrapage : TIP (paclitaxel 250 mg/m² à J1, ifosfamide 1,5 g/m²/j et cisplatine 25 mg/m²/j de J2 à J5, toutes les 3 semaines), VeIP (vinblastine, ifosfamide, cisplatine), ou chimiothérapie à haute dose (carboplatine-étoposide) avec autogreffe de cellules souches hématopoïétiques en cas d'échec.
  • Préservation de la fertilité : cryoconservation du sperme avant toute chimiothérapie ou irradiation, systématiquement proposée.

Masses résiduelles

  • TGNS : curage ganglionnaire rétropéritonéal (exérèse des masses résiduelles après normalisation des marqueurs), car elles peuvent contenir du tératome (chimiorésistant) ou du tissu tumoral viable.
  • Séminome : les masses résiduelles sont le plus souvent surveillées ; une TEP-FDG (réalisée à distance) peut aider à sélectionner les rares masses justifiant un geste.

💉 Doses & protocoles

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Support pédagogique. Posologies issues des essais pivots et des référentiels ESMO/EAU/NCCN. Vérifier systématiquement la prescription, les adaptations (fonction rénale, dose cumulée de bléomycine, âge, surface corporelle, toxicités) et les interactions dans le référentiel institutionnel avant toute application. Ces tumeurs étant curables même métastatiques, le respect de l'intensité de dose et des intervalles est un enjeu de guérison : les reports et réductions de dose doivent rester exceptionnels.

Chimiothérapie de 1re ligne

ProtocoleMoléculeDoseVoie / rythmeDurée
BEP — référence (cycles de 21 jours)
BEPBléomycine30 000 UI (30 mg)IV, J1, J8 et J153 cycles (bon pronostic) ou 4 (intermédiaire/mauvais)
BEPÉtoposide100 mg/m²/jIV, J1 à J5idem
BEPCisplatine20 mg/m²/jIV, J1 à J5, avec hyperhydratationidem
Alternatives si bléomycine contre-indiquée
EPÉtoposide / cisplatine100 / 20 mg/m²/jIV, J1 à J5, toutes les 3 sem4 cycles
VIPÉtoposide / ifosfamide / cisplatine75 / 1 200 / 20 mg/m²/jIV, J1 à J5, avec mesna4 cycles
Stade I
Séminome ICarboplatineAUC 7IV, injection unique1 administration
TGNS I à risqueBEPidem BEPIV1 cycle

Adaptations : la bléomycine est plafonnée à une dose cumulée d'environ 270 000 UI et impose des épreuves fonctionnelles respiratoires avec DLCO ; toute toux, dyspnée ou crépitant doit faire suspendre le traitement — la fibrose pulmonaire peut être fatale, et le patient doit être informé à vie du risque lié à l'oxygénothérapie à forte concentration (mention à porter sur le dossier avant toute anesthésie). Le cisplatine exige une hyperhydratation, une supplémentation magnésienne et une surveillance de la clairance et de l'audition. Une neutropénie fébrile ou un retard de cycle ne doivent pas conduire à réduire les doses mais à ajouter du G-CSF : l'intensité de dose conditionne la guérison. Cryoconservation du sperme avant le premier cycle.

Traitements de rattrapage

ProtocoleMoléculesDoseVoie / rythmePrécisions
TIPPaclitaxel250 mg/m²IV sur 24 h, J1Toutes les 3 sem, 4 cycles
TIPIfosfamide1 500 mg/m²/jIV, J2 à J5, avec mesnaidem
TIPCisplatine25 mg/m²/jIV, J2 à J5idem
VeIPVinblastine / ifosfamide / cisplatine0,11 mg/kg / 1 200 mg/m² / 20 mg/m²IV, J1-J2 / J1–J5 / J1–J54 cycles
Haute dose (TI-CE et variantes)Carboplatine + étoposideAUC 7–8 × 3 j + 400 mg/m²/j × 3 jIV, avec autogreffe de cellules souches2 à 3 cycles, centre expert
RéfractaireGemcitabine + oxaliplatine (± paclitaxel)1 000 mg/m² + 130 mg/m²IV, toutes les 3 semOption palliative

L'ifosfamide impose l'administration de mesna (prévention de la cystite hémorragique) et une surveillance neurologique (encéphalopathie, traitée par bleu de méthylène). La chimiothérapie à haute dose avec autogreffe permet encore des guérisons en situation de rechute et doit être conduite en centre expert — l'orientation vers un centre de référence conditionne le pronostic dans ces situations rares.

