Cancer de l'endomètre

Cancer gynécologique le plus fréquent dans les pays occidentaux, en augmentation avec l'obésité. La prise en charge est révolutionnée par la classification moléculaire (POLE, MMR-déficient, p53 anormal, NSMP), désormais intégrée à la stadification FIGO 2023 et aux décisions thérapeutiques (immunothérapie).

Gynécologique POLE muté MMR-déficient / MSI p53 anormal Lynch

📊 Épidémiologie & facteurs de risque

Le cancer de l'endomètre est le cancer gynécologique pelvien le plus fréquent dans les pays occidentaux, avec une incidence en hausse liée à l'épidémie d'obésité et au vieillissement. Il touche surtout la femme ménopausée (âge médian ~ 60–65 ans). Son pronostic est globalement favorable car il est souvent diagnostiqué tôt (métrorragies post-ménopausiques).

Facteurs de risque

  • Hyperœstrogénie non compensée : obésité (conversion périphérique des androgènes en œstrogènes), nulliparité, ménopause tardive, syndrome des ovaires polykystiques, tumeurs sécrétant des œstrogènes.
  • Tamoxifène (effet œstrogénique sur l'endomètre), traitement hormonal substitutif œstrogénique seul.
  • Diabète, hypertension (syndrome métabolique associé à l'obésité).
  • Syndrome de Lynch (mutations MMR : MLH1, MSH2, MSH6, PMS2) : risque cumulé élevé, souvent avant 50 ans — justifie une recherche systématique du statut MMR.
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Toute métrorragie post-ménopausique impose l'élimination d'un cancer de l'endomètre (échographie endovaginale, biopsie/hystéroscopie). Le dépistage systématique du statut MMR permet aussi d'identifier un syndrome de Lynch (dépistage familial, prévention).

🧬 Classification moléculaire & histologie

La dichotomie histologique classique type 1 (endométrioïde), hormonodépendant, bon pronostic, versus type 2 (séreux, à cellules claires, carcinosarcome), non hormonodépendant, agressif — reste utile mais a été profondément remaniée par la biologie moléculaire.

Classification moléculaire TCGA / ProMisE

Le TCGA a défini 4 groupes moléculaires, transposés en pratique par l'algorithme ProMisE (séquençage POLE, IHC MMR, IHC p53) :

GroupeMarqueurPronosticImplication
POLE muté (ultramuté)Mutation du domaine exonucléase de POLEExcellentDésescalade possible (omission d'adjuvant)
MMR-déficient (MSI)Perte d'expression MMR / MSI-HIntermédiaireSensibilité à l'immunothérapie ; penser au Lynch
p53 anormal (« abnormal »)TP53 muté (souvent séreux)DéfavorableEscalade (chimiothérapie, HER2 si amplifié)
NSMP« No specific molecular profile »IntermédiaireDécision guidée par les récepteurs hormonaux et le grade
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Un carcinome POLE muté a un pronostic excellent malgré un grade ou un stade parfois inquiétant : la classification moléculaire peut faire désescalader le traitement adjuvant. À l'inverse, le groupe p53 anormal justifie une escalade (chimiothérapie), même pour des tumeurs d'aspect limité.

🩺 Présentation clinique & diagnostic

Le signe cardinal est la métrorragie post-ménopausique (ou saignements anormaux en péri-ménopause), qui conduit au diagnostic précoce dans la majorité des cas. Autres signes : leucorrhées, douleurs pelviennes aux stades avancés.

Démarche diagnostique

  • Échographie endovaginale : mesure de l'épaisseur endométriale (seuil d'alerte en post-ménopause).
  • Prélèvement histologique : biopsie d'endomètre (pipelle) ou hystéroscopie avec biopsie dirigée / curetage.
  • Caractérisation : type histologique, grade, et classification moléculaire (POLE, MMR/MSI, p53) systématique.
  • Bilan d'extension : IRM pelvienne (envahissement myométrial, cervical) ; TDM/TEP-TDM pour les formes de haut grade ou séreuses.

📐 Stadification FIGO 2023 & TNM

La FIGO 2023 est une révision majeure : pour la première fois, elle intègre les données histologiques et moléculaires (agressivité du type, statut POLE et p53) en plus de l'extension anatomique, en complément du TNM (AJCC).

