Poumon — CBPC (cancer bronchique à petites cellules)

Tumeur neuroendocrine très agressive, presque toujours liée au tabac. Croissance rapide, dissémination précoce et sensibilité initiale marquée à la chimiothérapie et à la radiothérapie, mais rechutes fréquentes. La chimio-immunothérapie a récemment amélioré la maladie étendue.

Thoracique Neuroendocrine Maladie limitée Maladie étendue Paranéoplasique

📊 Épidémiologie & facteurs de risque

Le CBPC représente environ 13–15 % des cancers bronchiques. C'est la forme la plus agressive, caractérisée par un temps de doublement court, une forte propension métastatique (os, foie, cerveau, moelle) et une chimiosensibilité initiale importante suivie de rechutes rapides. Son incidence relative tend à diminuer avec la baisse du tabagisme.

Facteurs de risque

  • Tabac : lien quasi constant — le CBPC survient presque exclusivement chez des fumeurs ou anciens fumeurs. Effet dose-durée majeur.
  • Expositions : radon, certaines expositions professionnelles, tabagisme passif.
  • Contrairement au CBNPC, il n'existe pas de forme « du non-fumeur » significative ni d'altération oncogénique ciblable en pratique de routine.
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Le CBPC est fortement associé aux syndromes paranéoplasiques (endocriniens et neurologiques), qui peuvent révéler la maladie avant l'imagerie et doivent faire évoquer le diagnostic chez un fumeur.

🧬 Anatomopathologie & biologie

Le CBPC est une tumeur neuroendocrine de haut grade : petites cellules au cytoplasme réduit, chromatine « poivre et sel », nombreuses mitoses, nécrose étendue, index de prolifération Ki-67 très élevé (souvent > 80 %). Marqueurs neuroendocrines à l'IHC : synaptophysine, chromogranine A, CD56 (NCAM), INSM1, avec TTF-1 souvent positif.

Sur le plan moléculaire, on retrouve une inactivation quasi constante de TP53 et RB1. Il n'existe pas de thérapie ciblée validée en routine, mais une expression fréquente de cibles comme DLL3 (voie explorée en recherche).

Syndromes paranéoplasiques évocateurs

  • SIADH (sécrétion inappropriée d'ADH) → hyponatrémie.
  • Syndrome de Cushing paranéoplasique (sécrétion ectopique d'ACTH).
  • Syndrome myasthénique de Lambert-Eaton (anticorps anti-canaux calciques VGCC) et autres syndromes neurologiques (encéphalite limbique, anti-Hu).
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Une hyponatrémie profonde chez un fumeur, ou un syndrome de Lambert-Eaton, doit faire rechercher activement un CBPC — ces manifestations peuvent précéder la découverte radiologique de la tumeur.

🩺 Présentation clinique & diagnostic

Présentation souvent centrale et rapidement symptomatique : toux, dyspnée, hémoptysie, douleur thoracique, syndrome cave supérieur (fréquent du fait des volumineuses adénopathies médiastinales). Altération de l'état général marquée, signes de métastases (douleurs osseuses, signes neurologiques) et manifestations paranéoplasiques.

Démarche diagnostique

  • Preuve histologique : fibroscopie bronchique + biopsies (tumeurs centrales) ou biopsie d'un site accessible ; confirmation neuroendocrine à l'IHC.
  • Bilan d'extension : TDM thoraco-abdomino-pelvien, IRM cérébrale (métastases fréquentes), scintigraphie osseuse ou TEP-TDM au 18F-FDG.
  • Biologie : natrémie (SIADH), fonction rénale et hépatique, LDH ; évaluation de l'état général déterminante pour l'intensité thérapeutique.

📐 Bilan d'extension & stadification

Historiquement, le CBPC se stadifie selon la classification binaire du VALG (Veterans Administration Lung Study Group), tout en intégrant désormais le TNM (8e édition) qui affine le pronostic et guide notamment la place de la chirurgie dans les rares formes très localisées.

Catégorie (VALG)Définition
Maladie limitéeTumeur confinée à un hémithorax, englobable dans un seul champ d'irradiation tolérable (± ganglions médiastinaux/sus-claviculaires homolatéraux). Correspond globalement aux stades I-III.
Maladie étendueExtension au-delà (épanchement pleural/péricardique malin, atteinte controlatérale non incluable, métastases à distance). Correspond au stade IV / dépassement du champ.

