Carcinome du rein (à cellules claires)

Le plus souvent découvert de manière fortuite (incidentalome). Le sous-type à cellules claires, lié à l'axe VHL/HIF, domine et conditionne des traitements systémiques antiangiogéniques et d'immunothérapie. La stratification pronostique IMDC guide les choix en situation métastatique.

Urologique Cellules claires VHL / HIF IMDC IO + TKI

📊 Épidémiologie & facteurs de risque

Le carcinome à cellules rénales survient surtout entre 60 et 70 ans, avec une prédominance masculine. Facteurs de risque acquis : tabac, obésité, hypertension artérielle, insuffisance rénale chronique/dialyse (maladie kystique acquise).

Formes héréditaires

  • Maladie de von Hippel-Lindau (VHL) : carcinomes à cellules claires souvent multiples et bilatéraux, hémangioblastomes, phéochromocytomes.
  • Léiomyomatose héréditaire et cancer du rein (HLRCC, FH) : carcinomes papillaires de type 2 agressifs.
  • Syndrome de Birt-Hogg-Dubé (BHD / FLCN) : tumeurs chromophobes / hybrides oncocytaires.
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Une forme jeune, bilatérale ou multifocale, ou un contexte familial/syndromique doivent faire évoquer une prédisposition génétique et orienter vers une consultation d'oncogénétique, avec implications sur la chirurgie conservatrice et le dépistage familial.

🧬 Anatomopathologie & biologie

Principaux sous-types :

Sous-typeFréquenceBiologie
À cellules claires~75 %Inactivation de VHL → stabilisation de HIF → surexpression du VEGF (cible antiangiogénique)
Papillaire (types 1 et 2)~10-15 %Voie MET (type 1) ; FH/HLRCC pour certains type 2
Chromophobe~5 %Meilleur pronostic global ; lié au BHD dans les formes héréditaires

Le grade nucléaire (grade OMS/ISUP 1-4) et la présence de composante sarcomatoïde / rhabdoïde sont des facteurs péjoratifs. La biologie VHL/HIF/VEGF explique la sensibilité des cancers à cellules claires aux inhibiteurs de tyrosine kinase antiangiogéniques et à l'immunothérapie.

🩺 Présentation clinique & diagnostic

La triade classique (hématurie, douleur lombaire, masse palpable) est devenue rare : la majorité des tumeurs sont des incidentalomes découverts sur une imagerie réalisée pour un autre motif. Manifestations possibles : syndromes paranéoplasiques (hypercalcémie, polyglobulie, HTA, syndrome de Stauffer), varicocèle de novo.

  • TDM abdominale injectée (temps cortico-médullaire) : caractérise la masse (rehaussement), l'extension veineuse (thrombus de la veine rénale/cave) et l'atteinte ganglionnaire.
  • La biopsie n'est pas systématique pour une masse résécable typique, mais utile pour les petites masses en surveillance, avant traitement ablatif, ou en situation métastatique pour confirmation histologique.

📐 Bilan, stadification & pronostic

Stadification TNM (AJCC 8e édition) :

CatégorieDéfinition (synthèse)
T1≤ 7 cm, limité au rein (T1a ≤ 4 cm ; T1b 4-7 cm)
T2> 7 cm, limité au rein
T3Veine rénale/cave ou graisse péri-rénale sans dépasser le fascia de Gerota
T4Au-delà du fascia de Gerota / surrénale homolatérale
N1Ganglions régionaux
M1Métastases (poumon, os, foie, cerveau, ganglions à distance)

Score pronostique IMDC (maladie métastatique)

Le modèle IMDC (International Metastatic RCC Database Consortium) répartit les patients en groupes favorable / intermédiaire / défavorable selon 6 facteurs : délai diagnostic-traitement < 1 an, indice de performance (Karnofsky < 80 %), hypercalcémie, anémie, neutrophilie et thrombocytose. Ce score guide le choix de la 1re ligne systémique.