FIGO 2023Définition (synthèse)
ITumeur limitée au corps utérin ± envahissement myométrial ; IA modulé par le type non agressif/POLE muté et l'atteinte lympho-vasculaire
IAmPOLEmutReclassement en stade précoce favorable des tumeurs POLE mutées limitées
IICmp53abnReclassement en stade plus avancé des tumeurs p53 anormales confinées au corps
IIEnvahissement du stroma cervical ou histologie agressive avec atteinte myométriale
IIIExtension locorégionale : séreuse/annexes, vagin/paramètres, ganglions pelviens (IIIC1) ou lombo-aortiques (IIIC2)
IVVessie/rectum (IVA), métastases péritonéales/à distance (IVB/IVC)
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Dans la FIGO 2023, une tumoraison POLE mutée limitée peut être reclassée en stade favorable (IAmPOLEmut) et une tumeur p53 anormale confinée au corps utérin en stade plus avancé (IICmp53abn) : la biologie modifie directement le stade et donc l'attitude adjuvante.

💊 Prise en charge par stade

Chirurgie (pierre angulaire)

Hystérectomie totale + annexectomie bilatérale (± omentectomie et cytologie péritonéale pour les histologies séreuses), avec évaluation ganglionnaire par ganglion sentinelle (technique de référence remplaçant le curage systématique). Voie mini-invasive (cœlioscopie/robot) privilégiée pour les stades précoces.

Traitement adjuvant selon le risque

  • Stratification du risque (grade, envahissement myométrial, atteinte lympho-vasculaire, groupe moléculaire) selon la logique des essais PORTEC.
  • Curiethérapie vaginale (21 Gy en 3 fractions de 7 Gy à 5 mm de la surface de l'applicateur, ou 24 Gy en 4 fractions de 6 Gy prescrits à la surface) pour le risque intermédiaire ; radiothérapie externe pelvienne (45 à 48,6 Gy en 25 à 27 fractions de 1,8 Gy) ± chimiothérapie (carboplatine AUC 5-6 + paclitaxel 175 mg/m² toutes les 3 semaines, 4 à 6 cycles) pour le risque élevé (histologie agressive, stade avancé, p53 anormal) — schéma issu de l'essai PORTEC-3.
  • POLE muté à un stade précoce : désescalade possible (omission de traitement adjuvant dans les essais en cours).

Maladie avancée / récidivante

  • 1re ligne : chimiothérapie carboplatine AUC 5-6 + paclitaxel 175 mg/m² IV toutes les 3 semaines (6 cycles), associée à l'immunothérapie : dostarlimab 500 mg toutes les 3 semaines pendant 6 cycles puis 1 000 mg toutes les 6 semaines jusqu'à 3 ans (essai RUBY) ou pembrolizumab 200 mg toutes les 3 semaines puis 400 mg toutes les 6 semaines (essai NRG-GY018), avec un bénéfice majeur dans les tumeurs MMR-déficientes / MSI-H et un bénéfice également observé dans la population MMR-proficiente.
  • Après platine (MMR-proficient) : association pembrolizumab 200 mg IV toutes les 3 semaines + lenvatinib 20 mg/j PO (essai KEYNOTE-775), supérieure à la chimiothérapie de 2e ligne.
  • Hormonothérapie pour les tumeurs endométrioïdes de bas grade, hormonosensibles, d'évolution indolente : acétate de médroxyprogestérone 200 à 400 mg/j PO ou acétate de mégestrol 160 mg/j, létrozole 2,5 mg/j ou anastrozole 1 mg/j, l'association évérolimus 10 mg/j + létrozole étant une option. Le tamoxifène est à éviter (effet agoniste endométrial).

💉 Doses & protocoles

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Support pédagogique. Posologies issues des essais pivots et des référentiels ESMO/ESGO/NCCN. Vérifier systématiquement la prescription, les adaptations (fonction rénale et hépatique, âge, surface corporelle, toxicités) et les interactions dans le référentiel institutionnel avant toute application.