Environ deux tiers des patients se présentent d'emblée en maladie étendue. L'IRM cérébrale fait partie du bilan systématique compte tenu de la fréquence des métastases encéphaliques.

💊 Prise en charge par stade & situation

Maladie limitée

Traitement à visée curative : radiochimiothérapie concomitante, associant cisplatine 60–80 mg/m² J1 + étoposide 100–120 mg/m² J1–J3, toutes les 3 semaines (4 cycles) et radiothérapie thoracique précoce débutée au cycle 1 ou 2. Le schéma bi-quotidien hyperfractionné — 45 Gy en 30 fractions de 1,5 Gy, deux fractions par jour sur 3 semaines — a démontré un bénéfice de survie (essai de Turrisi) et reste une référence, à côté du schéma quotidien de 66 Gy en 33 fractions de 2 Gy (essai CONVERT). Chez les répondeurs, durvalumab 1 500 mg toutes les 4 semaines jusqu'à 24 mois en consolidation (essai ADRIATIC).

  • Irradiation prophylactique cérébrale (PCI)25 Gy en 10 fractions de 2,5 Gy — proposée aux patients en réponse, pour réduire l'incidence des métastases cérébrales ; épargne hippocampique et mémantine pour limiter la toxicité cognitive.
  • La chirurgie (± chimiothérapie adjuvante) est réservée aux très rares formes limitées T1-T2 N0 après staging médiastinal négatif.

Maladie étendue

Le standard est désormais la chimio-immunothérapie de 1re ligne : platine-étoposide associé à un inhibiteur de PD-L1, poursuivi en entretien :

  • Atézolizumab 1 200 mg IV toutes les 3 semaines + carboplatine AUC 5 – étoposide 100 mg/m² J1–J3 (essai IMpower133), 4 cycles puis entretien.
  • Durvalumab 1 500 mg IV toutes les 3 semaines × 4 + platine-étoposide, puis toutes les 4 semaines en entretien (essai CASPIAN).

PCI : sa place est plus débattue en maladie étendue ; une surveillance par IRM cérébrale rapprochée est une alternative acceptable chez les patients répondeurs. La radiothérapie thoracique de consolidation (30 Gy en 10 fractions, essai CREST) peut être discutée chez les répondeurs avec résidu thoracique. En rechute : topotécan 1,5 mg/m² IV J1–J5 (ou 2,3 mg/m² PO), lurbinectédine 3,2 mg/m² toutes les 3 semaines, tarlatamab (1 mg puis 10 mg, anti-DLL3 bispécifique) ou reprise du platine si l'intervalle libre dépasse 6 mois — avec un pronostic globalement réservé.

💉 Doses & protocoles

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Support pédagogique. Posologies issues des essais pivots et des référentiels ESMO/NCCN. Vérifier systématiquement la prescription, les adaptations (clairance rénale, fonction hépatique, âge, toxicités) et les interactions avant toute application clinique.

Chimiothérapie

ProtocoleMoléculeDoseVoie / rythmeDurée
Première ligne — doublet platine-étoposide
Cisplatine-étoposideCisplatine60–80 mg/m²IV, J1 toutes les 3 sem4 à 6 cycles
Cisplatine-étoposideÉtoposide100–120 mg/m²IV, J1 à J34 à 6 cycles
Concomitant à la RTCisplatine + étoposide60 mg/m² + 120 mg/m²IV, J1 puis J1–J3, toutes les 3 sem4 cycles · Turrisi
Carboplatine-étoposideCarboplatineAUC 5–6IV, J1 toutes les 3 sem4 cycles
Carboplatine-étoposideÉtoposide100 mg/m²IV, J1 à J34 cycles
Rechute
Rechute sensible ou réfractaireTopotécan1,5 mg/m² (IV) ou 2,3 mg/m² (PO)J1 à J5 toutes les 3 semjusqu'à progression
RechuteLurbinectédine3,2 mg/m²IV, toutes les 3 semjusqu'à progression
RechuteCAV (cyclophosphamide, doxorubicine, vincristine)1 000 + 45 mg/m² + 2 mgIV, J1 toutes les 3 semoption
Rechute tardive (> 6 mois)Reprise du doublet de platinemêmes dosesIV, toutes les 3 semoption privilégiée

Toxicité hématologique majeure : la neutropénie fébrile est fréquente sous platine-étoposide et sous topotécan (adapter la dose si clairance < 60 mL/min, envisager un facteur de croissance granulocytaire en prophylaxie secondaire). Le cisplatine impose hyperhydratation, surveillance rénale, auditive et neurologique ; le carboplatine est préféré chez les patients fragiles ou insuffisants rénaux.

