Cancer du col utérin

Cancer d'origine virale (HPV oncogènes 16/18) largement évitable par la vaccination et le dépistage. Prise en charge dictée par le stade FIGO : chirurgie conservatrice ou élargie aux stades précoces, radiochimiothérapie concomitante + curiethérapie aux stades localement avancés, immunothérapie et anticorps conjugués en situation métastatique.

Gynécologique HPV 16/18 Épidermoïde Radiochimiothérapie PD-L1

📊 Épidémiologie & prévention

Le cancer du col utérin est le 4e cancer de la femme dans le monde et reste une cause majeure de mortalité dans les pays à faibles ressources (accès limité au dépistage et à la vaccination). L'âge médian au diagnostic se situe autour de 50 ans. Sa cause quasi nécessaire est une infection persistante par un papillomavirus humain (HPV) oncogène ; les génotypes HPV 16 et HPV 18 sont responsables d'environ 70 % des cas.

Facteurs de risque

  • Infection HPV persistante à haut risque (16, 18, 31, 33, 45…) — facteur déterminant.
  • Précocité et multiplicité des partenaires, autres IST, multiparité.
  • Tabagisme (cofacteur des carcinomes épidermoïdes), immunodépression (VIH, transplantation), déficit du dépistage.

Prévention primaire et secondaire

  • Vaccination HPV (vaccin nonavalent) des adolescent(e)s avant l'exposition ; efficacité populationnelle démontrée sur la réduction des lésions précancéreuses et des cancers invasifs.
  • Dépistage : test HPV-HR de première intention à partir de 30 ans (supérieur à la cytologie seule), cytologie (frottis) entre 25 et 29 ans ; triage cytologique des tests HPV positifs, colposcopie et traitement des lésions de haut grade (CIN2-3) par conisation.
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L'OMS vise l'élimination du cancer du col comme problème de santé publique via la stratégie « 90-70-90 » : 90 % de filles vaccinées, 70 % de femmes dépistées par test de haute performance, 90 % des femmes atteintes prises en charge.

🧬 Anatomopathologie & biologie

Deux grands types histologiques dominent, tous deux principalement liés à l'HPV :

TypeFréquenceOrigineParticularités
Carcinome épidermoïde~70–75 %Jonction pavimento-cylindrique (zone de transformation)Précédé de CIN ; bien détecté par la cytologie
Adénocarcinome~20–25 %Épithélium glandulaire endocervicalSouvent plus haut situé, moins bien dépisté ; incidence en hausse
Formes rares< 5 %Adénosquameux, neuroendocrine à petites cellules (agressif), adénocarcinome gastrique HPV-indépendant

La carcinogenèse repose sur l'intégration de l'ADN viral et l'expression des oncoprotéines E6 (dégradation de p53) et E7 (inactivation de RB), aboutissant à une prolifération incontrôlée. La surexpression de p16 (IHC) est un marqueur de transformation HPV-induite, utile au diagnostic.

En situation avancée, la détermination du statut PD-L1 (score combiné positif, CPS) conditionne l'accès à l'immunothérapie, et l'expression du facteur tissulaire sous-tend l'activité du tisotumab védotine.

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Les carcinomes neuroendocrines à petites cellules du col sont rares mais très agressifs : ils justifient une chimiothérapie de type « petites cellules » (platine-étoposide) et une prise en charge distincte des carcinomes épidermoïdes/adénocarcinomes.

🩺 Présentation clinique & diagnostic

Les lésions précancéreuses et les cancers débutants sont asymptomatiques (dépistage). Les formes symptomatiques se manifestent par des métrorragies, notamment post-coïtales, des leucorrhées, des douleurs pelviennes. Les stades avancés donnent douleurs lombaires (envahissement urétéral/hydronéphrose), œdèmes des membres inférieurs, symptômes urinaires ou rectaux, fistules.

Démarche diagnostique

  • Examen au spéculum et toucher pelvien (col, vagin, paramètres) ; colposcopie.
  • Biopsie cervicale dirigée (confirmation histologique) ± conisation diagnostique pour les lésions microinvasives.
  • Bilan d'imagerie : IRM pelvienne (taille tumorale, extension paramétriale et vaginale), TEP-TDM au 18F-FDG (ganglions pelviens/lombo-aortiques et métastases). Ces examens sont désormais intégrés à la stadification.

