Poumon — CBNPC (cancer bronchique non à petites cellules)

Représente ~85 % des cancers bronchiques. La prise en charge repose désormais sur un profil biomoléculaire exhaustif et le statut PD-L1, qui orientent thérapies ciblées et immunothérapie, en complément de la chirurgie et de la radiochimiothérapie selon le stade TNM.

Thoracique Adénocarcinome Épidermoïde EGFR / ALK PD-L1

📊 Épidémiologie & facteurs de risque

Le cancer bronchique est la première cause de mortalité par cancer dans le monde. Le CBNPC représente environ 85 % de l'ensemble des cancers bronchiques, l'adénocarcinome étant aujourd'hui le sous-type le plus fréquent (y compris chez les non-fumeurs). L'âge médian au diagnostic se situe autour de 70 ans.

Facteurs de risque

  • Tabac : facteur de risque principal (≈ 80–90 % des cas), effet dose-durée. Le tabagisme passif majore aussi le risque. Le sevrage réduit le risque au fil des années.
  • Expositions professionnelles / environnementales : amiante (synergie avec le tabac), radon, silice, arsenic, chrome, nickel, hydrocarbures aromatiques polycycliques, pollution atmosphérique.
  • Cancers du non-fumeur : plus souvent des adénocarcinomes portant des altérations oncogéniques ciblables (EGFR, ALK), avec une prépondérance féminine et asiatique.
  • Antécédent de BPCO, fibrose pulmonaire, irradiation thoracique.
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Un dépistage par TDM thoracique faible dose est recommandé chez les fumeurs / anciens fumeurs à haut risque (essais NLST et NELSON), car il réduit la mortalité spécifique en déplaçant le diagnostic vers des stades opérables.

🧬 Anatomopathologie & biologie moléculaire

Les deux grands types histologiques sont l'adénocarcinome (périphérique, TTF-1+, marqueurs glandulaires) et le carcinome épidermoïde (central, lié au tabac, p40/p63+, CK5/6+). Le carcinome à grandes cellules et les formes indifférenciées sont plus rares. La distinction histologique conditionne aussi la sécurité de certains traitements (ex. risque hémorragique du bévacizumab et du pémétrexed contre-indiqué dans l'épidermoïde).

Biomarqueurs à rechercher (adénocarcinome +++)

AltérationFréquence approx.Thérapie ciblée type
EGFR (del19, L858R)10–15 % (occidentaux)Osimertinib
ALK (fusion)3–5 %Alectinib, lorlatinib, brigatinib
ROS1 (fusion)1–2 %Crizotinib, entrectinib, répotrectinib
BRAF V600E~2 %Dabrafénib + tramétinib
KRAS G12C~13 %Sotorasib, adagrasib
MET exon 14~3 %Capmatinib, tépotinib
RET (fusion)1–2 %Selpercatinib, pralsétinib
NTRK (fusion)<1 %Larotrectinib, entrectinib

PD-L1 (IHC, score TPS) : biomarqueur clé de l'immunothérapie. Un TPS ≥ 50 % autorise une immunothérapie en monothérapie de 1re ligne dans la maladie métastatique sans altération oncogénique ciblable.

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Le profilage moléculaire complet (idéalement par NGS large) est indispensable avant toute décision thérapeutique en situation avancée : une altération ciblable (EGFR, ALK…) prime sur l'immunothérapie, souvent peu efficace et parfois toxique dans ces sous-groupes.

🩺 Présentation clinique & diagnostic

Symptômes fréquents : toux persistante, hémoptysie, dyspnée, douleur thoracique, infections respiratoires récidivantes, altération de l'état général. Signes d'extension : syndrome cave supérieur, dysphonie (paralysie récurrentielle), syndrome de Pancoast-Tobias (apex + Claude-Bernard-Horner + douleur brachiale), épanchement pleural. Symptômes des métastases (os, cerveau, foie, surrénales) parfois révélateurs.