Radiothérapie

IndicationDose totaleFractionnementVolume cible / précisions
Séminome stade I (option en recul)20 Gy10 fractions de 2 GyAires lomboaortiques (« para-aortic strip ») — abandonnée au profit de la surveillance en raison des seconds cancers
Séminome stade IIA30 Gy15 à 20 fractionsLomboaortique + iliaque homolatérale (champ en crosse de hockey)
Séminome stade IIB36 Gy18 à 20 fractionsIdem avec surimpression ganglionnaire ; la chimiothérapie lui est souvent préférée
Néoplasie germinale intratubulaire (carcinome in situ) du testicule controlatéral18–20 Gy9 à 10 fractionsTesticule controlatéral, si le patient souhaite conserver la fonction endocrine
Métastases cérébrales30 Gy ou radiochirurgie10 fractions ou 1 fractionEn complément de la chimiothérapie
Palliative (compression, douleur)20–30 Gy5 à 10 fractionsSituations rares dans cette pathologie curable

Contraintes principales aux organes à risque : reins V20 < 30 % et Dmoyenne < 15 Gy sur le rein le plus exposé, foie Dmoyenne < 20 Gy, moelle épinière Dmax < 45 Gy, intestin grêle Dmax < 45 Gy. La protection du testicule controlatéral par coquille plombée est impérative pour préserver la fertilité — la dose diffusée doit être minimisée. Chez ces patients jeunes et guéris dans leur immense majorité, le risque de second cancer radio-induit et de morbidité cardiovasculaire à plusieurs décennies pèse lourd dans le choix : c'est la raison pour laquelle la surveillance a largement supplanté l'irradiation dans le séminome de stade I.

Points clés à retenir

  • Cancer du sujet jeune, hautement curable même métastatique ; cryptorchidie = principal facteur de risque.
  • L'AFP n'est jamais élevée dans un séminome pur : une AFP haute fait traiter comme une TGNS.
  • Orchidectomie par voie inguinale avec ligature première du cordon ; jamais d'abord trans-scrotal.
  • Stadification TNM-S (marqueurs post-orchidectomie) et pronostic métastatique par l'IGCCCG.
  • Stade I : surveillance (± carboplatine pour le séminome, ± BEP×1 pour la TGNS) ; avancé : BEP 3-4 cycles ; curage rétropéritonéal des masses résiduelles de TGNS.

QCM — 10 questions

Q1. Un homme de 28 ans présente une tumeur testiculaire dont l'histologie évoque un « séminome pur », mais l'AFP est élevée. Quelle conduite s'impose ?

Q2. Quelle est la voie d'abord chirurgicale de référence pour l'exérèse d'une tumeur testiculaire ?

Q3. Chez un patient traité par BEP pour une TGNS métastatique, les marqueurs se sont normalisés mais persiste une masse rétropéritonéale résiduelle. Quelle attitude est recommandée ?

Q4. Quelle anomalie cytogénétique est caractéristique des tumeurs germinales du testicule ?

Q5. Quelle particularité distingue la stadification des tumeurs germinales de celle des autres tumeurs solides ?

Q6. Quels éléments définissent le groupe de mauvais pronostic de la classification IGCCCG ?

Q7. Quelles posologies composent un cycle de BEP ?

Q8. Un patient sous BEP signale une toux sèche et une dyspnée d'effort au 3e cycle. Quelle est votre conduite ?

Q9. Quelle mesure doit systématiquement être proposée avant de débuter une chimiothérapie chez un homme jeune atteint d'une tumeur germinale ?

Q10. Quelles séquelles à long terme faut-il surveiller chez un patient guéri d'une tumeur germinale après chimiothérapie à base de cisplatine ?

🩺 Cas cliniques progressifs

Cinq situations cliniques déroulées étape par étape. Chaque réponse débloque l'étape suivante, qui apporte de nouvelles données (bilan, anatomopathologie, évolution). Répondez avant de poursuivre.

Cas 1

Séminome de stade I

Homme de 31 ans, sans antécédent, consultant pour une augmentation de volume indolore du testicule droit évoluant depuis 2 mois. L'examen retrouve une masse dure, non transilluminable. L'échographie scrotale montre une lésion hypoéchogène hétérogène de 33 mm intra-testiculaire.

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  1. Étape 1 · Prise en charge initiale

    Q1. Quelles sont les deux mesures à prendre avant tout geste chirurgical ?

  2. Étape 2 · Anatomopathologie

    Résultats : orchidectomie inguinale réalisée. Séminome pur pT1, sans invasion lymphovasculaire, sans envahissement du rete testis. AFP normale, hCG à 8 UI/L avant l'intervention, normalisée après. Le scanner thoraco-abdomino-pelvien est normal.