📐 Stadification FIGO 2018 & TNM

La classification de référence est la FIGO 2018, qui — nouveauté majeure — intègre l'imagerie et le statut ganglionnaire (stade IIIC lorsqu'un ganglion est atteint, quelle que soit la taille tumorale). Elle est utilisée en parallèle du TNM (AJCC).

FIGO 2018Définition (synthèse)TNM
ITumeur limitée au colT1
IA1 / IA2Invasion ≤ 3 mm / > 3–5 mm (microinvasif, diagnostic histologique)T1a
IB1 / IB2 / IB3> 5 mm profondeur ; ≤ 2 cm / 2–4 cm / > 4 cmT1b
IIExtension au-delà de l'utérus, sans paroi pelvienne ni tiers inférieur du vaginT2
IIA / IIBVagin (2/3 sup.) sans paramètre / avec paramètreT2a / T2b
IIITiers inférieur du vagin, paroi pelvienne, hydronéphrose et/ou ganglionsT3 / N1
IIIC1 / IIIC2Ganglions pelviens / lombo-aortiques (r = imagerie, p = histologie)N1
IVA / IVBVessie/rectum / métastases à distanceT4 / M1
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Depuis 2018, l'atteinte ganglionnaire fait basculer en stade IIIC indépendamment de la taille tumorale, et le suffixe (r radiologique ou p histologique) précise la méthode d'évaluation. Cela souligne le rôle central de l'IRM et de la TEP-TDM.

💊 Prise en charge par stade

Stades précoces (IA–IB2, IIA1)

  • IA1 sans emboles : conisation (marges saines) suffisante ; hystérectomie simple sinon.
  • Désir de préservation de la fertilité (tumeur limitée) : trachélectomie élargie ou conisation + évaluation ganglionnaire ; la tendance récente est à une désescalade chirurgicale (chirurgie moins radicale) pour les petites tumeurs à bas risque.
  • IB1–IB2, IIA1 : hystérectomie élargie de type Wertheim (colpectomie et paramétrectomie) + lymphadénectomie pelvienne ou ganglion sentinelle. La voie ouverte est privilégiée (supériorité sur la cœlioscopie mini-invasive démontrée). Radiochimiothérapie adjuvante si facteurs de risque (marges, paramètres, ganglions).

Localement avancé (IB3, II–IVA)

  • Radiochimiothérapie concomitante : radiothérapie externe pelvienne (45 à 50,4 Gy en 25 à 28 fractions de 1,8 Gy, en RCMI, étendue aux aires lombo-aortiques — 45 Gy — si atteinte ganglionnaire haute) + cisplatine 40 mg/m² IV hebdomadaire (maximum 70 mg), 5 à 6 administrations (radiosensibilisant), suivie d'une curiethérapie utéro-vaginale guidée par l'image délivrant 28 Gy en 4 fractions de 7 Gy (haut débit), pour une dose totale équivalente D90 du CTV à haut risque ≥ 85–90 Gy EQD2 — composante indispensable au contrôle local. La durée totale du traitement ne doit pas dépasser 7 à 8 semaines.
  • Pembrolizumab 200 mg IV toutes les 3 semaines (5 cycles concomitants) puis 400 mg toutes les 6 semaines en entretien (15 cycles) ajouté à la radiochimiothérapie pour les stades à haut risque : amélioration de la survie sans progression et de la survie globale (essai KEYNOTE-A18).

Métastatique / récidive

  • 1re ligne : chimiothérapie à base de platine (cisplatine 50 mg/m² ou carboplatine AUC 5 + paclitaxel 175 mg/m² IV toutes les 3 semaines) + bévacizumab 15 mg/kg IV toutes les 3 semaines (bénéfice de survie, essai GOG-240), auquel s'ajoute le pembrolizumab 200 mg toutes les 3 semaines (ou 400 mg toutes les 6 semaines), jusqu'à 2 ans si PD-L1 CPS ≥ 1 (essai KEYNOTE-826).
  • Après progression : tisotumab védotine 2 mg/kg IV toutes les 3 semaines (anticorps conjugué anti-facteur tissulaire, essai innovaTV 301) en situation récidivante/métastatique prétraitée ; cemiplimab 350 mg IV toutes les 3 semaines après échec du platine (essai EMPOWER-Cervical 1).