Immunothérapie

MoléculeCibleDoseRythmeSituation · essai
AtézolizumabAnti-PD-L11 200 mgIV toutes les 3 sem, puis entretienMaladie étendue · IMpower133
DurvalumabAnti-PD-L11 500 mgIV toutes les 3 sem × 4 avec la chimio, puis toutes les 4 semMaladie étendue · CASPIAN
DurvalumabAnti-PD-L11 500 mgIV toutes les 4 sem, jusqu'à 24 moisConsolidation après radiochimiothérapie, maladie limitée · ADRIATIC
TarlatamabActivateur lymphocytaire bispécifique anti-DLL31 mg puis 10 mgIV : J1 (1 mg), J8 et J15 (10 mg), puis toutes les 2 semRechute · DeLLphi-301

Le tarlatamab expose au syndrome de relargage cytokinique et à une neurotoxicité (ICANS) : les deux premières administrations nécessitent une surveillance hospitalière prolongée. Les anti-PD-L1 exposent aux toxicités dysimmunitaires classiques (pneumopathie, colite, hépatite, endocrinopathies).

Radiothérapie

IndicationDose totaleFractionnementPrécisions
Maladie limitée — schéma hyperfractionné45 Gy30 fractions de 1,5 Gy, 2 fractions/jour, 3 semainesRéférence historique · Turrisi
Maladie limitée — schéma quotidien66 Gy (60–70 Gy)33 fractions de 2 GyNon inférieur en pratique · CONVERT
Irradiation prophylactique cérébrale25 Gy10 fractions de 2,5 GyChez les répondeurs ; épargne hippocampique discutée
Consolidation thoracique, maladie étendue30 Gy10 fractionsChez les répondeurs avec résidu thoracique · CREST
Palliative (syndrome cave, hémoptysie, douleur)20 Gy ou 30 Gy5 ou 10 fractionsUrgence si compression
Métastases cérébrales symptomatiques30 Gy10 fractionsEncéphale in toto ; radiochirurgie possible si lésions peu nombreuses

L'irradiation thoracique doit débuter précocement, avec le premier ou le deuxième cycle de chimiothérapie : le délai entre le début de la chimiothérapie et la fin de la radiothérapie est un facteur pronostique. Contraintes : poumons V20 < 35 % et dose moyenne < 20 Gy, moelle Dmax < 41 Gy en schéma bi-quotidien (contrainte plus stricte), œsophage V60 < 17 %.

Points clés à retenir

  • Tumeur neuroendocrine de haut grade, quasi toujours liée au tabac, très agressive et disséminant précocement.
  • Penser aux syndromes paranéoplasiques : SIADH (hyponatrémie), Cushing ectopique, Lambert-Eaton.
  • Stadification binaire VALG (limitée / étendue) complétée par le TNM 8e édition ; IRM cérébrale systématique.
  • Maladie limitée : radiochimiothérapie concomitante cisplatine-étoposide + irradiation thoracique (bi-quotidienne, Turrisi) + PCI.
  • Maladie étendue : chimio-immunothérapie (atézolizumab IMpower133 ou durvalumab CASPIAN) en 1re ligne.

QCM — 10 questions

Q1. Un fumeur présente une hyponatrémie sévère par SIADH et une volumineuse masse hilaire. Quel diagnostic doit être évoqué en priorité ?

Q2. CBPC en maladie limitée, patient en bon état général. Quelle est la base du traitement à visée curative ?

Q3. CBPC en maladie étendue, 1re ligne. Quel schéma correspond au standard actuel issu de IMpower133 / CASPIAN ?

Q4. Quel schéma d'irradiation thoracique a démontré un bénéfice de survie dans la maladie limitée (essai de Turrisi) ?

Q5. Quelle est la dose classique de l'irradiation prophylactique cérébrale ?

Q6. Après radiochimiothérapie d'une maladie limitée, sans progression, quelle stratégie de consolidation est aujourd'hui validée ?

Q7. Un patient présente une hyponatrémie à 118 mmol/L, une osmolalité plasmatique basse et une natriurèse conservée, sans déshydratation. Quel syndrome évoquez-vous ?

Q8. Rechute 8 mois après la fin d'une première ligne par carboplatine-étoposide-atézolizumab, chez un patient en bon état général. Quelle option privilégier ?