    Q2. Comment classez-vous ce patient et que proposez-vous ?

  3. Étape 3 · Modalités de surveillance

    Le patient accepte la surveillance mais s'inquiète du risque de rechute.

    Q3. Que lui expliquez-vous ?

  4. Étape 4 · Rechute

    À 14 mois : le scanner de surveillance découvre une adénopathie lomboaortique unique de 22 mm. Les marqueurs sont normaux.

    Q4. Quel traitement proposez-vous ?

  5. Étape 5 · Après le traitement

    Après 3 cycles de BEP : réponse complète, marqueurs normaux. Persiste un reliquat ganglionnaire de 12 mm au scanner.

    Q5. Quelle attitude adoptez-vous ?

  6. Étape 6 · Suivi au long cours

    À 5 ans : le patient est en rémission complète. Il a 36 ans, fume 15 cigarettes par jour et son bilan montre une dyslipidémie et une testostérone basse.

    Q6. Quelle prise en charge au long cours ?

Synthèse du cas 1

Marqueurs avant orchidectomie et cryoconservation du sperme : deux réflexes initiaux. Abord inguinal exclusivement. Une hCG modérée est compatible avec un séminome pur, jamais l'AFP. Séminome de stade I : surveillance active (guérison > 99 % avec rattrapage). Rechute rétropéritonéale de faible volume : chimiothérapie ou 30 Gy. Masses résiduelles de séminome : surveillance, TEP-FDG à distance si > 3 cm. Suivi à vie : cardiovasculaire, hormonal, testicule controlatéral, seconds cancers.

Cas 2

Tumeur non séminomateuse métastatique de bon pronostic

Homme de 24 ans, consultant pour une masse testiculaire gauche et des douleurs lombaires. AFP à 1 250 ng/mL, hCG à 3 800 UI/L, LDH à 1,8 fois la normale. Le scanner montre des adénopathies rétropéritonéales de 45 mm et trois nodules pulmonaires.

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  1. Étape 1 · Classification

    Q1. Comment classez-vous ce patient selon l'IGCCCG après orchidectomie et normalisation partielle des marqueurs (AFP 820 ng/mL, hCG 2 100 UI/L, LDH 1,6 N) ?

  2. Étape 2 · Traitement

    Bilan : fonction rénale normale, épreuves fonctionnelles respiratoires normales, sperme cryoconservé.

    Q2. Quel traitement proposez-vous ?

  3. Étape 3 · Complication précoce

    J10 du 1er cycle : fièvre à 39 °C avec neutrophiles à 0,2 G/L et mucite de grade 3.

    Q3. Quelle est votre conduite pour la suite du protocole ?

  4. Étape 4 · Réévaluation

    Après 3 cycles : les marqueurs sont normalisés. Le scanner montre une régression pulmonaire complète mais une masse rétropéritonéale résiduelle de 28 mm.

    Q4. Quelle attitude ?

  5. Étape 5 · Résultat du curage

    Anatomopathologie du curage : tératome mature, sans tissu tumoral viable. Le patient présente en postopératoire une anéjaculation.

    Q5. Comment interprétez-vous ces éléments ?

  6. Étape 6 · Suivi

    À 3 ans : le patient est en rémission complète et souhaite un enfant. Le spermogramme montre une oligospermie sévère.

    Q6. Que lui proposez-vous ?

Synthèse du cas 2

IGCCCG : primitif, atteinte viscérale non pulmonaire, marqueurs. Bon pronostic = 3 BEP. Ne jamais substituer le carboplatine au cisplatine en métastatique. Intensité de dose et respect des intervalles : G-CSF plutôt que réduction ou report. Masse résiduelle de tumeur non séminomateuse : curage systématique (40 % fibrose, 40 % tératome, 20 % viable) — la TEP n'y a pas de place. Anéjaculation : complication du curage, d'où les techniques de préservation nerveuse et la cryoconservation préalable.

Cas 3

Tumeur germinale de mauvais pronostic révélée par une détresse respiratoire

Homme de 26 ans admis en urgence pour dyspnée, hémoptysies et douleurs thoraciques. Le scanner montre d'innombrables métastases pulmonaires bilatérales, des adénopathies médiastinales et rétropéritonéales volumineuses, ainsi que trois métastases hépatiques. AFP à 42 000 ng/mL, hCG à 180 000 UI/L, LDH à 8 fois la normale. Le testicule gauche est induré.