Démarche diagnostique

  • Imagerie : TDM thoracique injectée ; caractérisation de la tumeur et des adénopathies médiastinales.
  • Preuve histologique : fibroscopie bronchique + biopsies (tumeurs centrales), ponction transpariétale scanno-guidée (tumeurs périphériques), ou biopsie d'un site métastatique accessible.
  • Exploration médiastinale : écho-endoscopie bronchique (EBUS-TBNA) pour le staging ganglionnaire, référence mini-invasive avant chirurgie.
  • Biologie moléculaire + PD-L1 systématiques sur le matériel (adénocarcinome et non-fumeur en priorité).

📐 Bilan d'extension & stadification

Stadification TNM (AJCC/UICC 8e édition). Le bilan comprend une TEP-TDM au 18F-FDG corps entier et une IRM cérébrale (ou TDM cérébrale injectée) pour rechercher des métastases occultes.

CatégorieDéfinition (synthèse 8e éd.)
T1≤ 3 cm (T1a ≤1, T1b >1–2, T1c >2–3 cm)
T2> 3 et ≤ 5 cm, ou atteinte bronche souche/plèvre viscérale/atélectasie
T3> 5 et ≤ 7 cm, ou nodule même lobe, ou paroi/nerf phrénique/péricarde
T4> 7 cm, ou médiastin/cœur/gros vaisseaux/carène/nodule autre lobe homolatéral
N1–N3Hilaire homolatéral → médiastinal homolatéral → controlatéral / sus-claviculaire
M1M1a (intrathoracique/pleural), M1b (métastase unique extrathoracique), M1c (multiples)

On distingue schématiquement les stades localisés (I-II) — chirurgie, les stades localement avancés (III) — approche multimodale, et la maladie métastatique (IV) — traitement systémique.

💊 Prise en charge par stade & situation

Stades I-II résécables

Traitement de référence : chirurgie — lobectomie avec curage ganglionnaire médiastinal (segmentectomie possible pour certaines petites tumeurs périphériques). La radiothérapie stéréotaxique (SBRT) est une alternative pour les patients non opérables : 54 Gy en 3 fractions de 18 Gy pour une lésion périphérique (BED10 ≥ 100 Gy), 50 à 60 Gy en 5 à 8 fractions si la lésion est centrale. En périopératoire :

  • Osimertinib 80 mg/j PO pendant 3 ans en adjuvant si mutation EGFR (del19/L858R), stades IB-IIIA réséqués (essai ADAURA).
  • Atézolizumab 1 200 mg IV toutes les 3 semaines, 16 cycles, en adjuvant après chimiothérapie (cisplatine 80 mg/m² + vinorelbine 25–30 mg/m², 4 cycles), stades II-IIIA PD-L1 ≥ 1 % (essai IMpower010).
  • Chimio-immunothérapie néo-adjuvante (nivolumab 360 mg + doublet de platine toutes les 3 semaines, 3 cycles) pour les stades résécables, améliorant la réponse pathologique complète et la survie sans événement (essai CheckMate 816). Les schémas périopératoires (néo-adjuvant + adjuvant) se développent.

Stade III non résécable

Radiochimiothérapie concomitante60 Gy en 30 fractions de 2 Gy avec cisplatine-étoposide (50 mg/m² chacun, J1–J5 et J29–J33) ou carboplatine AUC 2 – paclitaxel 45–50 mg/m² hebdomadaire — suivie de durvalumab 10 mg/kg toutes les 2 semaines (ou 1 500 mg toutes les 4 semaines) pendant 12 mois chez les patients sans progression (essai PACIFIC) — standard qui a transformé le pronostic de ce stade.