💉 Doses & protocoles

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Support pédagogique. Posologies issues des essais pivots et des référentiels ESMO/ESGO/NCCN. Vérifier systématiquement la prescription, les adaptations (fonction rénale et hépatique, âge, surface corporelle, toxicités) et les interactions dans le référentiel institutionnel avant toute application.

Chimiothérapie & thérapies systémiques

SituationMoléculeDoseVoie / rythmeDurée · essai
Radiochimiothérapie concomitante (localement avancé)
RadiosensibilisationCisplatine40 mg/m² (max 70 mg)IV, hebdomadaire pendant l'irradiation5 à 6 administrations
Alternative si cisplatine contre-indiquéCarboplatineAUC 2IV, hebdomadaire5 à 6 administrations
KEYNOTE-A18Pembrolizumab200 mg puis 400 mgIV, toutes les 3 sem (× 5) puis toutes les 6 sem15 cycles d'entretien
1re ligne métastatique — GOG-240 / KEYNOTE-826
DoubletPaclitaxel175 mg/m²IV, J1 toutes les 3 sem6 cycles puis entretien
DoubletCisplatine ou carboplatine50 mg/m² ou AUC 5IV, J1 toutes les 3 sem6 cycles
AntiangiogéniqueBévacizumab15 mg/kgIV, J1 toutes les 3 semjusqu'à progression
Immunothérapie (CPS ≥ 1)Pembrolizumab200 mg ou 400 mgIV, toutes les 3 ou 6 semjusqu'à 2 ans
Lignes ultérieures
innovaTV 301Tisotumab védotine2 mg/kgIV, toutes les 3 semjusqu'à progression
EMPOWER-Cervical 1Cemiplimab350 mgIV, toutes les 3 semjusqu'à progression
MonothérapieTopotécan0,75 mg/m²/jIV, J1 à J3 toutes les 3 semoption historique

Adaptations et toxicités : le cisplatine hebdomadaire exige une clairance > 60 mL/min, une hyperhydratation et une supplémentation magnésienne — une hydronéphrose sur compression urétérale doit être drainée (sonde JJ ou néphrostomie) avant de l'administrer, situation fréquente dans les stades avancés. Bévacizumab : hypertension, protéinurie, et surtout risque de fistule vésico-vaginale ou recto-vaginale chez les patientes préalablement irradiées — à évaluer soigneusement. Tisotumab védotine : toxicité oculaire (conjonctivite, kératite) imposant collyres corticoïdes et vasoconstricteurs, poches de froid pendant la perfusion et examen ophtalmologique avant chaque cure ; neuropathie et hémorragies.

Radiothérapie externe & curiethérapie

IndicationDose totaleFractionnementVolume cible / précisions
Radiothérapie externe pelvienne45–50,4 Gy25 à 28 fractions de 1,8 GyCol, utérus, paramètres, vagin, aires iliaques et présacrées — RCMI recommandée
Extension lombo-aortique45 Gy25 fractions de 1,8 GySi atteinte iliaque commune ou lombo-aortique (TEP-TDM)
Surimpression ganglionnaire55–60 GySurimpression intégrée simultanéeGanglions macroscopiquement envahis
Curiethérapie utéro-vaginale haut débit28 Gy4 fractions de 7 GyGuidée par l'IRM ; applicateur intracavitaire ± aiguilles interstitielles
Objectif dosimétrique globalD90 CTV-HR ≥ 85–90 Gy EQD2Externe + curiethérapie cumuléesLe contrôle local dépend directement de cette dose (EMBRACE)
Radiothérapie adjuvante après chirurgie (facteurs de risque)45–50,4 Gy25 à 28 fractions± curiethérapie du fond vaginal (2 × 5 Gy) ; radiochimiothérapie si marges, paramètres ou ganglions atteints
Palliative (saignement)20–30 Gy5 à 10 fractionsHémostatique

Contraintes principales aux organes à risque (dose cumulée externe + curiethérapie, en EQD2) : rectum D2cm³ < 65–75 Gy, vessie D2cm³ < 80–90 Gy, sigmoïde et intestin grêle D2cm³ < 70–75 Gy, têtes fémorales Dmax < 50 Gy, moelle osseuse pelvienne V10 < 90 % et V20 < 75 % (préservation utile sous cisplatine concomitant), et — chez la femme jeune — dose ovarienne à minimiser avec discussion d'une transposition ovarienne avant l'irradiation. Deux principes gouvernent le résultat : la curiethérapie est irremplaçable (sa substitution par une surimpression externe dégrade nettement le contrôle local), et la durée totale du traitement ne doit pas dépasser 7 à 8 semaines, chaque semaine supplémentaire faisant perdre du contrôle local.