💊 Prise en charge par stade & situation

Maladie localisée

  • Néphrectomie partielle (chirurgie conservatrice) chaque fois que possible, notamment pour les T1 — préservation de la fonction rénale à résultats carcinologiques équivalents.
  • Néphrectomie totale (souvent cœlioscopique) pour les tumeurs plus volumineuses ou centrales.
  • Surveillance active ou traitement ablatif (radiofréquence, cryothérapie) pour les petites masses des patients âgés/fragiles.
  • Pembrolizumab adjuvant (200 mg IV toutes les 3 semaines, ou 400 mg toutes les 6 semaines, pendant 1 an — soit 17 cycles) après néphrectomie chez les patients à risque intermédiaire-élevé ou élevé de récidive (essai KEYNOTE-564).

Maladie métastatique (cellules claires) — 1re ligne

  • Associations immunothérapie + inhibiteur de tyrosine kinase (IO + TKI) : axitinib 5 mg × 2/j PO + pembrolizumab 200 mg IV toutes les 3 semaines (essai KEYNOTE-426), cabozantinib 40 mg/j PO + nivolumab 240 mg toutes les 2 semaines ou 480 mg toutes les 4 semaines (essai CheckMate 9ER), lenvatinib 20 mg/j PO + pembrolizumab 200 mg toutes les 3 semaines (essai CLEAR) — bénéfice quel que soit le groupe IMDC.
  • Nivolumab 3 mg/kg + ipilimumab 1 mg/kg IV toutes les 3 semaines pour 4 doses, puis nivolumab 240 mg toutes les 2 semaines (ou 480 mg toutes les 4 semaines) (double immunothérapie, essai CheckMate 214) pour les groupes de risque intermédiaire et défavorable.
  • La néphrectomie cytoréductrice n'est plus systématique (essais CARMENA et SURTIME) ; elle se discute au cas par cas (bon état général, faible charge métastatique, tumeur primitive symptomatique).

Aux lignes ultérieures : autres inhibiteurs de tyrosine kinase (cabozantinib 60 mg/j PO en monothérapie, essai METEOR ; axitinib 5 mg × 2/j, essai AXIS ; tivozanib 1,34 mg/j 3 semaines sur 4, essai TIVO-3 ; sunitinib 50 mg/j 4 semaines sur 6 ou 2 semaines sur 3 ; pazopanib 800 mg/j), inhibiteur de mTOR (évérolimus 10 mg/j PO), association lenvatinib 18 mg/j + évérolimus 5 mg/j, et l'inhibiteur de HIF-2α belzutifan 120 mg/j PO (essais LITESPARK-005 et LITESPARK-004, notamment dans le contexte VHL et en situation avancée).

💉 Doses & protocoles

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Support pédagogique. Posologies issues des essais pivots et des référentiels ESMO/EAU/NCCN. Vérifier systématiquement la prescription, les adaptations (fonction rénale et hépatique, âge, toxicités) et les interactions dans le référentiel institutionnel avant toute application.

Immunothérapie

SituationMoléculeDoseVoie / rythmeDurée · essai
AdjuvantPembrolizumab200 mg ou 400 mgIV, toutes les 3 ou 6 sem1 an (17 cycles) · KEYNOTE-564
1re ligne (intermédiaire/défavorable)Nivolumab3 mg/kgIV, toutes les 3 sem × 4 puis 240 mg / 2 sem ou 480 mg / 4 semjusqu'à progression · CheckMate 214
1re ligne (intermédiaire/défavorable)Ipilimumab1 mg/kgIV, toutes les 3 sem4 doses d'induction seulement

La phase d'induction nivolumab-ipilimumab est la plus toxique : environ un tiers des patients présentent un effet indésirable immuno-médié de grade 3-4 (colite, hépatite, hypophysite, néphrite) nécessitant une corticothérapie. En contrepartie, ce schéma produit des réponses complètes durables et un plateau de survie à long terme. La surveillance thyroïdienne, hépatique, rénale et surrénalienne est systématique avant chaque cure.