Maladie métastatique (stade IV)

  • Altération oncogénique ciblable : thérapie ciblée orale en 1re ligne — osimertinib 80 mg/j si EGFR (essai FLAURA), alectinib 600 mg × 2/j ou lorlatinib 100 mg/j si ALK, sotorasib 960 mg/j si KRAS G12C, etc. — à privilégier sur l'immunothérapie quel que soit le PD-L1.
  • Sans altération ciblable, PD-L1 ≥ 50 % : immunothérapie en monothérapie possible (pembrolizumab 200 mg toutes les 3 semaines ou 400 mg toutes les 6 semaines — essai KEYNOTE-024), ou chimio-immunothérapie.
  • Sans altération ciblable, PD-L1 < 50 % : chimio-immunothérapie — pembrolizumab 200 mg + cisplatine 75 mg/m² (ou carboplatine AUC 5) + pémétrexed 500 mg/m² toutes les 3 semaines dans le non-épidermoïde (essai KEYNOTE-189), carboplatine AUC 6 + paclitaxel 200 mg/m² dans l'épidermoïde (KEYNOTE-407).
  • Prise en charge des sites oligométastatiques (traitement local), des métastases cérébrales, et soins de support intégrés.

💉 Doses & protocoles

⚠️

Support pédagogique. Posologies issues des essais pivots et des référentiels ESMO/NCCN. Vérifier systématiquement la prescription, les adaptations (clairance de la créatinine, fonction hépatique, âge, surface corporelle, toxicités) et les interactions avant toute application clinique.

Chimiothérapie

SituationMoléculeDoseVoie / rythmeDurée
Non épidermoïde — doublet de platine
Cisplatine-pémétrexedCisplatine75 mg/m²IV, J1 toutes les 3 sem4 à 6 cycles
Cisplatine-pémétrexedPémétrexed500 mg/m²IV, J1 toutes les 3 sempuis entretien
Épidermoïde — doublet de platine
Carbo-paclitaxelCarboplatineAUC 5–6IV, J1 toutes les 3 sem4 cycles
Carbo-paclitaxelPaclitaxel175–200 mg/m²IV, J1 toutes les 3 sem4 cycles
Variantenab-Paclitaxel100 mg/m²IV, J1, J8, J15 toutes les 3 sem4 cycles
Adjuvant et concomitant à la radiothérapie
AdjuvantCisplatine + vinorelbine80 mg/m² + 25–30 mg/m²IV, J1 (+ vinorelbine J1 et J8) toutes les 3 sem4 cycles
ConcomitantCisplatine + étoposide50 mg/m² + 50 mg/m²IV, J1–J5 et J29–J332 cycles
Concomitant (variante)Carboplatine + paclitaxelAUC 2 + 45–50 mg/m²IV, hebdomadairedurée de l'irradiation

Le pémétrexed impose une supplémentation en acide folique (350–1 000 µg/j) et vitamine B12 (1 000 µg IM toutes les 9 semaines) débutée une semaine avant, et il est contre-indiqué si la clairance est inférieure à 45 mL/min. Le cisplatine nécessite une hyperhydratation et une surveillance rénale et auditive ; il est remplacé par le carboplatine (formule de Calvert : AUC × [DFG + 25]) si la clairance est insuffisante.

Immunothérapie

MoléculeCibleDoseRythmeSituation · essai
PembrolizumabAnti-PD-1200 mg (ou 400 mg)IV toutes les 3 sem (ou 6 sem)1re ligne · KEYNOTE-024 / 189 / 407
NivolumabAnti-PD-1360 mgIV toutes les 3 sem (+ chimio × 3)Néo-adjuvant · CheckMate 816
IpilimumabAnti-CTLA-41 mg/kgIV toutes les 6 sem+ nivolumab · CheckMate 9LA
AtézolizumabAnti-PD-L11 200 mgIV toutes les 3 semAdjuvant, 16 cycles · IMpower010
DurvalumabAnti-PD-L110 mg/kg (ou 1 500 mg)IV toutes les 2 sem (ou 4 sem)Consolidation 12 mois · PACIFIC
CémiplimabAnti-PD-1350 mgIV toutes les 3 semPD-L1 ≥ 50 % · EMPOWER-Lung 1

Toxicités immuno-induites à connaître : pneumopathie (la plus redoutée dans cette localisation, surtout après irradiation thoracique), colite, hépatite, dysthyroïdie, insuffisance surrénalienne, myocardite. Toute atteinte de grade ≥ 2 impose la suspension et une corticothérapie (1 à 2 mg/kg/j de prednisone) ; les grades 3-4 conduisent le plus souvent à l'arrêt définitif, sauf pour les endocrinopathies substituables.

