Cancer du sein

Cancer le plus fréquent chez la femme. Prise en charge dictée par les sous-types moléculaires (récepteurs hormonaux, HER2) et le stade. Approche multidisciplinaire : chirurgie, radiothérapie, hormonothérapie, chimiothérapie, anti-HER2 et immunothérapie.

Sénologie Luminal A/B HER2+ Triple négatif BRCA

📊 Épidémiologie & facteurs de risque

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme (environ 1 femme sur 8 au cours de la vie dans les pays occidentaux) et la première cause de mortalité par cancer chez la femme dans le monde. L'incidence augmente avec l'âge ; l'âge médian au diagnostic se situe autour de 63 ans. Moins de 1 % des cas surviennent chez l'homme.

Facteurs de risque

  • Hormonaux / reproductifs : puberté précoce, ménopause tardive, nulliparité ou première grossesse tardive, absence d'allaitement, traitement hormonal substitutif combiné, contraception œstroprogestative (effet modeste).
  • Génétiques : mutations BRCA1 et BRCA2 (risque cumulé 60–70 %), PALB2, TP53 (Li-Fraumeni), PTEN (Cowden), CDH1 (carcinome lobulaire). Antécédents familiaux au 1er degré.
  • Densité mammaire élevée, antécédent d'hyperplasie atypique ou de carcinome in situ, irradiation thoracique (lymphome dans l'enfance).
  • Mode de vie : alcool, surpoids/obésité post-ménopausique, sédentarité.
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Une consultation d'oncogénétique est indiquée devant un cancer avant 40–50 ans, un cancer triple négatif avant 60 ans, des antécédents familiaux évocateurs, un cancer bilatéral, ou une origine ashkénaze — car le statut BRCA conditionne chirurgie prophylactique, inhibiteurs de PARP et dépistage familial.

🧬 Anatomopathologie & biologie moléculaire

Plus de 80 % sont des carcinomes canalaires (non spécifiques / NST), ~10 % des carcinomes lobulaires infiltrants (perte de E-cadhérine, croissance en file indienne, difficulté d'imagerie, tropisme métastatique particulier : péritoine, os, tube digestif). Grade histopronostique de Scarff-Bloom-Richardson (Elston-Ellis).

Marqueurs déterminants (IHC)

Sous-typeRHHER2Ki-67Traitement dominant
Luminal ARE+ / RP+ fortnégatifbasHormonothérapie
Luminal BRE+±élevéHormonothérapie ± chimio ± anti-HER2
HER2 enrichinégatifsurexprimé/amplifiéélevéChimio + double blocage HER2
Triple négatifnégatifnégatifélevéChimio ± immunothérapie ± PARP

HER2 : IHC 0/1+ négatif, 3+ positif, 2+ → FISH. La catégorie émergente « HER2-low » (IHC 1+ ou 2+/FISH−) ouvre l'accès au trastuzumab déruxtécan en situation métastatique.

Signatures génomiques (Oncotype DX — score de récidive, MammaPrint) : aide à la décision de chimiothérapie adjuvante dans les cancers RH+/HER2− sans envahissement ganglionnaire ou pN1 limité.

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L'essai TAILORx a montré que la majorité des femmes RH+/HER2−/pN0 avec un score Oncotype 11–25 ne tirent pas de bénéfice de la chimiothérapie ajoutée à l'hormonothérapie (bénéfice possible chez les <50 ans avec score 16–25).

🩺 Présentation clinique & diagnostic

Découverte le plus souvent par dépistage mammographique (asymptomatique) ou par nodule palpable dur, irrégulier, fixé. Signes d'alerte : rétraction cutanée ou mamelonnaire, écoulement uni-pore sanglant, « peau d'orange » (inflammatoire), adénopathie axillaire. La maladie de Paget du mamelon (eczéma unilatéral) traduit un carcinome sous-jacent.

Triple diagnostic (« triple test »)

  • Clinique : examen bilatéral des seins et des aires ganglionnaires.
  • Imagerie : mammographie + échographie (± IRM mammaire si sein dense, carcinome lobulaire, statut BRCA, discordance). Classification ACR / BI-RADS.
  • Histologie : microbiopsie percutanée (jamais cytoponction seule pour une lésion suspecte) avec détermination RE, RP, HER2, Ki-67 sur la pièce.

📐 Bilan d'extension & stadification

Stadification TNM (AJCC 8e édition), désormais couplée à un stade pronostique intégrant grade, RE, RP, HER2 et signatures génomiques.

CatégorieDéfinition (synthèse)
TisCarcinome in situ (CCIS) / Paget sans tumeur invasive
T1≤ 20 mm (T1mi ≤ 1 mm)
T2> 20 et ≤ 50 mm
T3> 50 mm
T4Extension paroi (T4a), peau/œdème/ulcération (T4b), les deux (T4c), inflammatoire (T4d)
N1–N3Axillaires mobiles → fixes / mammaires internes / sus- ou sous-claviculaires
M1Métastases à distance (os, foie, poumon, cerveau)

Bilan d'extension réservé aux stades localement avancés / cliniquement N+ ou symptomatiques : TDM thoraco-abdomino-pelvien + scintigraphie osseuse, ou TEP-TDM au 18F-FDG. Pas de bilan systématique dans les petits stades précoces asymptomatiques.