Inhibiteurs de tyrosine kinase & autres ciblées

MoléculeCible / classeDoseVoie / rythmeEssai
AxitinibAnti-VEGFR sélectif5 mg × 2/j (titrable 2 à 10 mg)PO, continu (+ pembrolizumab 200 mg / 3 sem)KEYNOTE-426 / AXIS
CabozantinibVEGFR, MET, AXL40 mg/j (association) ou 60 mg/j (monothérapie)PO, continu, à jeunCheckMate 9ER / METEOR
LenvatinibVEGFR, FGFR, RET20 mg/j (+ pembrolizumab) ou 18 mg/j (+ évérolimus)PO, continuCLEAR / Study 205
SunitinibAnti-VEGFR multicible50 mg/jPO, 4 semaines sur 6 (ou 2 sur 3, mieux toléré)Historique de 1re ligne
PazopanibAnti-VEGFR multicible800 mg/jPO, à jeun, continuCOMPARZ
TivozanibAnti-VEGFR sélectif1,34 mg/jPO, 3 semaines sur 4TIVO-3
ÉvérolimusInhibiteur de mTOR10 mg/j (5 mg + lenvatinib)PO, continuRECORD-1
BelzutifanInhibiteur de HIF-2α120 mg/jPO, continuLITESPARK-005 / -004 (VHL)

Toxicités de classe des anti-VEGFR : hypertension artérielle (à traiter et non à motiver un arrêt — elle est corrélée à l'efficacité), syndrome main-pied, diarrhée, mucite, asthénie, hypothyroïdie (TSH régulière), protéinurie, retard de cicatrisation (suspendre avant toute chirurgie), et plus rarement perforation digestive, fistule ou microangiopathie thrombotique. Évérolimus : pneumopathie interstitielle non infectieuse, hyperglycémie, hyperlipidémie, stomatite (prévention par bain de bouche à la dexaméthasone). Belzutifan : anémie quasi constante par inhibition de l'érythropoïèse dépendante de HIF-2α, et hypoxie — surveiller l'hémoglobine et la saturation. Sous association IO + TKI, distinguer une toxicité immuno-médiée (corticoïdes) d'une toxicité du TKI (suspension et réduction de dose) est un enjeu quotidien : la diarrhée et l'hépatite en sont les exemples les plus délicats.

Traitements locaux & radiothérapie

IndicationDose totaleFractionnementVolume cible / précisions
Ablation percutanée (radiofréquence, cryothérapie)Séance unique, éventuellement répétéePetites masses < 3–4 cm chez le patient fragile ou à rein unique
Radiothérapie stéréotaxique de la tumeur primitive25–42 Gy1 à 5 fractions (par ex. 26 Gy en 1 fraction, 42 Gy en 3)Alternative non chirurgicale ; le carcinome rénal, réputé radiorésistant, répond aux fortes doses par fraction
Oligométastases (SBRT)24–45 Gy1 à 5 fractionsPoumon, os, ganglions — permet parfois de différer le traitement systémique
Métastases osseuses antalgiques8 Gy ou 20–30 Gy1 fraction ou 5 à 10 fractionsFortes doses par fraction préférables (radiorésistance relative)
Métastases cérébrales18–24 Gy ou 30 GyRadiochirurgie en 1 fraction ou 10 fractionsRadiochirurgie privilégiée ; irradiation de l'encéphale entier avec épargne hippocampique si multiples
Embolisation artérielleSéance uniqueHématurie massive ou métastase osseuse hypervascularisée avant chirurgie

Contraintes principales aux organes à risque en stéréotaxie rénale : rein controlatéral Dmoyenne < 10 Gy et volume rénal total sain recevant moins de 10 Gy le plus large possible (au moins 200 cm³) ; duodénum et estomac Dmax < 30 Gy en 5 fractions ; intestin grêle Dmax < 30 Gy ; moelle épinière Dmax < 25 Gy en 5 fractions ; foie — au moins 700 cm³ recevant moins de 15 Gy. Le mouvement respiratoire impose un asservissement ou un blocage inspiratoire. Prudence en cas d'association concomitante à un anti-VEGFR : le risque de toxicité digestive et de fistule est majoré, ce qui conduit généralement à suspendre le traitement systémique autour de l'irradiation.