Points clés à retenir

  • Cancer d'origine virale (HPV 16/18) largement évitable : vaccination + dépistage par test HPV.
  • FIGO 2018 intègre l'imagerie et le statut ganglionnaire (stade IIIC dès qu'un ganglion est atteint).
  • Stades précoces : chirurgie (conisation/trachélectomie si désir de grossesse, Wertheim + ganglion sentinelle) ; voie ouverte privilégiée.
  • Localement avancé : radiochimiothérapie concomitante (cisplatine) + curiethérapie ; pembrolizumab en plus si haut risque (KEYNOTE-A18).
  • Métastatique : chimio + bévacizumab (GOG-240) + pembrolizumab si PD-L1 CPS ≥ 1 (KEYNOTE-826) ; tisotumab védotine en rechute.

QCM — 10 questions

Q1. Une patiente présente un cancer du col FIGO IIIC1 (ganglions pelviens) localement avancé. Quel est le traitement de référence ?

Q2. En première ligne métastatique, quel biomarqueur conditionne l'ajout du pembrolizumab à la chimiothérapie + bévacizumab (KEYNOTE-826) ?

Q3. Une femme de 32 ans a un carcinome épidermoïde FIGO IB1 de 1,5 cm et souhaite préserver sa fertilité. Quelle option est la plus adaptée ?

Q4. Quel mécanisme moléculaire explique la transformation cellulaire induite par les HPV à haut risque ?

Q5. Quelle nouveauté majeure la classification FIGO 2018 a-t-elle introduite ?

Q6. Qu'a montré l'essai LACC concernant la voie d'abord de l'hystérectomie élargie dans les stades précoces ?

Q7. Quelle posologie de cisplatine est utilisée en radiosensibilisation dans le cancer du col localement avancé ?

Q8. Pourquoi la curiethérapie est-elle indispensable dans le traitement du cancer du col localement avancé ?

Q9. Une patiente de 34 ans doit recevoir une radiochimiothérapie pelvienne. Quelle mesure permet de préserver au mieux la fonction hormonale ?

Q10. Quelle toxicité spécifique impose une surveillance ophtalmologique et une prophylaxie sous tisotumab védotine ?

🩺 Cas cliniques progressifs

Cinq situations cliniques déroulées étape par étape. Chaque réponse débloque l'étape suivante, qui apporte de nouvelles données (bilan, anatomopathologie, évolution). Répondez avant de poursuivre.

Cas 1

Lésion précancéreuse dépistée

Femme de 33 ans, deux enfants, non fumeuse, non vaccinée contre les HPV. Le dépistage par test HPV réalisé dans le cadre du programme organisé revient positif pour un HPV à haut risque, avec une cytologie réflexe montrant des lésions malpighiennes intra-épithéliales de haut grade.

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  1. Étape 1 · Exploration

    Q1. Quelle est la conduite à tenir ?

  2. Étape 2 · Traitement

    Colposcopie : lésion de haut grade (CIN 3) occupant deux quadrants, zone de jonction entièrement visible.

    Q2. Quel traitement proposez-vous ?

  3. Étape 3 · Résultat

    Pièce de conisation : CIN 3 avec un foyer de carcinome épidermoïde micro-invasif de 2 mm de profondeur et 4 mm d'extension horizontale, sans embole lymphovasculaire, marges saines.

    Q3. Comment classez-vous cette lésion et que proposez-vous ?

  4. Étape 4 · Surveillance

    Suivi : la patiente demande comment elle sera surveillée et si elle peut envisager une grossesse.

    Q4. Que lui répondez-vous ?