Thérapies ciblées orales

AltérationMoléculeDoseRythmeRepère
EGFR del19 / L858ROsimertinib80 mg/jPO, continuFLAURA ; 3 ans en adjuvant (ADAURA)
EGFR (1re/2e génération)Géfitinib / erlotinib / afatinib250 mg/j · 150 mg/j · 40 mg/jPO, continualternatives
EGFR insertion exon 20Amivantamab1 050 mg (1 400 mg si ≥ 80 kg)IV hebdomadaire puis toutes les 2 semPAPILLON
ALKAlectinib600 mg × 2/jPO, continuALEX
ALKLorlatinib / brigatinib100 mg/j · 90 mg/j puis 180 mg/jPO, continuCROWN · ALTA-1L
ROS1Crizotinib / entrectinib250 mg × 2/j · 600 mg/jPO, continuentrectinib actif sur le SNC
BRAF V600EDabrafénib + tramétinib150 mg × 2/j + 2 mg/jPO, continudoublet ciblé
KRAS G12CSotorasib / adagrasib960 mg/j · 600 mg × 2/jPO, continuCodeBreaK 200
MET exon 14Capmatinib / tépotinib400 mg × 2/j · 500 mg/jPO, continuGEOMETRY · VISION
RETSélpercatinib / pralsétinib160 mg × 2/j · 400 mg/jPO, continuLIBRETTO · ARROW
NTRKLarotrectinib100 mg × 2/jPO, continuagnostique de l'organe
HER2 mutéTrastuzumab déruxtécan5,4 mg/kgIV toutes les 3 semDESTINY-Lung02

Surveillance : allongement du QT (osimertinib, crizotinib, sélpercatinib), pneumopathie interstitielle (osimertinib, trastuzumab déruxtécan), hypercholestérolémie et troubles cognitifs (lorlatinib), toxicité hépatique (alectinib, pralsétinib), éruption acnéiforme et diarrhée (inhibiteurs d'EGFR de 1re et 2e génération).

Radiothérapie

IndicationDose totaleFractionnementPrécisions
Stade I inopérable — SBRT périphérique54 Gy3 fractions de 18 GyBED10 ≥ 100 Gy ; alternative 48–50 Gy en 4 à 5 fractions
Stade I — SBRT centrale ou ultra-centrale50–60 Gy5 à 8 fractionsSchémas allongés pour protéger l'arbre bronchique
Stade III non résécable — radiochimiothérapie60 Gy30 fractions de 2 Gy (6 semaines)Concomitant, suivi de durvalumab · PACIFIC
Post-opératoire (PORT)50–54 Gy25 à 27 fractionsNon systématique si pN2 (essai Lung ART négatif) ; réservée aux marges envahies
Palliative thoracique20 Gy ou 30 Gy5 fractions ou 10 fractions (ou 17 Gy en 2 fractions)Hémoptysie, douleur, syndrome cave
Métastases cérébrales — radiochirurgie18–24 Gy1 fraction (selon le diamètre)Jusqu'à 4 à 10 lésions
Encéphale in toto30 Gy10 fractionsÉpargne hippocampique + mémantine
Oligométastases24–54 Gy1 à 8 fractions selon le siteSABR-COMET

Contraintes principales : poumons (moins le GTV) V20 < 35 % et dose moyenne < 20 Gy, moelle Dmax < 45–50 Gy, œsophage V60 < 17 %, cœur dose moyenne < 20 Gy et V40 < 80 %, plexus brachial Dmax < 66 Gy. En SBRT, l'arbre bronchique proximal et les gros vaisseaux imposent des schémas plus étalés (risque d'hémorragie fatale).