Points clés à retenir

  • Le sous-type à cellules claires (axe VHL/HIF/VEGF) domine et détermine la sensibilité aux antiangiogéniques et à l'immunothérapie.
  • Formes héréditaires à connaître : VHL (cellules claires), HLRCC/FH (papillaire type 2), BHD/FLCN (chromophobe).
  • La plupart des tumeurs sont des incidentalomes ; néphrectomie partielle privilégiée pour les T1.
  • Le score IMDC (6 facteurs) stratifie le pronostic métastatique et guide la 1re ligne.
  • Pembrolizumab adjuvant (KEYNOTE-564) ; 1re ligne métastatique = IO+TKI (KEYNOTE-426, CheckMate 9ER, CLEAR) ou nivolumab-ipilimumab (CheckMate 214, risque intermédiaire/défavorable).

QCM — 10 questions

Q1. Quelle anomalie moléculaire caractérise le carcinome rénal à cellules claires et explique sa sensibilité aux antiangiogéniques ?

Q2. Un patient présente un carcinome rénal à cellules claires métastatique de risque IMDC intermédiaire. Quelles sont les options de 1re ligne validées ?

Q3. Après néphrectomie pour un carcinome à cellules claires à risque élevé de récidive, quelle option adjuvante repose sur un essai positif ?

Q4. Quels facteurs composent le score pronostique IMDC ?

Q5. Quel syndrome héréditaire est associé au carcinome rénal papillaire de type 2 d'évolution agressive ?

Q6. Qu'ont montré les essais CARMENA et SURTIME concernant la néphrectomie cytoréductrice ?

Q7. Quelles posologies composent l'association validée par l'essai CheckMate 9ER ?

Q8. Un patient sous axitinib-pembrolizumab présente une hypertension artérielle à 165/98 mmHg. Quelle conduite ?

Q9. Quelle toxicité caractéristique attend-on sous belzutifan, inhibiteur de HIF-2α ?

Q10. Quelle affirmation concernant la radiothérapie du carcinome rénal est exacte ?

🩺 Cas cliniques progressifs

Cinq situations cliniques déroulées étape par étape. Chaque réponse débloque l'étape suivante, qui apporte de nouvelles données (bilan, anatomopathologie, évolution). Répondez avant de poursuivre.

Cas 1

Petite masse rénale de découverte fortuite

Femme de 58 ans, hypertendue, chez qui un scanner réalisé pour des douleurs abdominales découvre une masse solide du pôle inférieur du rein droit de 32 mm, se rehaussant fortement au temps artériel. Elle est asymptomatique, la fonction rénale est normale.

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  1. Étape 1 · Caractérisation

    Q1. Quelle est la conduite devant cette masse rénale solide rehaussée ?

  2. Étape 2 · Place de la biopsie

    Question : faut-il réaliser une biopsie percutanée de cette masse avant la chirurgie ?

    Q2. Quelle est la place de la biopsie rénale percutanée ?

  3. Étape 3 · Anatomopathologie

    Néphrectomie partielle réalisée : carcinome à cellules claires de 34 mm, grade ISUP 2, pT1a, marges saines, sans nécrose ni composante sarcomatoïde.

    Q3. Quel traitement complémentaire proposez-vous ?

  4. Étape 4 · Fonction rénale

    À 6 mois : la clairance est passée de 88 à 71 mL/min. La patiente s'inquiète.

    Q4. Que lui expliquez-vous et que proposez-vous ?

  5. Étape 5 · Surveillance

    Question : quelle surveillance organisez-vous après ce pT1a réséqué ?

    Q5. Quelles modalités retenez-vous ?

  6. Étape 6 · Récidive tardive

    À 7 ans : le scanner de surveillance découvre deux nodules pulmonaires de 11 et 14 mm, sans autre localisation. La patiente est asymptomatique, en bon état général.

    Q6. Quelle attitude proposez-vous ?

Synthèse du cas 1

Masse rénale solide rehaussée = carcinome jusqu'à preuve du contraire. Néphrectomie partielle privilégiée pour les T1 : mêmes résultats carcinologiques, fonction rénale préservée. Biopsie non nécessaire si exérèse décidée, indispensable avant ablation, surveillance ou traitement systémique. Pembrolizumab adjuvant réservé aux risques intermédiaire-élevé et élevé (KEYNOTE-564). Récidives tardives possibles : surveillance prolongée, traitement local des oligométastases.