Chimiothérapie & immunothérapie

SituationMoléculeDoseVoie / rythmeDurée · essai
Doublet de référence (adjuvant et 1re ligne avancée)
Carbo-taxolCarboplatineAUC 5–6IV, J1 toutes les 3 sem4 à 6 cycles
Carbo-taxolPaclitaxel175 mg/m²IV sur 3 h, J14 à 6 cycles
Immunothérapie associée en 1re ligne
RUBYDostarlimab500 mg puis 1 000 mgIV, toutes les 3 sem (× 6) puis toutes les 6 semjusqu'à 3 ans
NRG-GY018Pembrolizumab200 mg puis 400 mgIV, toutes les 3 sem puis toutes les 6 semjusqu'à 2 ans
2e ligne (MMR-proficient)
KEYNOTE-775Pembrolizumab200 mgIV, toutes les 3 semjusqu'à 2 ans
KEYNOTE-775Lenvatinib20 mg/jPO, continujusqu'à progression
Hormonothérapie (endométrioïde de bas grade, RH positifs)
ProgestatifAcétate de médroxyprogestérone200–400 mg/jPO, continujusqu'à progression
ProgestatifAcétate de mégestrol160 mg/jPO, continujusqu'à progression
Anti-aromataseLétrozole / anastrozole2,5 mg/j / 1 mg/jPO, continu± évérolimus 10 mg/j
Préservation utérine (hyperplasie atypique, grade 1)Dispositif intra-utérin au lévonorgestrel52 mgIntra-utérin± progestatif oral, avec contrôles histologiques tous les 3–6 mois

Adaptations et toxicités : carboplatine calculé selon Calvert (AUC × [DFG + 25]) avec risque d'hypersensibilité croissant à partir du 6e cycle ; paclitaxel — neuropathie cumulative, alopécie, prémédication corticoïde et antihistaminique. Lenvatinib : hypertension (à traiter, non à interrompre), protéinurie, hypothyroïdie, diarrhée, syndrome main-pied, avec des réductions de dose nécessaires chez la majorité des patientes. Progestatifs : prise de poids, risque thrombo-embolique — à peser chez des patientes souvent obèses. Le tamoxifène est à éviter, son effet agoniste sur l'endomètre étant contre-productif.

Radiothérapie & curiethérapie

IndicationDose totaleFractionnementVolume cible / précisions
Curiethérapie vaginale (risque intermédiaire)21 Gy ou 24 Gy3 fractions de 7 Gy à 5 mm ou 4 fractions de 6 Gy à la surfaceTiers supérieur du vagin · PORTEC-2 : équivalente à l'irradiation externe avec moins de toxicité
Radiothérapie externe pelvienne (risque élevé)45–48,6 Gy25 à 27 fractions de 1,8 GyVagin, paramètres, aires iliaques et présacrées — RCMI (essai TIME-C : moins de toxicité)
Radiochimiothérapie (PORTEC-3)48,6 Gy27 fractionsAvec cisplatine 50 mg/m² aux semaines 1 et 4, puis 4 cycles de carboplatine-paclitaxel
Extension lombo-aortique45 Gy25 fractionsSi atteinte iliaque commune ou lombo-aortique
Surimpression ganglionnaire55–60 GySurimpression intégréeGanglions macroscopiquement atteints
Récidive vaginale isolée (patiente non irradiée)45 Gy + curiethérapie25 fractions + 2 à 4 fractionsTraitement à visée curative, taux de contrôle élevé
Palliative (saignement)20–30 Gy5 à 10 fractionsHémostatique

Contraintes principales aux organes à risque : rectum V45 < 60 % et D2cm³ < 70 Gy en dose cumulée, vessie V45 < 50 %, intestin grêle V45 < 195 cm³ et Dmax < 50 Gy, têtes fémorales V45 < 25 %, moelle osseuse pelvienne V40 < 30 %. Deux enseignements majeurs : PORTEC-2 a montré que la curiethérapie vaginale seule est équivalente à l'irradiation externe pour le risque intermédiaire, avec une toxicité digestive bien moindre — un exemple réussi de désescalade ; et PORTEC-3 a établi le bénéfice de l'ajout de la chimiothérapie à l'irradiation dans les formes à haut risque, particulièrement marqué dans le groupe p53 anormal et nul dans le groupe POLE muté, illustrant l'apport décisif de la classification moléculaire.