Points clés à retenir

  • Le tabac reste la cause dominante ; l'adénocarcinome prédomine, y compris chez le non-fumeur porteur d'altérations ciblables.
  • Profilage moléculaire complet + PD-L1 obligatoires en situation avancée : une cible (EGFR, ALK, ROS1, KRAS G12C…) prime sur l'immunothérapie.
  • Stades I-II : chirurgie (lobectomie + curage) ; osimertinib adjuvant si EGFR (ADAURA), atézolizumab si PD-L1+ (IMpower010).
  • Chimio-immunothérapie néo-adjuvante (CheckMate 816) pour les résécables ; stade III non résécable = radiochimio + durvalumab (PACIFIC).
  • Métastatique sans cible : chimio-immunothérapie (KEYNOTE-189) ou pembrolizumab seul si PD-L1 ≥ 50 % (KEYNOTE-024).

QCM — 10 questions

Q1. Un patient présente un adénocarcinome bronchique de stade IIIA réséqué avec mutation EGFR del19. Quel traitement adjuvant est validé ?

Q2. Stade III non résécable, patient en bon état général, sans altération ciblable. Après radiochimiothérapie concomitante sans progression, quelle stratégie ?

Q3. Adénocarcinome métastatique, PD-L1 à 60 %, aucune altération oncogénique ciblable. Quelle option de 1re ligne est directement soutenue par KEYNOTE-024 ?

Q4. Après radiochimiothérapie concomitante d'un stade III non résécable, sans progression au bilan de réévaluation, que proposez-vous ?

Q5. Quelle est la modalité de l'osimertinib adjuvant selon l'essai ADAURA ?

Q6. Patient de 78 ans, BPCO sévère (VEMS 38 %), nodule périphérique de 22 mm, TEP-TDM cN0 M0. Chirurgie récusée. Quel traitement proposez-vous ?

Q7. Adénocarcinome métastatique avec délétion de l'exon 19 d'EGFR et PD-L1 à 80 %. Quelle première ligne ?

Q8. Sous pembrolizumab, apparition d'une dyspnée avec infiltrats en verre dépoli bilatéraux, sans fièvre ni germe identifié. Quelle conduite ?

Q9. Progression après chimio-immunothérapie chez un patient dont la tumeur porte une mutation KRAS G12C. Quelle option ciblée existe ?

Q10. Lors de la planification d'une radiochimiothérapie thoracique à 60 Gy, quelle contrainte pulmonaire est classiquement retenue ?

🩺 Cas cliniques progressifs

Cinq situations cliniques déroulées étape par étape. Chaque réponse débloque l'étape suivante, qui apporte de nouvelles données (bilan, biologie moléculaire, évolution). Répondez avant de poursuivre.

Cas 1

Nodule pulmonaire chez un patient inopérable

Homme de 76 ans, tabagique sevré (50 paquets-années), BPCO stade GOLD 3 (VEMS 40 %). Scanner : nodule spiculé de 21 mm du lobe supérieur droit, périphérique. Pas d'adénopathie médiastinale.

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  1. Étape 1 · Bilan

    Q1. Quel examen est indispensable avant toute décision thérapeutique ?

  2. Étape 2 · Stadification

    Résultats : hyperfixation du nodule (SUVmax 8,4), aucune fixation médiastinale ni à distance. IRM cérébrale normale. Le stade est cT1c cN0 cM0, soit stade IA3. La chirurgie est récusée par les explorations fonctionnelles et l'avis d'anesthésie.

    Q2. Quel traitement local proposez-vous ?

  3. Étape 3 · Preuve histologique

    Difficulté : la biopsie transthoracique est jugée à risque élevé de pneumothorax compte tenu de l'emphysème sévère.

    Q3. Peut-on traiter sans preuve histologique ?