Cas 2

Carcinome rénal métastatique de risque IMDC défavorable

Homme de 60 ans, consultant pour altération de l'état général, amaigrissement et hématurie. Le scanner montre une tumeur du rein gauche de 11 cm, un thrombus de la veine rénale, de multiples métastases pulmonaires et deux lésions osseuses. Hémoglobine 9,8 g/dL, plaquettes 520 G/L, neutrophiles 9,8 G/L, calcémie corrigée 2,78 mmol/L, Karnofsky 70 %.

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  1. Étape 1 · Pronostic

    Q1. Quel groupe pronostique IMDC ce patient présente-t-il ?

  2. Étape 2 · Urgence métabolique

    Biologie : calcémie corrigée à 2,78 mmol/L, avec nausées, constipation et confusion légère.

    Q2. Quelle prise en charge immédiate ?

  3. Étape 3 · Stratégie

    Confirmation histologique : biopsie de la tumeur rénale montrant un carcinome à cellules claires avec composante sarcomatoïde d'environ 20 %.

    Q3. Quel traitement de 1re ligne privilégiez-vous ?

  4. Étape 4 · Toxicité

    Après la 3e perfusion : diarrhée à 8 selles par jour avec douleurs abdominales et rectorragies. Les prélèvements infectieux sont négatifs.

    Q4. Quelle prise en charge ?

  5. Étape 5 · Réponse

    À 6 mois : après résolution de la colite et poursuite du nivolumab seul, réponse partielle majeure avec régression pulmonaire de plus de 70 % et normalisation de la calcémie. La tumeur rénale a diminué de moitié.

    Q5. Quelle option peut alors se discuter ?

  6. Étape 6 · Progression

    À 22 mois : progression pulmonaire et apparition d'une métastase osseuse douloureuse de l'aile iliaque. Le patient est PS 1.

    Q6. Quelle stratégie ?

Synthèse du cas 2

Score IMDC : 6 facteurs, orientant la 1re ligne. Risque défavorable et/ou composante sarcomatoïde : nivolumab-ipilimumab (CheckMate 214), avec des réponses durables. Hypercalcémie maligne : hyperhydratation puis biphosphonate ou dénosumab. Colite immuno-médiée de grade 3-4 : urgence, corticoïdes puis infliximab. Néphrectomie différée à discuter chez les bons répondeurs. Après immunothérapie : cabozantinib, actif sur l'os.

Cas 3

Maladie de von Hippel-Lindau

Homme de 34 ans, suivi pour des hémangioblastomes cérébelleux et rétiniens opérés, chez qui le scanner de surveillance découvre trois lésions rénales bilatérales de 18, 22 et 30 mm, ainsi que des kystes pancréatiques.

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  1. Étape 1 · Diagnostic

    Q1. Quel diagnostic syndromique évoquez-vous ?

  2. Étape 2 · Physiopathologie

    Confirmation : mutation germinale de VHL retrouvée. Une consultation d'oncogénétique est organisée pour la famille.

    Q2. Quelle est la conséquence moléculaire de la perte de VHL ?

  3. Étape 3 · Stratégie rénale

    Lésions rénales : trois lésions bilatérales, la plus grande à 30 mm, chez un patient de 34 ans dont la fonction rénale est normale.

    Q3. Quelle stratégie retenez-vous ?

  4. Étape 4 · Traitement médical

    À 3 ans : malgré deux interventions conservatrices, de nouvelles lésions rénales apparaissent, ainsi qu'un hémangioblastome médullaire et une tumeur neuroendocrine pancréatique de 25 mm. Une nouvelle chirurgie serait très délabrante.

    Q4. Quelle option médicale est spécifiquement validée dans ce contexte ?

  5. Étape 5 · Tolérance

    Après 3 mois de belzutifan : hémoglobine à 9,2 g/dL contre 14,5 g/dL initialement, avec asthénie et dyspnée d'effort. La saturation en oxygène est à 92 %.