Points clés à retenir

  • Cancer de la femme ménopausée, révélé par des métrorragies post-ménopausiques ; lien fort avec l'obésité et l'hyperœstrogénie ; penser au syndrome de Lynch.
  • Quatre groupes moléculaires (TCGA/ProMisE) : POLE muté (excellent), MMR-déficient/MSI, p53 anormal (mauvais), NSMP — ils guident le pronostic et le traitement.
  • FIGO 2023 intègre pour la première fois l'histologie et la biologie moléculaire dans la stadification.
  • Chirurgie = hystérectomie + annexectomie + ganglion sentinelle ; radiothérapie/curiethérapie selon le risque (logique PORTEC).
  • Avancé/récidive : carboplatine-paclitaxel + dostarlimab (RUBY) ou pembrolizumab (NRG-GY018) ; pembrolizumab-lenvatinib après platine si MMR-proficient (KEYNOTE-775).

QCM — 10 questions

Q1. Quel groupe moléculaire du cancer de l'endomètre porte le meilleur pronostic et peut justifier une désescalade thérapeutique ?

Q2. Chez une patiente MMR-déficiente (dMMR/MSI-H) avec un cancer de l'endomètre avancé, quelle est la 1re ligne validée par les essais RUBY et NRG-GY018 ?

Q3. Quelle est la technique de référence actuelle pour l'évaluation ganglionnaire lors de la chirurgie d'un cancer de l'endomètre à un stade précoce ?

Q4. Quelles sont les trois déterminations de l'algorithme ProMisE, transposition pratique de la classification moléculaire du TCGA ?

Q5. Quelle particularité inédite la classification FIGO 2023 a-t-elle introduite ?

Q6. Qu'a démontré l'essai PORTEC-2 pour les patientes de risque intermédiaire ?

Q7. Quelles posologies composent l'association validée par l'essai KEYNOTE-775 après échec du platine ?

Q8. Une patiente sous lenvatinib présente une hypertension à 172/102 mmHg et une protéinurie à 1,2 g/24 h. Quelle conduite ?

Q9. Chez une femme de 34 ans obèse présentant une hyperplasie atypique ou un carcinome endométrioïde de grade 1 limité à l'endomètre, avec désir de grossesse, quelle option est envisageable ?

Q10. Devant un cancer de l'endomètre MMR-déficient chez une patiente de 46 ans, quelle démarche complémentaire s'impose ?

🩺 Cas cliniques progressifs

Cinq situations cliniques déroulées étape par étape. Chaque réponse débloque l'étape suivante, qui apporte de nouvelles données (bilan, anatomopathologie, évolution). Répondez avant de poursuivre.

Cas 1

Métrorragies post-ménopausiques et stade précoce

Femme de 64 ans, ménopausée depuis 12 ans, IMC à 34, hypertendue et diabétique de type 2, consultant pour des métrorragies survenues à trois reprises en 2 mois.

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  1. Étape 1 · Démarche diagnostique

    Q1. Quelle est la conduite devant des métrorragies post-ménopausiques ?

  2. Étape 2 · Caractérisation

    Résultats : endomètre à 14 mm en échographie ; l'hystéroscopie avec biopsie conclut à un adénocarcinome endométrioïde de grade 1. L'IRM montre un envahissement myométrial inférieur à 50 %, sans atteinte cervicale ni ganglionnaire.

    Q2. Quelle analyse complémentaire demandez-vous systématiquement ?

  3. Étape 3 · Chirurgie

    Décision : une chirurgie est programmée chez cette patiente obèse et diabétique.

    Q3. Quel geste réalisez-vous ?

  4. Étape 4 · Résultats définitifs

    Pièce opératoire : adénocarcinome endométrioïde de grade 1, envahissement myométrial à 40 %, atteinte lympho-vasculaire focale, ganglions sentinelles indemnes après ultrastadification. Profil moléculaire NSMP, récepteurs hormonaux positifs.

    Q4. Quel traitement adjuvant proposez-vous ?