Q9. Quelle est la posologie de la lurbinectédine en situation de rechute ?

Q10. À quel moment débuter l'irradiation thoracique dans une maladie limitée ?

🩺 Cas cliniques progressifs

Cinq situations cliniques déroulées étape par étape. Chaque réponse débloque l'étape suivante, qui apporte de nouvelles données (bilan, complication, évolution). Répondez avant de poursuivre.

Cas 1

Maladie limitée à visée curative

Homme de 60 ans, tabagique actif (45 paquets-années), OMS 1. Toux et amaigrissement de 5 kg en 2 mois. Scanner : masse hilaire droite de 60 mm avec adénopathies médiastinales homolatérales. Biopsie bronchique : carcinome à petites cellules (chromogranine et synaptophysine positives, Ki-67 90 %).

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  1. Étape 1 · Bilan d'extension

    Q1. Quel bilan réalisez-vous en priorité ?

  2. Étape 2 · Classification

    Résultats : aucune lésion à distance, aucune métastase cérébrale. L'ensemble de la maladie est englobable dans un volume d'irradiation thoracique acceptable.

    Q2. Comment classez-vous cette maladie et quel traitement proposez-vous ?

  3. Étape 3 · Prescription

    Planification : la dosimétrie est acceptable. Le patient est éligible à un schéma intensif.

    Q3. Quelles doses prescrivez-vous ?

  4. Étape 4 · Toxicité

    En cours de traitement : neutropénie fébrile à 0,3 G/L au nadir du cycle 2, avec fièvre à 38,8 °C, sans foyer clinique.

    Q4. Quelle est votre conduite ?

  5. Étape 5 · Consolidation

    Fin de traitement : réponse partielle très marquée, pas de progression. IRM cérébrale de contrôle normale.

    Q5. Que proposez-vous ensuite ?

  6. Étape 6 · Suivi

    À 14 mois : le patient signale des troubles de la mémoire immédiate et une lenteur d'idéation, sans déficit focal. IRM : pas de lésion secondaire.

    Q6. Quelle est l'hypothèse la plus probable et quelle prévention existait ?

Synthèse du cas 1

Maladie limitée : TEP-TDM et IRM cérébrale systématiques, radiochimiothérapie concomitante précoce (45 Gy bi-quotidien ou 66 Gy quotidien + cisplatine-étoposide), G-CSF pour maintenir la dose-intensité, puis irradiation prophylactique cérébrale à 25 Gy en 10 fractions et durvalumab de consolidation (ADRIATIC), avec vigilance neurocognitive.

Cas 2

Maladie étendue d'emblée

Femme de 66 ans, tabagique. Altération de l'état général, dyspnée. Scanner : masse pulmonaire gauche de 70 mm, adénopathies médiastinales bilatérales, métastases hépatiques multiples et lésions osseuses. Biopsie hépatique : carcinome à petites cellules. OMS 2.

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  1. Étape 1 · Première ligne

    Q1. Quel traitement de première ligne ?

  2. Étape 2 · Doses

    Clairance de la créatinine : 52 mL/min. Audiogramme non réalisé.

    Q2. Quel sel de platine et quelles doses ?

  3. Étape 3 · Réponse

    Après 4 cycles : réponse partielle majeure (régression hépatique de 70 %), résidu thoracique de 25 mm. État général nettement amélioré (OMS 1).

    Q3. Quelle option complémentaire peut être discutée ?

  4. Étape 4 · Prophylaxie cérébrale

    Question posée : faut-il une irradiation prophylactique cérébrale dans cette maladie étendue en réponse ?

    Q4. Quelle est la position actuelle ?

  5. Étape 5 · Rechute

    À 4 mois de la fin de la chimiothérapie : progression hépatique et pulmonaire. OMS 1.

    Q5. Comment qualifiez-vous cette rechute et quelle option retenez-vous ?

  6. Étape 6 · Nouvelle option

    Décision : tarlatamab. La patiente est informée d'une hospitalisation prolongée lors des premières administrations.

    Q6. Pourquoi cette surveillance renforcée ?

Synthèse du cas 2

Maladie étendue : carboplatine-étoposide + anti-PD-L1 avec entretien (IMpower133, CASPIAN), consolidation thoracique 30 Gy en 10 fractions chez les répondeurs (CREST), irradiation cérébrale prophylactique discutée face à une surveillance IRM, classification des rechutes selon l'intervalle libre, tarlatamab avec surveillance du syndrome de relargage cytokinique.