  4. Étape 4 · Après traitement

    Six mois après la SBRT : apparition d'une opacité en bande au contact de la zone traitée, asymptomatique, sans syndrome inflammatoire.

    Q4. Quelle est votre interprétation ?

  5. Étape 5 · Évolution

    À 26 mois : apparition d'une adénopathie hilaire droite de 18 mm hyperfixante (SUVmax 9). Biopsie sous échoendoscopie bronchique : adénocarcinome. Pas d'autre site.

    Q5. Quel bilan moléculaire demandez-vous ?

  6. Étape 6 · Décision

    Résultats : aucune altération ciblable, PD-L1 à 65 %. État général OMS 1, fonction respiratoire limitée. La maladie reste localisée au hile droit.

    Q6. Quelle stratégie retenez-vous ?

Synthèse du cas 1

Stade I inopérable : TEP-TDM et IRM cérébrale, SBRT à BED10 ≥ 100 Gy, tolérance d'une abstention histologique dans des cas très sélectionnés, distinction entre fibrose post-radique et récidive, panel moléculaire large à la rechute quel que soit l'âge.

Cas 2

Stade III non résécable

Femme de 61 ans, tabagique active. Carcinome épidermoïde du lobe supérieur gauche de 55 mm avec adénopathies médiastinales homolatérales (station 4L et 7) prouvées par échoendoscopie. Pas de métastase. Stade IIIB (cT3 cN2 M0). OMS 1, perte de poids de 4 kg.

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  1. Étape 1 · Stratégie

    Q1. Quel traitement de référence proposez-vous ?

  2. Étape 2 · Prescription

    Planification : la dosimétrie est acceptable (V20 pulmonaire à 29 %, dose moyenne 16 Gy, moelle Dmax 43 Gy).

    Q2. Quelle prescription retenez-vous ?

  3. Étape 3 · Toxicité aiguë

    À la quatrième semaine : odynophagie importante limitant l'alimentation solide, perte de 3 kg supplémentaires.

    Q3. Quelle est la cause la plus probable et la conduite ?

  4. Étape 4 · Consolidation

    Réévaluation à 4 semaines de la fin : réponse partielle, pas de progression. PD-L1 tumoral à 15 %.

    Q4. Quelle est la suite du traitement et sa durée ?

  5. Étape 5 · Complication tardive

    Au troisième mois de durvalumab : toux et dyspnée d'aggravation progressive, SpO₂ 93 %. Scanner : verre dépoli débordant largement le volume irradié, atteignant le poumon controlatéral.

    Q5. Quelle est votre hypothèse principale ?

  6. Étape 6 · Suivi

    Après résolution : le durvalumab est définitivement arrêté (grade 3). La patiente est en réponse partielle stable et souhaite connaître les modalités de surveillance.

    Q6. Quelle surveillance proposez-vous et quelle mesure associée est prioritaire ?

Synthèse du cas 2

Stade III non résécable : radiochimiothérapie concomitante à 60 Gy en 30 fractions (pas d'escalade au-delà, RTOG 0617), gestion de l'œsophagite sans interruption, durvalumab en consolidation 12 mois (PACIFIC), vigilance sur la pneumopathie immuno-induite majorée par l'irradiation, sevrage tabagique intégré au suivi.

Cas 3

Adénocarcinome EGFR muté métastatique

Femme de 54 ans, non fumeuse, d'origine asiatique. Dyspnée et douleur thoracique. Scanner : masse du lobe inférieur droit de 40 mm, épanchement pleural, multiples nodules pulmonaires bilatéraux, lésions osseuses. Biopsie : adénocarcinome, TTF-1 positif.

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  1. Étape 1 · Biologie moléculaire

    Q1. Quel profil moléculaire suspectez-vous en priorité dans ce contexte ?

  2. Étape 2 · Première ligne

    Résultat : délétion de l'exon 19 d'EGFR. PD-L1 à 45 %. IRM cérébrale : deux lésions infracentimétriques asymptomatiques.

    Q2. Quel traitement de première ligne ?