  5. Étape 5 · Prise en charge globale

    Consultation de suivi : la patiente pèse 92 kg pour 1,64 m, son diabète est mal équilibré (HbA1c à 8,4 %) et elle est sédentaire.

    Q5. Quelles mesures proposez-vous en complément du suivi carcinologique ?

  6. Étape 6 · Récidive

    À 3 ans : apparition d'un nodule vaginal de 15 mm au niveau du fond vaginal, dont la biopsie confirme une récidive. Le bilan d'extension est négatif.

    Q6. Quel traitement proposez-vous ?

Synthèse du cas 1

Métrorragie post-ménopausique = cancer de l'endomètre jusqu'à preuve du contraire : échographie puis histologie. Classification moléculaire systématique (POLE, MMR, p53) qui modifie le stade et l'attitude adjuvante. Chirurgie mini-invasive avec ganglion sentinelle. Risque intermédiaire : curiethérapie vaginale seule (PORTEC-2). Traiter l'obésité et le diabète — facteur causal et première cause de mortalité. Récidive vaginale isolée : rattrapage curatif par irradiation.

Cas 2

Carcinome séreux p53 anormal

Femme de 71 ans, mince (IMC 22), nulligeste, consultant pour des métrorragies. L'échographie retrouve un endomètre épaissi et hétérogène ; l'hystéroscopie conclut à un carcinome séreux de haut grade. Le CA 125 est à 180 U/mL.

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  1. Étape 1 · Particularités

    Q1. En quoi le carcinome séreux diffère-t-il du type endométrioïde classique ?

  2. Étape 2 · Bilan et chirurgie

    Bilan : le scanner thoraco-abdomino-pelvien ne montre pas de lésion à distance ; l'IRM retrouve un envahissement myométrial de 30 %.

    Q2. Quel geste chirurgical proposez-vous ?

  3. Étape 3 · Anatomopathologie

    Résultats : carcinome séreux avec envahissement myométrial de 35 %, cytologie péritonéale positive, épiploon indemne, deux ganglions pelviens envahis. p53 anormal en immunohistochimie, MMR conservé, pas de mutation POLE.

    Q3. Quel traitement adjuvant proposez-vous ?

  4. Étape 4 · Recherche de cible

    Complément : l'immunohistochimie retrouve une surexpression de HER2 (3+) sur la tumeur.

    Q4. Quelle en est l'implication ?

  5. Étape 5 · Toxicité

    Après 4 cycles de carboplatine-paclitaxel : paresthésies permanentes des mains et des pieds gênant l'écriture et la marche, sans déficit moteur.

    Q5. Quelle conduite ?

  6. Étape 6 · Rechute

    À 16 mois : apparition d'une carcinose péritonéale avec ascite et d'une élévation du CA 125 à 620 U/mL. La patiente est OMS 1. Le statut est MMR-proficient.

    Q6. Quelle option de traitement retenez-vous ?

Synthèse du cas 2

Carcinome séreux : femme âgée et mince, non hormonodépendant, TP53 muté, tropisme péritonéal — stadification chirurgicale de type ovarien (cytologie, omentectomie). p53 anormal : escalade par chimiothérapie + irradiation (PORTEC-3), groupe qui en tire le plus grand bénéfice. Rechercher HER2 (surexprimé dans ~30 % des séreux). Neuropathie au paclitaxel : cumulative et irréversible, réduire ou arrêter. Rechute MMR-proficiente : pembrolizumab-lenvatinib.

Cas 3

Tumeur POLE mutée et désescalade

Femme de 58 ans, opérée d'un adénocarcinome endométrioïde. Le compte rendu inquiète l'équipe : grade 3, envahissement myométrial à 70 %, atteinte lympho-vasculaire diffuse. Les ganglions sentinelles sont indemnes.

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  1. Étape 1 · Réflexe

    Q1. Avant de conclure à un haut risque justifiant une escalade, quelle analyse est indispensable ?

  2. Étape 2 · Résultat

    Résultat : mutation pathogène du domaine exonucléase de POLE confirmée ; MMR conservé, p53 normal.

    Q2. Comment cela modifie-t-il le stade et la stratégie ?