Cas 3

Hyponatrémie révélatrice

Homme de 71 ans amené aux urgences pour confusion et une crise convulsive généralisée. Natrémie à 112 mmol/L. Pas de prise de diurétique. Examen : pas d'œdème, pas de pli cutané. Radiographie thoracique : opacité hilaire droite.

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  1. Étape 1 · Diagnostic biologique

    Q1. Quels examens confirment un SIADH ?

  2. Étape 2 · Urgence

    Confirmation : osmolalité plasmatique à 240 mOsm/kg, osmolalité urinaire à 520 mOsm/kg, natriurèse à 78 mmol/L. Le patient reste confus.

    Q2. Quelle correction proposez-vous ?

  3. Étape 3 · Diagnostic étiologique

    Suite : scanner thoracique confirmant une masse hilaire droite de 45 mm avec adénopathies médiastinales. Fibroscopie bronchique et biopsies réalisées.

    Q3. Quels marqueurs immunohistochimiques attendez-vous ?

  4. Étape 4 · Traitement

    Bilan : maladie étendue avec métastases surrénaliennes. Natrémie remontée à 128 mmol/L sous restriction hydrique.

    Q4. Quel est le meilleur traitement du SIADH dans ce contexte ?

  5. Étape 5 · Autres syndromes

    Trois mois plus tard : apparition d'une faiblesse musculaire proximale des membres inférieurs qui s'améliore paradoxalement à l'effort répété, avec sécheresse buccale et aréflexie.

    Q5. Quel diagnostic évoquez-vous ?

  6. Étape 6 · Pronostic

    Discussion avec la famille : ils souhaitent connaître les perspectives et l'intérêt d'un accompagnement.

    Q6. Quel message est le plus juste ?

Synthèse du cas 3

Syndromes paranéoplasiques : SIADH (le plus fréquent, correction lente sous peine de myélinolyse), Cushing par ACTH ectopique, Lambert-Eaton avec facilitation à l'effort. Le meilleur traitement du SIADH est le traitement antitumoral. Immunohistochimie neuroendocrine (chromogranine, synaptophysine, CD56, INSM1) et Ki-67 très élevé.

Cas 4

Syndrome cave supérieur inaugural

Homme de 58 ans consultant pour œdème du visage et du cou, turgescence jugulaire et circulation collatérale thoracique apparus en 10 jours, avec dyspnée de repos. Scanner : volumineuse masse médiastinale antérieure comprimant la veine cave supérieure.

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  1. Étape 1 · Première décision

    Q1. Quelle est votre première décision ?

  2. Étape 2 · Résultat

    Biopsie sous échoendoscopie : carcinome à petites cellules. Bilan : métastases hépatiques. Le patient reste très symptomatique.

    Q2. Quel traitement est le plus rapidement efficace ?

  3. Étape 3 · Complication métabolique

    Quarante-huit heures après le premier cycle : oligurie, kaliémie à 6,2 mmol/L, phosphorémie élevée, calcémie basse, uricémie à 720 µmol/L, créatinine doublée.

    Q3. Quel diagnostic et quelle prise en charge ?

  4. Étape 4 · Poursuite

    Après résolution : le syndrome cave a totalement régressé, la fonction rénale est revenue à la normale. Trois cycles supplémentaires sont administrés avec l'anti-PD-L1.

    Q4. Quelle est la durée classique de la chimiothérapie et la suite ?

  5. Étape 5 · Progression cérébrale

    À 7 mois : céphalées et hémiparésie droite. IRM : cinq lésions cérébrales dont une de 30 mm avec œdème péri-lésionnel important.

    Q5. Quelle prise en charge ?

  6. Étape 6 · Décision finale

    Deux mois plus tard : dégradation rapide, OMS 3, progression hépatique massive avec insuffisance hépatocellulaire débutante.

    Q6. Quelle attitude est la plus appropriée ?

Synthèse du cas 4

Syndrome cave supérieur : rarement une urgence absolue, obtenir une histologie avant de traiter. Chimiosensibilité majeure du carcinome à petites cellules exposant au syndrome de lyse tumorale (prévention par hydratation et hypo-uricémiant). Chimiothérapie limitée à 4 à 6 cycles puis entretien par anti-PD-L1. Irradiation encéphalique in toto pour les métastases cérébrales multiples.