  5. Étape 5 · Prévention

    Question : la patiente interroge sur la vaccination anti-HPV, pour elle et pour ses enfants (une fille de 11 ans et un garçon de 13 ans).

    Q5. Que lui conseillez-vous ?

  6. Étape 6 · Suivi à distance

    À 18 mois : le test HPV de contrôle reste positif pour le même génotype, la cytologie est normale et la colposcopie ne montre pas de lésion.

    Q6. Quelle conduite ?

Synthèse du cas 1

Dépistage HPV positif : colposcopie avec biopsies dirigées, jamais de traitement à l'aveugle. CIN 3 : conisation la plus économe possible (la hauteur du cône conditionne le risque obstétrical). Stade IA1 sans embole avec marges saines : conisation curative, fertilité préservée. Suivi par test HPV — sa persistance est le meilleur marqueur de risque de récidive. Vaccination des filles et des garçons dès 11 ans, qui ne dispense pas du dépistage.

Cas 2

Stade précoce et désir de grossesse

Femme de 30 ans, nullipare, en couple avec projet de grossesse. Métrorragies post-coïtales depuis 3 mois. L'examen au spéculum montre une lésion bourgeonnante du col de 18 mm ; les biopsies concluent à un carcinome épidermoïde. L'IRM confirme une tumeur de 19 mm limitée au col, sans atteinte paramétriale ni ganglionnaire.

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  1. Étape 1 · Stadification

    Q1. Quel stade FIGO et quel bilan complémentaire ?

  2. Étape 2 · Préservation de la fertilité

    TEP-TDM : pas de fixation ganglionnaire ni métastatique. La patiente souhaite absolument préserver sa fertilité.

    Q2. Quelle stratégie proposez-vous ?

  3. Étape 3 · Ganglion sentinelle

    Technique : l'équipe réalise une détection du ganglion sentinelle par injection cervicale de traceur.

    Q3. Quel est l'intérêt principal de cette technique dans cette indication ?

  4. Étape 4 · Anatomopathologie

    Résultats : ganglions sentinelles indemnes après ultrastadification. La trachélectomie élargie est réalisée : carcinome épidermoïde de 19 mm, marges saines, sans embole lymphovasculaire, paramètres indemnes.

    Q4. Quel traitement complémentaire ?

  5. Étape 5 · Grossesse

    À 2 ans : la patiente est enceinte après assistance médicale à la procréation.

    Q5. Quelle surveillance obstétricale particulière ?

  6. Étape 6 · Suivi carcinologique

    À 4 ans : la patiente a accouché d'un enfant en bonne santé. Elle interroge sur la poursuite du suivi et sur l'éventualité d'une hystérectomie de « sécurité ».

    Q6. Que lui répondez-vous ?

Synthèse du cas 2

Stade IB1 chez une femme jeune : le statut ganglionnaire commande tout (FIGO 2018). Évaluation ganglionnaire avant le geste conservateur — une atteinte imposerait une radiochimiothérapie. Ganglion sentinelle : moins de morbidité, meilleure détection par ultrastadification. Trachélectomie élargie si aucun facteur de risque, un traitement adjuvant annulant le bénéfice de la conservation. Grossesse à haut risque après trachélectomie : cerclage, surveillance, césarienne.

Cas 3

Cancer localement avancé avec hydronéphrose

Femme de 47 ans, jamais dépistée, consultant pour des métrorragies abondantes, des douleurs pelviennes et une altération de l'état général. L'examen retrouve une volumineuse tumeur cervicale envahissant les paramètres jusqu'à la paroi pelvienne droite. Créatinine à 168 µmol/L, avec une urétérohydronéphrose droite au scanner.

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  1. Étape 1 · Stadification

    Q1. Quel stade FIGO retenez-vous ?

  2. Étape 2 · Urgence

    Priorité : la patiente doit recevoir une radiochimiothérapie avec cisplatine hebdomadaire.

    Q2. Quelle mesure préalable s'impose ?

  3. Étape 3 · Traitement

    Après dérivation : la créatinine revient à 82 µmol/L, la clairance à 74 mL/min. La TEP-TDM montre une fixation ganglionnaire iliaque commune droite, sans atteinte lombo-aortique ni métastase.

    Q3. Quel traitement proposez-vous ?