  3. Étape 3 · Explication

    Consultation : la patiente, informée initialement d'un « cancer agressif », s'étonne qu'on lui propose désormais de ne rien faire.

    Q3. Comment lui expliquez-vous cette situation ?

  4. Étape 4 · Situation contrastée

    Cas comparatif : une autre patiente, opérée d'un carcinome endométrioïde de grade 1 avec envahissement myométrial de 20 %, présente en revanche un profil p53 anormal.

    Q4. Quelle attitude pour cette seconde patiente ?

  5. Étape 5 · Surveillance

    Retour à la première patiente : aucune thérapeutique adjuvante n'a été délivrée. Elle demande comment elle sera suivie.

    Q5. Quelles modalités proposez-vous ?

  6. Étape 6 · Recul

    À 5 ans : la patiente est indemne de toute récidive et interroge sur la fiabilité de la décision de désescalade prise cinq ans plus tôt.

    Q6. Quelle réflexion générale ce cas illustre-t-il ?

Synthèse du cas 3

Devant tout compte rendu inquiétant, rechercher POLE avant d'escalader : une tumeur ultramutée de grade 3 très invasive a un excellent pronostic (IAmPOLEmut) et peut relever d'une désescalade. Inversement, un profil p53 anormal sur une tumeur d'apparence banale impose une escalade (IICmp53abn). La désescalade est un acte thérapeutique qui s'explique. Surveillance clinique, sans imagerie systématique.

Cas 4

Cancer de l'endomètre révélant un syndrome de Lynch

Femme de 44 ans, IMC à 24, consultant pour des ménométrorragies. L'hystéroscopie conclut à un adénocarcinome endométrioïde de grade 2. Sa mère a été opérée d'un cancer du côlon à 52 ans et un oncle maternel d'un cancer des voies urinaires.

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  1. Étape 1 · Suspicion

    Q1. Quel élément doit vous alerter ?

  2. Étape 2 · Démarche

    Immunohistochimie : perte d'expression de MSH2 et MSH6, MLH1 et PMS2 conservées.

    Q2. Quelle est l'interprétation et la suite de la démarche ?

  3. Étape 3 · Traitement

    Bilan : IRM montrant un envahissement myométrial inférieur à 50 %, sans atteinte cervicale ni ganglionnaire. Mutation germinale de MSH2 confirmée. La patiente a deux enfants et ne souhaite pas d'autre grossesse.

    Q3. Quel geste chirurgical proposez-vous ?

  4. Étape 4 · Surveillance personnelle

    Après chirurgie : stade IA, grade 2, dMMR, ganglions indemnes. Aucun traitement adjuvant n'est retenu.

    Q4. Quelle surveillance spécifique organisez-vous au titre du syndrome de Lynch ?

  5. Étape 5 · Famille

    Consultation familiale : la patiente a une fille de 21 ans, un fils de 18 ans et une sœur de 41 ans.

    Q5. Que proposez-vous ?

  6. Étape 6 · Évolution

    À 4 ans : la patiente présente une récidive ganglionnaire lombo-aortique et deux localisations pulmonaires. Elle est OMS 0.

    Q6. Quel traitement privilégiez-vous compte tenu du statut dMMR ?

Synthèse du cas 4

Cancer de l'endomètre avant 50 ans chez une femme non obèse avec histoire familiale : penser au Lynch, dont il est souvent le cancer sentinelle. Perte de MSH2/MSH6 : orientation directe vers l'oncogénétique (pas d'équivalent épigénétique comme pour MLH1). Annexectomie à valeur prophylactique. Surveillance à vie du spectre Lynch et enquête familiale, avec chirurgie prophylactique après le projet parental. dMMR : sensibilité majeure à l'immunothérapie.

Cas 5

Patiente jeune, obèse, avec désir de grossesse

Femme de 32 ans, IMC à 39, syndrome des ovaires polykystiques avec spanioménorrhée, infertilité primaire depuis 4 ans. La biopsie d'endomètre réalisée dans le cadre du bilan d'infertilité retrouve une hyperplasie atypique avec un foyer d'adénocarcinome endométrioïde de grade 1.

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  1. Étape 1 · Physiopathologie

    Q1. Quel mécanisme explique la survenue de ce cancer chez une femme de 32 ans ?