    Q5. Quelle interprétation et quelle conduite ?

  6. Étape 6 · Famille

    Consultation familiale : le patient a une fille de 8 ans et un frère de 30 ans.

    Q6. Que proposez-vous ?

Synthèse du cas 3

Maladie de von Hippel-Lindau : hémangioblastomes du système nerveux central et rétiniens, carcinomes rénaux multiples et bilatéraux, atteintes pancréatiques, phéochromocytome. Perte de VHL → accumulation de HIF → VEGF et érythropoïétine. Stratégie rénale de préservation néphronique sur toute une vie (seuil des 3 cm). Belzutifan (LITESPARK-004) : traitement ciblant la cause, avec anémie et hypoxie attendues. Test génétique et surveillance dès l'enfance.

Cas 4

Carcinome rénal non à cellules claires

Homme de 42 ans, d'origine antillaise, consultant pour une douleur lombaire et une hématurie. Il présente des nodules cutanés des membres, et son épouse rapporte que sa mère a été hystérectomisée jeune pour des « fibromes multiples ». Le scanner montre une tumeur du rein droit de 6 cm, infiltrante, avec des adénopathies rétropéritonéales volumineuses.

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  1. Étape 1 · Orientation

    Q1. Quel syndrome devez-vous évoquer ?

  2. Étape 2 · Confirmation

    Biopsie : carcinome papillaire de type 2 avec nucléoles proéminents entourés d'un halo clair, perte d'expression de la fumarate hydratase en immunohistochimie et marquage 2SC positif.

    Q2. Quelle démarche complémentaire ?

  3. Étape 3 · Traitement

    Bilan : adénopathies rétropéritonéales volumineuses et trois métastases pulmonaires. PS 1.

    Q3. Quel traitement systémique proposez-vous ?

  4. Étape 4 · Toxicité

    Après 6 semaines de cabozantinib : diarrhée à 5 selles par jour, syndrome main-pied douloureux gênant la marche et perte de 4 kg.

    Q4. Quelle conduite ?

  5. Étape 5 · Évolution

    À 9 mois : stabilité de la maladie sous cabozantinib à dose réduite. Apparition d'une douleur lombaire brutale avec une lésion lytique de L3 menaçant la stabilité rachidienne.

    Q5. Quelle prise en charge ?

  6. Étape 6 · Suivi familial

    Consultation : la sœur du patient, 38 ans, est porteuse de la mutation FH. Son IRM annuelle découvre une lésion rénale de 14 mm.

    Q6. Quelle attitude pour cette lésion de 14 mm ?

Synthèse du cas 4

Léiomyomes cutanés et utérins + tumeur rénale agressive chez un sujet jeune : penser au syndrome HLRCC (FH) — perte d'expression de la fumarate hydratase, marquage 2SC. Les formes non à cellules claires ne suivent pas les standards des cellules claires : cabozantinib (SWOG 1500) ou essai dédié. Réductions de dose fréquentes sous inhibiteur de tyrosine kinase, sans perte d'efficacité. Métastases osseuses hypervascularisées : embolisation, fortes doses par fraction. HLRCC : opérer sans délai, à l'inverse du von Hippel-Lindau.

Cas 5

Tumeur avec thrombus cave et syndrome paranéoplasique

Homme de 67 ans, adressé pour un œdème des membres inférieurs, une altération de l'état général et une fièvre prolongée inexpliquée. Le bilan retrouve une tumeur du rein droit de 9 cm avec un thrombus s'étendant dans la veine cave inférieure jusqu'au-dessus des veines sus-hépatiques. Biologie : hémoglobine 17,8 g/dL, phosphatases alcalines augmentées, CRP à 95 mg/L.

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  1. Étape 1 · Syndromes paranéoplasiques

    Q1. Comment interprétez-vous la polyglobulie, la fièvre et la cholestase anictérique ?

  2. Étape 2 · Bilan du thrombus

    Imagerie : thrombus tumoral cave remontant au-dessus des veines sus-hépatiques, sans extension intra-auriculaire. Pas de métastase à distance.

    Q2. Quelle est la conséquence de cette extension ?