  3. Étape 3 · Métastases osseuses

    Complément : lésions lytiques costales et du bassin, douloureuses, sans risque fracturaire immédiat.

    Q3. Quelles mesures spécifiques ajoutez-vous ?

  4. Étape 4 · Toxicité

    Après 6 semaines : éruption acnéiforme du visage et du tronc de grade 2, paronychie modérée, diarrhée occasionnelle.

    Q4. Quelle conduite ?

  5. Étape 5 · Progression

    Après 20 mois : progression pulmonaire et hépatique. Rebiopsie hépatique : adénocarcinome persistant, sans transformation histologique. Séquençage : amplification de MET.

    Q5. Pourquoi la rebiopsie était-elle indispensable ?

  6. Étape 6 · Ligne suivante

    Décision : après discussion, un traitement de deuxième ligne est retenu. L'état général reste bon (OMS 1).

    Q6. Quelle option est la plus classique en l'absence d'essai clinique disponible ?

Synthèse du cas 3

EGFR muté métastatique : osimertinib 80 mg/j en première ligne (FLAURA), bonne pénétration cérébrale permettant de différer l'irradiation, agents osseux systématiques si métastases osseuses, toxicité cutanée gérée sans réduire la dose, rebiopsie obligatoire à la progression (amplification de MET, C797S, transformation en carcinome à petites cellules).

Cas 4

Carcinome épidermoïde métastatique PD-L1 fort

Homme de 68 ans, tabagique actif (60 paquets-années), OMS 1. Carcinome épidermoïde du lobe supérieur droit avec métastases surrénaliennes bilatérales et osseuses. Aucune altération ciblable, PD-L1 à 70 %. Antécédent de polyarthrite rhumatoïde en rémission sans traitement depuis 3 ans.

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  1. Étape 1 · Première ligne

    Q1. Quelle première ligne proposez-vous ?

  2. Étape 2 · Terrain auto-immun

    Question soulevée en réunion : l'antécédent de polyarthrite rhumatoïde contre-indique-t-il l'immunothérapie ?

    Q2. Quelle est votre position ?

  3. Étape 3 · Première réévaluation

    Scanner à 8 semaines : augmentation de 20 % de la masse pulmonaire et apparition d'un petit nodule, mais le patient va nettement mieux (disparition des douleurs, reprise de 3 kg).

    Q3. Comment interprétez-vous cette situation ?

  4. Étape 4 · Toxicité

    Au sixième mois : diarrhée à 7 selles par jour avec douleurs abdominales, sans fièvre. Coproculture et recherche de Clostridioides difficile négatives.

    Q4. Quelle est votre conduite ?

  5. Étape 5 · Suite

    Après résolution : le patient reste en réponse partielle. La colite a régressé complètement en 4 semaines sous corticothérapie dégressive.

    Q5. Peut-on reprendre le pembrolizumab ?

  6. Étape 6 · Évolution

    Un an plus tard : progression osseuse isolée avec douleur rachidienne dorsale mécanique, sans déficit neurologique. Le reste de la maladie est contrôlé.

    Q6. Quelle stratégie privilégiez-vous ?

Synthèse du cas 4

Épidermoïde PD-L1 ≥ 50 % : pembrolizumab en monothérapie, maladie auto-immune contrôlée non contre-indicatrice, critères iRECIST devant une pseudo-progression, colite de grade 3 traitée par corticoïdes puis infliximab si résistance, traitement local des progressions osseuses symptomatiques.

Cas 5

Stade résécable et stratégie péri-opératoire

Homme de 63 ans, ancien fumeur, OMS 0. Adénocarcinome du lobe inférieur gauche de 45 mm avec une adénopathie hilaire (station 10) fixante. Échoendoscopie médiastinale négative. Stade cT2b cN1 M0 (stade IIB). Pas d'altération ciblable, PD-L1 à 30 %.

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  1. Étape 1 · Stratégie

    Q1. Quelle option péri-opératoire est validée dans cette situation ?