  2. Étape 2 · Sélection

    Souhait : la patiente demande s'il est possible de conserver son utérus pour tenter une grossesse.

    Q2. Quels critères conditionnent la faisabilité d'un traitement conservateur ?

  3. Étape 3 · Traitement

    Bilan : IRM montrant une lésion strictement limitée à l'endomètre, récepteurs à la progestérone fortement positifs, MMR conservé.

    Q3. Quel traitement conservateur proposez-vous ?

  4. Étape 4 · Mesures associées

    Prise en charge globale : la patiente pèse 106 kg pour 1,65 m et présente une insulinorésistance.

    Q4. Quelles mesures complémentaires sont essentielles ?

  5. Étape 5 · Réponse

    À 6 mois : les biopsies de contrôle montrent une régression complète, sans hyperplasie atypique ni carcinome résiduel.

    Q5. Quelle est la suite de la prise en charge ?

  6. Étape 6 · Après la grossesse

    Deux ans plus tard : la patiente a accouché d'un enfant en bonne santé. Une nouvelle biopsie retrouve une hyperplasie atypique récidivante.

    Q6. Quelle conduite proposez-vous ?

Synthèse du cas 5

Type 1 : hyperœstrogénie chronique non compensée (obésité, syndrome des ovaires polykystiques, nulliparité, tamoxifène). Traitement conservateur possible chez une patiente jeune sélectionnée : grade 1 strictement intra-endométrial, récepteurs positifs, contrôles histologiques trimestriels — dispositif au lévonorgestrel ± progestatif oral. Traiter l'obésité, qui améliore réponse et fertilité. Saisir la fenêtre de rémission pour la grossesse, puis hystérectomie une fois le projet accompli.

🃏 Flashcards — répétition espacée

Cliquez pour retourner la carte, puis auto-évaluez-vous (« À revoir » remet en boîte 1, « Acquis » avance d'une boîte).

Quels sont les 4 groupes moléculaires TCGA du cancer de l'endomètre ?cliquer
POLE muté (excellent pronostic), MMR-déficient/MSI, p53 anormal (mauvais pronostic, séreux), NSMP (« no specific molecular profile »).

Quel algorithme rend la classification moléculaire applicable en routine ?cliquer
ProMisE : séquençage POLE + IHC des protéines MMR + IHC p53 — reproduit les 4 groupes TCGA à moindre coût.

Association validée après échec du platine dans l'endomètre MMR-proficient ?cliquer
KEYNOTE-775 : pembrolizumab + lenvatinib, supérieur à la chimiothérapie de 2e ligne.

Signe clinique qui doit faire évoquer un cancer de l'endomètre ?cliquer
Métrorragie post-ménopausique : impose échographie endovaginale + biopsie/hystéroscopie pour l'éliminer.

📚 Références & essais fondateurs

  1. TCGA — Cancer Genome Atlas Research Network. Integrated genomic characterization of endometrial carcinoma. Nature 2013. PMID 23636398
  2. RUBY — Mirza MR, et al. Dostarlimab + carboplatine-paclitaxel, endomètre avancé/récidivant. N Engl J Med 2023. PMID 36972026
  3. NRG-GY018 — Eskander RN, et al. Pembrolizumab + chimiothérapie, endomètre avancé. N Engl J Med 2023. PMID 36972022
  4. KEYNOTE-775 — Makker V, et al. Lenvatinib + pembrolizumab, endomètre avancé. N Engl J Med 2022. PMID 35045221
  5. PORTEC-3 — de Boer SM, et al. Chimioradiothérapie adjuvante vs radiothérapie, endomètre à haut risque. Lancet Oncol 2018. PMID 29449189
  6. León-Castillo A, et al. Classification moléculaire de PORTEC-3 : impact pronostique et bénéfice du traitement adjuvant. J Clin Oncol 2020. PMID 32749941
  7. Berek JS, et al. Système de stadification FIGO 2023 du cancer de l'endomètre. Int J Gynaecol Obstet 2023. PMID 37337978
  8. Référentiels ESMO et NCCN Uterine Neoplasms (versions à jour) — recommandations de pratique clinique.