Cas 5

Nodule périphérique de découverte fortuite

Femme de 64 ans, ancienne fumeuse. Scanner réalisé pour un bilan pré-opératoire orthopédique : nodule périphérique isolé de 18 mm du lobe supérieur gauche, sans adénopathie. TEP-TDM : hyperfixation isolée du nodule (SUVmax 11), pas d'autre foyer. IRM cérébrale normale.

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  1. Étape 1 · Stadification invasive

    Q1. Avant toute décision, quel examen complémentaire est indispensable ?

  2. Étape 2 · Chirurgie

    Résultat : échoendoscopie négative sur les stations 4R, 4L et 7. La biopsie du nodule confirme un carcinome à petites cellules. Le stade est cT1c cN0 cM0.

    Q2. Quelle prise en charge locale proposez-vous ?

  3. Étape 3 · Résultat anatomopathologique

    Pièce opératoire : carcinome à petites cellules de 19 mm, résection R0, mais 2 ganglions hilaires envahis sur 15 (pN1).

    Q3. Quelle conséquence pour le traitement adjuvant ?

  4. Étape 4 · Prophylaxie cérébrale

    Fin du traitement adjuvant : la patiente est en rémission complète, OMS 0.

    Q4. Une irradiation prophylactique cérébrale est-elle discutée ?

  5. Étape 5 · Suivi

    À 30 mois : aucun signe de rechute. La patiente demande combien de temps la surveillance doit se poursuivre.

    Q5. Quelle est la modalité de surveillance ?

  6. Étape 6 · Second événement

    À 4 ans : apparition d'un nodule pulmonaire controlatéral de 15 mm, spiculé. Biopsie : adénocarcinome, TTF-1 positif, sans marqueur neuroendocrine.

    Q6. Comment interprétez-vous cette lésion ?

Synthèse du cas 5

Forme localisée exceptionnelle : stadification médiastinale invasive obligatoire avant toute chirurgie, lobectomie avec curage puis chimiothérapie adjuvante, irradiation prophylactique cérébrale chez les répondeurs, surveillance prolongée du fait du risque de second cancer primitif chez ces patients tabagiques.

🃏 Flashcards — répétition espacée

Cliquez pour retourner la carte, puis auto-évaluez-vous (« À revoir » remet en boîte 1, « Acquis » avance d'une boîte).

Trois syndromes paranéoplasiques classiques du CBPC ?cliquer
SIADH (hyponatrémie), syndrome de Cushing par ACTH ectopique, syndrome de Lambert-Eaton.

Comment stadifie-t-on classiquement le CBPC ?cliquer
Classification binaire VALG : maladie limitée (un hémithorax, un champ d'irradiation) vs étendue, complétée par le TNM 8e éd.

Traitement de la maladie limitée + rôle de la PCI ?cliquer
Radiochimiothérapie concomitante cisplatine-étoposide + radiothérapie thoracique (bi-quotidienne, Turrisi), puis irradiation prophylactique cérébrale (PCI) chez les répondeurs.

Standard de 1re ligne de la maladie étendue ?cliquer
Chimio-immunothérapie : platine-étoposide + atézolizumab (IMpower133) ou durvalumab (CASPIAN), suivie d'un entretien par anti-PD-L1.

📚 Références & essais fondateurs

  1. IMpower133 — Horn L, et al. Atézolizumab + carboplatine-étoposide, CBPC étendu. N Engl J Med 2018. PMID 30280641
  2. CASPIAN — Paz-Ares L, et al. Durvalumab + platine-étoposide, CBPC étendu. Lancet 2019. PMID 31590988
  3. Turrisi — Turrisi AT, et al. Radiothérapie thoracique bi-quotidienne + cisplatine-étoposide, CBPC limité. N Engl J Med 1999. PMID 9920950
  4. PCI (EORTC) — Slotman B, et al. Irradiation prophylactique cérébrale, CBPC étendu. N Engl J Med 2007. PMID 17699816
  5. CONVERT — Faivre-Finn C, et al. Radiothérapie thoracique quotidienne vs bi-quotidienne, CBPC limité. Lancet Oncol 2017. PMID 28642008
  6. ADRIATIC — Cheng Y, et al. Durvalumab en consolidation, CBPC limité après radiochimiothérapie. N Engl J Med 2024. PMID 39268857
  7. Référentiels ESMO et NCCN Small Cell Lung Cancer (versions à jour) — recommandations de pratique clinique.