  4. Étape 4 · Curiethérapie

    Après 45 Gy d'irradiation externe : bonne réponse tumorale. Le service propose de remplacer la curiethérapie par une surimpression externe, l'accès à la curiethérapie étant limité.

    Q4. Que répondez-vous ?

  5. Étape 5 · Toxicité aiguë

    Semaine 5 : diarrhée à 6 selles par jour, cystite radique, et neutrophiles à 0,9 G/L retardant l'administration du cisplatine.

    Q5. Quelle priorité retenez-vous ?

  6. Étape 6 · Séquelles

    À 18 mois : réponse complète maintenue. La patiente décrit une sécheresse vaginale majeure avec dyspareunie, des impériosités mictionnelles et des bouffées de chaleur invalidantes.

    Q6. Quelle prise en charge ?

Synthèse du cas 3

Hydronéphrose ou atteinte de la paroi pelvienne = stade IIIB. Dériver les urines avant tout, condition de la fonction rénale et du cisplatine. Standard : radiochimiothérapie (cisplatine 40 mg/m² hebdomadaire) + curiethérapie, avec pembrolizumab si haut risque (KEYNOTE-A18). La curiethérapie est irremplaçable. La durée totale ≤ 7-8 semaines prime sur le nombre d'administrations de cisplatine. Dépister et traiter les séquelles vaginales, urinaires et hormonales.

Cas 4

Récidive pelvienne centrale après radiochimiothérapie

Femme de 52 ans traitée 2 ans plus tôt par radiochimiothérapie et curiethérapie pour un stade IIB, en réponse complète. Elle consulte pour des métrorragies et des douleurs pelviennes. L'examen retrouve une masse cervicale ; les biopsies confirment une récidive de carcinome épidermoïde.

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  1. Étape 1 · Bilan

    Q1. Quel bilan est indispensable avant toute décision ?

  2. Étape 2 · Options

    Bilan : récidive centrale de 35 mm envahissant la face postérieure de la vessie, sans atteinte de la paroi pelvienne, sans adénopathie ni métastase.

    Q2. Quelle option curative envisagez-vous ?

  3. Étape 3 · Information

    Consultation : la patiente demande ce que cette intervention implique concrètement.

    Q3. Quels éléments devez-vous impérativement aborder ?

  4. Étape 4 · Suites

    Après exentération antérieure avec dérivation urinaire type Bricker : à J12, apparition d'une fièvre, d'un iléus et d'un écoulement purulent par la cicatrice. Le scanner montre une collection pelvienne.

    Q4. Quelle prise en charge ?

  5. Étape 5 · Évolution

    À 14 mois : apparition de métastases pulmonaires bilatérales et d'adénopathies médiastinales. La patiente est OMS 1. Le statut PD-L1 montre un CPS à 12.

    Q5. Quel traitement de 1re ligne métastatique ?

  6. Étape 6 · Progression

    À 10 mois de traitement : progression pulmonaire. La patiente reste OMS 1 et souhaite poursuivre.

    Q6. Quelle option de ligne ultérieure ?

Synthèse du cas 4

Récidive pelvienne centrale après irradiation : IRM et TEP-TDM pour sélectionner les candidates à l'exentération pelvienne, seule option curative — chirurgie mutilante exigeant information complète et accompagnement. Morbidité élevée en terrain irradié. En métastatique : doublet platine + bévacizumab (GOG-240) + pembrolizumab si CPS ≥ 1 (KEYNOTE-826), avec vigilance sur le risque de fistule. Ligne ultérieure : tisotumab védotine et sa prophylaxie oculaire.

Cas 5

Cancer du col découvert pendant la grossesse

Femme de 29 ans, enceinte de 18 semaines d'aménorrhée, consultant pour des métrorragies attribuées initialement à la grossesse. L'examen au spéculum retrouve une lésion bourgeonnante du col de 30 mm ; les biopsies concluent à un carcinome épidermoïde. Il s'agit d'une première grossesse très désirée après plusieurs années d'infertilité.

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  1. Étape 1 · Bilan

    Q1. Quel bilan d'extension réalisez-vous chez cette femme enceinte ?

  2. Étape 2 · Décision

    IRM : tumeur de 32 mm limitée au col, sans atteinte paramétriale ni ganglionnaire évidente. La patiente exprime son souhait absolu de poursuivre la grossesse.