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  1. Étape 1 · Urgence

    Q1. Quelle est la conduite immédiate ?

  2. Étape 2 · Classification et protocole

    Classification : tumeur non séminomateuse avec métastases hépatiques et marqueurs S3.

    Q2. Quel groupe pronostique et quel traitement ?

  3. Étape 3 · Complication du premier cycle

    J3 du 1er cycle : aggravation de la dyspnée avec hypoxémie, infiltrats pulmonaires diffus, hyperkaliémie, hyperuricémie et insuffisance rénale aiguë.

    Q3. Quelles complications redoutez-vous ?

  4. Étape 4 · Décroissance des marqueurs

    Après le 1er cycle : le patient est stabilisé. L'AFP est descendue à 18 000 ng/mL et l'hCG à 40 000 UI/L, mais la décroissance est plus lente que ne le prédiraient leurs demi-vies.

    Q4. Quelle est la portée de cette information ?

  5. Étape 5 · Après le traitement

    Après 4 cycles : les marqueurs se sont normalisés. Persistent une masse rétropéritonéale de 55 mm et deux nodules pulmonaires de 15 mm.

    Q5. Quelle stratégie chirurgicale ?

  6. Étape 6 · Tissu viable

    Anatomopathologie : la masse rétropéritonéale contient environ 30 % de carcinome embryonnaire viable ; les nodules pulmonaires sont fibreux. L'exérèse est complète.

    Q6. Quelle conduite ?

Synthèse du cas 3

Masse testiculaire + marqueurs massifs : traiter sans attendre, orchidectomie différée. Mauvais pronostic (viscérale non pulmonaire ou S3) : 4 BEP en centre expert. Redouter le syndrome de lyse et la détresse respiratoire par fonte tumorale dès les premiers jours. La cinétique de décroissance des marqueurs après le 1er cycle guide une éventuelle intensification (GETUG 13). Réséquer toutes les masses résiduelles, l'histologie pouvant différer d'un site à l'autre.

Cas 4

Tumeur germinale extragonadique médiastinale

Homme de 22 ans, consultant pour une toux, une dyspnée et un syndrome cave supérieur d'installation progressive. Le scanner montre une volumineuse masse médiastinale antérieure de 12 cm comprimant la veine cave supérieure. AFP à 8 500 ng/mL, hCG à 320 UI/L. Les testicules sont normaux à l'examen et à l'échographie.

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  1. Étape 1 · Diagnostic

    Q1. Quel diagnostic évoquez-vous devant cette masse médiastinale antérieure chez un homme jeune avec une AFP très élevée ?

  2. Étape 2 · Pronostic

    Bilan : pas d'autre localisation en dehors de la masse médiastinale. Les testicules sont normaux en échographie.

    Q2. Quel groupe pronostique IGCCCG ?

  3. Étape 3 · Syndrome cave

    Urgence : le syndrome cave supérieur s'aggrave avec un œdème en pèlerine et une turgescence jugulaire.

    Q3. Quelle prise en charge ?

  4. Étape 4 · Traitement

    Question du protocole : le patient a une fonction rénale et respiratoire normales, et le sperme a été cryoconservé.

    Q4. Quel traitement retenez-vous ?

  5. Étape 5 · Chirurgie

    Après 4 cycles : marqueurs normalisés, masse résiduelle médiastinale de 60 mm. Une exérèse chirurgicale est programmée.

    Q5. Quelle précaution péri-opératoire est essentielle si le patient a reçu de la bléomycine ?

  6. Étape 6 · Surveillance particulière

    À 18 mois : le patient est en rémission, mais présente une asthénie avec pancytopénie et une blastose sanguine.

    Q6. Quel diagnostic devez-vous évoquer ?

Synthèse du cas 4

Masse médiastinale antérieure chez un homme jeune : doser AFP et hCG systématiquement. Toute tumeur germinale non séminomateuse médiastinale = mauvais pronostic d'emblée. Le syndrome cave se traite par la chimiothérapie, pas par l'irradiation. Discuter le VIP plutôt que le BEP si chirurgie thoracique prévue. Bléomycine : limiter la FiO₂ à vie — information à consigner au dossier. Surveiller le risque d'hémopathie associée (i(12p)) et de leucémie secondaire à l'étoposide.

Cas 5

Antécédent de cryptorchidie et tumeur controlatérale

Homme de 35 ans, opéré d'une orchidopexie pour cryptorchidie droite à l'âge de 6 ans. Il a été traité 4 ans plus tôt par orchidectomie droite et 3 cycles de BEP pour une tumeur non séminomateuse de stade II, avec rémission complète. Il consulte pour une gêne du testicule gauche.