  3. Étape 3 · Suites opératoires

    Après chirurgie : néphrectomie élargie avec thrombectomie cave réussie, pT3c pN1 (2 ganglions envahis), grade ISUP 4, sans composante sarcomatoïde. La polyglobulie et la cholestase se normalisent en quelques semaines.

    Q3. Quel traitement complémentaire proposez-vous ?

  4. Étape 4 · Toxicité de l'adjuvant

    Après 4 mois de pembrolizumab : asthénie croissante, frilosité, constipation. TSH à 28 mUI/L, T4 libre basse.

    Q4. Quelle conduite ?

  5. Étape 5 · Récidive

    À 18 mois : récidive avec de multiples métastases pulmonaires et hépatiques, apparues 6 mois après la fin du pembrolizumab adjuvant. Le patient est PS 1, IMDC intermédiaire.

    Q5. Quel traitement de 1re ligne métastatique retenez-vous ?

  6. Étape 6 · Complication

    À 6 mois de traitement : le patient présente une douleur abdominale brutale avec défense et pneumopéritoine au scanner, sous cabozantinib.

    Q6. Quel diagnostic et quelle conduite ?

Synthèse du cas 5

Le carcinome rénal, grand simulateur : polyglobulie, hypercalcémie, fièvre, syndrome de Stauffer — réversibles après exérèse. Thrombus cave : la chirurgie avec thrombectomie reste curative en centre expert ; un thrombus tumoral n'est pas un caillot. Haut risque après néphrectomie : pembrolizumab adjuvant 1 an (KEYNOTE-564) — dysthyroïdie fréquente, à substituer sans arrêter. Perforation digestive sous anti-VEGFR : urgence chirurgicale et arrêt définitif, à ne pas confondre avec une colite immunologique.

🃏 Flashcards — répétition espacée

Cliquez pour retourner la carte, puis auto-évaluez-vous (« À revoir » remet en boîte 1, « Acquis » avance d'une boîte).

Trois syndromes héréditaires du cancer du rein et leur sous-type ?cliquer
VHL → cellules claires ; HLRCC (FH) → papillaire type 2 ; Birt-Hogg-Dubé (FLCN) → chromophobe / hybride oncocytaire.

Quels sont les 6 facteurs du score IMDC ?cliquer
Délai diagnostic-traitement < 1 an, Karnofsky < 80 %, hypercalcémie, anémie, neutrophilie, thrombocytose. → favorable / intermédiaire / défavorable.

1re ligne du rein à cellules claires métastatique ?cliquer
Associations IO+TKI (axitinib-pembro KEYNOTE-426, cabozantinib-nivo CheckMate 9ER, lenvatinib-pembro CLEAR) ou nivolumab-ipilimumab (CheckMate 214) pour l'IMDC intermédiaire/défavorable.

Traitement adjuvant après néphrectomie à haut risque ?cliquer
Pembrolizumab adjuvant (KEYNOTE-564) pour les patients à risque intermédiaire-élevé/élevé de récidive.

📚 Références & essais fondateurs

  1. KEYNOTE-564 — Choueiri TK, et al. Pembrolizumab adjuvant dans le carcinome rénal à cellules claires. N Engl J Med 2021. PMID 34407342
  2. KEYNOTE-426 — Rini BI, et al. Pembrolizumab + axitinib en 1re ligne. N Engl J Med 2019. PMID 30779529
  3. CheckMate 214 — Motzer RJ, et al. Nivolumab + ipilimumab vs sunitinib. N Engl J Med 2018. PMID 29562145
  4. CheckMate 9ER — Choueiri TK, et al. Nivolumab + cabozantinib en 1re ligne. N Engl J Med 2021. PMID 33657295
  5. CLEAR — Motzer RJ, et al. Lenvatinib + pembrolizumab vs sunitinib. N Engl J Med 2021. PMID 33616314
  6. IMDC — Heng DYC, et al. Modèle pronostique IMDC dans le cancer du rein métastatique. J Clin Oncol 2009. PMID 19826129
  7. Référentiels EAU et ESMO Renal Cell Carcinoma (versions à jour 2025) — recommandations de pratique clinique.