    Q2. Quelle démarche adoptez-vous ?

  3. Étape 3 · Chimiothérapie pendant la grossesse

    Décision : chimiothérapie néo-adjuvante par carboplatine-paclitaxel.

    Q3. Quelles précautions particulières prenez-vous ?

  4. Étape 4 · Accouchement

    À 34 semaines : bonne réponse tumorale sous chimiothérapie, maturation pulmonaire fœtale réalisée. Se pose la question des modalités d'accouchement.

    Q4. Quelle voie d'accouchement retenez-vous ?

  5. Étape 5 · Traitement définitif

    Après une césarienne à 34 semaines : nouveau-né en bonne santé. Le bilan post-partum retrouve une tumeur résiduelle de 18 mm sans atteinte paramétriale, mais l'analyse des ganglions prélevés lors de la césarienne montre un ganglion pelvien envahi.

    Q5. Quel traitement définitif proposez-vous ?

  6. Étape 6 · Accompagnement

    Avant le traitement : la patiente de 29 ans, jeune mère, va recevoir une irradiation pelvienne.

    Q6. Quelles mesures d'accompagnement organisez-vous ?

Synthèse du cas 5

Cancer du col et grossesse : IRM sans gadolinium, décision multidisciplinaire et partagée. Chimiothérapie au platine possible aux 2e et 3e trimestres, jamais au 1er, avec arrêt 3 semaines avant l'accouchement. Césarienne obligatoire (risque hémorragique et de dissémination sur épisiotomie). L'atteinte ganglionnaire (stade IIIC) impose la radiochimiothérapie et exclut la conservation. Anticiper la ménopause radio-induite, la sténose vaginale et l'accompagnement social.

🃏 Flashcards — répétition espacée

Cliquez pour retourner la carte, puis auto-évaluez-vous (« À revoir » remet en boîte 1, « Acquis » avance d'une boîte).

Quels génotypes HPV sont responsables d'environ 70 % des cancers du col ?cliquer
HPV 16 et HPV 18 (oncoprotéines E6 → dégradation de p53, E7 → inactivation de RB).

Quelle nouveauté majeure la FIGO 2018 introduit-elle ?cliquer
L'intégration de l'imagerie et du statut ganglionnaire : stade IIIC dès qu'un ganglion est atteint (IIIC1 pelvien, IIIC2 lombo-aortique).

Traitement de référence du cancer du col localement avancé ?cliquer
Radiochimiothérapie concomitante (cisplatine radiosensibilisant) + curiethérapie ; pembrolizumab en plus si haut risque (KEYNOTE-A18).

Rôle du bévacizumab dans le cancer du col métastatique ?cliquer
GOG-240 : l'ajout du bévacizumab à la chimiothérapie de 1re ligne améliore la survie globale ; on y associe le pembrolizumab si PD-L1 CPS ≥ 1 (KEYNOTE-826).

📚 Références & essais fondateurs

  1. GOG-240 — Tewari KS, et al. Improved survival with bevacizumab in advanced cervical cancer. N Engl J Med 2014. PMID 24552320
  2. KEYNOTE-826 — Colombo N, et al. Pembrolizumab pour le cancer du col persistant, récurrent ou métastatique. N Engl J Med 2021. PMID 34534429
  3. KEYNOTE-A18 — Lorusso D, et al. Pembrolizumab + radiochimiothérapie, col localement avancé à haut risque (survie globale). Lancet 2024. PMID 39288779
  4. innovaTV 204 — Coleman RL, et al. Tisotumab védotine, col récidivant/métastatique prétraité. Lancet Oncol 2021. PMID 33845034
  5. Lei J, et al. Vaccination HPV et risque de cancer invasif du col (cohorte suédoise). N Engl J Med 2020. PMID 32997908
  6. SHAPE / GCIG CX.5 — Plante M, et al. Hystérectomie simple vs radicale dans le cancer du col à bas risque. N Engl J Med 2024. PMID 38416430
  7. Bhatla N, et al. Révision de la stadification FIGO 2018 du cancer du col utérin. Int J Gynaecol Obstet 2019. PMID 30656645
  8. Référentiels ESMO et NCCN Cervical Cancer (versions à jour) — recommandations de pratique clinique.