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  1. Étape 1 · Facteur de risque

    Q1. Quel est le principal facteur de risque de tumeur germinale du testicule ?

  2. Étape 2 · Exploration

    Échographie : lésion intra-testiculaire gauche hypoéchogène de 12 mm. AFP et hCG normales. Le scanner est normal.

    Q2. Quelle attitude chirurgicale envisagez-vous chez ce patient monorchide ?

  3. Étape 3 · Anatomopathologie

    Résultat : séminome de 13 mm réséqué en marges saines, avec néoplasie germinale intratubulaire étendue sur les biopsies du parenchyme adjacent.

    Q3. Quelle conduite proposez-vous ?

  4. Étape 4 · Fertilité

    Question : le patient n'a pas d'enfant et souhaite en avoir. Du sperme avait été cryoconservé 4 ans plus tôt avant le BEP.

    Q4. Quelle conduite ?

  5. Étape 5 · Fonction endocrine

    À 1 an de l'irradiation : le patient décrit une asthénie, une baisse de la libido et des troubles de l'érection. La testostérone totale est à 2,1 ng/mL (basse), la LH élevée.

    Q5. Quel diagnostic et quelle prise en charge ?

  6. Étape 6 · Conseil familial

    Consultation : le patient s'interroge sur le risque pour ses futurs enfants et pour son frère de 30 ans.

    Q6. Que lui répondez-vous ?

Synthèse du cas 5

Cryptorchidie : principal facteur de risque, bilatéral, non annulé par l'orchidopexie. Sur testicule unique et petite lésion : chirurgie conservatrice possible en centre expert. Néoplasie germinale intratubulaire : évolue vers l'invasion dans la moitié des cas, traitée par 18-20 Gy — stérilité définitive, d'où la cryoconservation préalable. Hypogonadisme après traitement : fréquent, sous-diagnostiqué, à substituer. Agrégation familiale sans test génétique validé : information et autopalpation.

🃏 Flashcards — répétition espacée

Cliquez pour retourner la carte, puis auto-évaluez-vous (« À revoir » remet en boîte 1, « Acquis » avance d'une boîte).

Que signifie une AFP élevée dans une tumeur d'allure séminomateuse ?cliquer
L'AFP n'est jamais élevée dans un séminome pur : sa hausse impose de traiter comme une TGNS.

Voie d'abord de l'orchidectomie et geste à proscrire ?cliquer
Orchidectomie inguinale avec ligature première du cordon. À proscrire : abord ou biopsie trans-scrotale (risque de dissémination).

Que classe l'IGCCCG et le séminome peut-il être de mauvais pronostic ?cliquer
L'IGCCCG classe les tumeurs germinales métastatiques en bon/intermédiaire/mauvais pronostic. Le séminome pur n'a que des catégories bon ou intermédiaire (jamais mauvais).

Composition et durée du protocole BEP ?cliquer
Bléomycine – Étoposide – cisPlatine ; 3 cycles (bon pronostic IGCCCG) ou 4 cycles (intermédiaire/mauvais). Surveiller la toxicité pulmonaire de la bléomycine.

📚 Références & essais fondateurs

  1. IGCCCG — International Germ Cell Cancer Collaborative Group. International germ cell consensus classification. J Clin Oncol 1997. PMID 9053482
  2. IGCCCG Update — Beyer J, Gillessen S, et al. Réévaluation de la classification pronostique. Séminome métastatique : Beyer J, et al. J Clin Oncol 2021. PMID 33729863 · Non-séminome : Gillessen S, et al. J Clin Oncol 2021. PMID 33822655
  3. BEP / régime d'Einhorn — Williams SD, et al. Étoposide-cisplatine (vs vinblastine) dans les tumeurs germinales disséminées. N Engl J Med 1987. PMID 2437455
  4. MRC TE19 / EORTC 30982 — Oliver RTD, et al. Carboplatine mono-injection vs radiothérapie dans le séminome stade I. Lancet 2005. PMID 16039331
  5. EORTC / cycles de BEP — de Wit R, et al. 3 vs 4 cycles de BEP (et schéma 3 vs 5 jours) dans le bon pronostic. J Clin Oncol 2001. PMID 11250991
  6. Référentiel EAU Testicular Cancer (version à jour 2025) — recommandations de pratique clinique.
  7. Référentiel ESMO Testicular Germ Cell Cancer (Clinical Practice Guidelines, version à jour) — recommandations de pratique clinique.