  2. Étape 2 · Chirurgie

    Après 3 cycles : réponse partielle nette. Le bilan fonctionnel autorise une lobectomie.

    Q2. Quel geste chirurgical et quel curage sont attendus ?

  3. Étape 3 · Anatomopathologie

    Pièce opératoire : résidu tumoral viable de 15 % du lit tumoral, 1 ganglion hilaire envahi sur 14 prélevés (ypT1b ypN1), résection R0.

    Q3. Que signifie la « réponse pathologique majeure » et quelle est sa valeur ?

  4. Étape 4 · Radiothérapie post-opératoire

    Question : l'atteinte ganglionnaire hilaire justifie-t-elle une irradiation post-opératoire ?

    Q4. Quelle est la position actuelle ?

  5. Étape 5 · Traitement adjuvant

    Suites simples. Le patient récupère bien, OMS 0 à 6 semaines.

    Q5. Quel traitement adjuvant discutez-vous ?

  6. Étape 6 · Surveillance

    À 18 mois : le patient est asymptomatique et demande si un dépistage particulier doit être poursuivi, d'autant qu'il a repris le tabac occasionnellement.

    Q6. Quel message et quel suivi ?

Synthèse du cas 5

Stade résécable : chimio-immunothérapie néo-adjuvante (CheckMate 816), lobectomie avec curage médiastinal d'au moins 3 stations, réponse pathologique majeure définie par ≤ 10 % de résidu viable, radiothérapie post-opératoire abandonnée en routine après Lung ART, surveillance scanographique prolongée et sevrage tabagique.

🃏 Flashcards — répétition espacée

Cliquez pour retourner la carte, puis auto-évaluez-vous (« À revoir » remet en boîte 1, « Acquis » avance d'une boîte).

Quelles altérations moléculaires rechercher en priorité dans un adénocarcinome bronchique ?cliquer
EGFR, ALK, ROS1, BRAF V600E, KRAS G12C, MET exon 14, RET, NTRK — plus le statut PD-L1 (TPS).

Traitement adjuvant si CBNPC EGFR-muté réséqué (stade IB-IIIA) ?cliquer
Osimertinib adjuvant 3 ans (essai ADAURA), après chirurgie ± chimiothérapie.

Standard du stade III non résécable après radiochimiothérapie ?cliquer
Durvalumab en consolidation 1 an chez les patients sans progression (essai PACIFIC).

1re ligne métastatique non-épidermoïde sans cible, PD-L1 < 50 % ?cliquer
Chimio-immunothérapie : pembrolizumab + platine + pémétrexed (essai KEYNOTE-189).

📚 Références & essais fondateurs

  1. ADAURA — Wu YL, et al. Osimertinib in resected EGFR-mutated NSCLC. N Engl J Med 2020. PMID 32955177
  2. IMpower010 — Felip E, et al. Atézolizumab adjuvant après chimiothérapie, CBNPC réséqué. Lancet 2021. PMID 34555333
  3. CheckMate 816 — Forde PM, et al. Nivolumab + chimiothérapie néo-adjuvante, CBNPC résécable. N Engl J Med 2022. PMID 35403841
  4. PACIFIC — Antonia SJ, et al. Durvalumab après radiochimiothérapie, stade III. N Engl J Med 2017. PMID 28885881
  5. KEYNOTE-189 — Gandhi L, et al. Pembrolizumab + chimiothérapie, CBNPC non-épidermoïde métastatique. N Engl J Med 2018. PMID 29658856
  6. KEYNOTE-024 — Reck M, et al. Pembrolizumab 1re ligne, PD-L1 ≥ 50 %. N Engl J Med 2016. PMID 27718847
  7. FLAURA — Soria JC, et al. Osimertinib 1re ligne, CBNPC EGFR-muté. N Engl J Med 2018. PMID 29151359
  8. Référentiels ESMO et NCCN NSCLC (versions à jour) — recommandations de pratique clinique.