💊 Prise en charge par stade & situation

Chirurgie

Traitement conservateur (tumorectomie + radiothérapie) chaque fois que possible, sinon mastectomie (± reconstruction). Évaluation axillaire par ganglion sentinelle ; le curage axillaire est de plus en plus limité (essais ACOSOG Z0011, SENOMAC) même en cas de faible atteinte sentinelle chez des patientes conservatrices.

Radiothérapie

Systématique après traitement conservateur : 40,05 Gy en 15 fractions de 2,67 Gy sur 3 semaines (hypofractionnement devenu standard), ou 26 Gy en 5 fractions (FAST-Forward), avec surimpression du lit tumoral de 10 à 16 Gy en cas de facteurs de risque. Après mastectomie si T3-T4, N+ ou marges limites : 40,05 Gy en 15 fractions (ou 50 Gy en 25 fractions) sur la paroi. Irradiation ganglionnaire selon l'atteinte, aux mêmes doses. Contraintes : cœur Dmoyenne < 4 Gy, poumon homolatéral V20 < 30 %.

Traitement systémique selon le sous-type

  • RH+ / HER2− : hormonothérapie adjuvante 5 à 10 ans — tamoxifène 20 mg/j PO en pré-ménopause ; anastrozole 1 mg/j ou létrozole 2,5 mg/j ou exémestane 25 mg/j en post-ménopause, ± suppression ovarienne (goséréline 3,6 mg SC tous les 28 jours) si haut risque. Abémaciclib 150 mg × 2/j PO pendant 2 ans (inhibiteur de CDK4/6) en association si N+ à haut risque (essai monarchE). Chimiothérapie selon grade, atteinte ganglionnaire et signature génomique.
  • HER2+ : chimiothérapie + trastuzumab (8 mg/kg de charge puis 6 mg/kg IV toutes les 3 semaines, 1 an — ou 600 mg SC) ± pertuzumab (840 puis 420 mg IV toutes les 3 semaines) si N+. En néo-adjuvant, non-réponse (pCR non atteinte) → trastuzumab emtansine (T-DM1) 3,6 mg/kg IV toutes les 3 semaines, 14 cycles (essai KATHERINE).
  • Triple négatif : chimiothérapie néo-adjuvante (paclitaxel 80 mg/m² hebdomadaire + carboplatine AUC 5 toutes les 3 semaines, puis anthracycline-cyclophosphamide) + pembrolizumab 200 mg IV toutes les 3 semaines, poursuivi en adjuvant, pour les stades II-III (essai KEYNOTE-522). Capécitabine 1 000–1 250 mg/m² × 2/j PO, J1–J14 toutes les 3 semaines, 6 à 8 cycles si maladie résiduelle (essai CREATE-X). Olaparib 300 mg × 2/j PO pendant 1 an si mutation BRCA germinale et haut risque (essai OlympiA).

Maladie métastatique

  • RH+/HER2− : hormonothérapie + inhibiteur de CDK4/6 en 1re ligne — palbociclib 125 mg/j ou ribociclib 600 mg/j (3 semaines sur 4) ou abémaciclib 150 mg × 2/j (continu). Ensuite : alpélisib 300 mg/j ou capivasertib 400 mg × 2/j (4 j sur 7) + fulvestrant 500 mg IM selon les mutations (PIK3CA, AKT1, PTEN) ; élacestrant 345 mg/j, dégradeur sélectif oral des RE, si ESR1 muté.
  • HER2+ : 1re ligne taxane + trastuzumab + pertuzumab ; 2e ligne trastuzumab déruxtécan 5,4 mg/kg IV toutes les 3 semaines (essai DESTINY-Breast03) ; tucatinib 300 mg × 2/j + trastuzumab + capécitabine 1 000 mg/m² × 2/j (J1–J14) si métastases cérébrales.
  • TNBC : chimiothérapie ± pembrolizumab 200 mg toutes les 3 semaines si PD-L1 (CPS ≥ 10, essai KEYNOTE-355) ; sacituzumab govitécan 10 mg/kg IV J1 et J8 toutes les 3 semaines ; PARP (olaparib 300 mg × 2/j) si BRCA muté. HER2-low : trastuzumab déruxtécan 5,4 mg/kg toutes les 3 semaines (essai DESTINY-Breast04).

💉 Doses & protocoles

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Support pédagogique. Posologies issues des essais pivots et des référentiels ESMO/NCCN. Vérifier systématiquement la prescription, les adaptations (fonction rénale et hépatique, âge, surface corporelle, toxicités) et les interactions dans le référentiel institutionnel avant toute application.

Chimiothérapie

ProtocoleMoléculeDoseVoie / rythmeDurée
AC-T séquentiel (adjuvant / néo-adjuvant)
ACDoxorubicine60 mg/m²IV, J1 toutes les 3 sem (ou 2 sem « dose-dense » + G-CSF)4 cycles
ACCyclophosphamide600 mg/m²IV, J14 cycles
TPaclitaxel80 mg/m²IV, hebdomadaire12 semaines
T (variante)Docétaxel100 mg/m²IV, J1 toutes les 3 sem4 cycles
TC — alternative sans anthracycline (risque intermédiaire)
TCDocétaxel75 mg/m²IV, J1 toutes les 3 sem4 cycles
TCCyclophosphamide600 mg/m²IV, J14 cycles
KEYNOTE-522 — TNBC stade II-III, péri-opératoire
Phase 1Paclitaxel80 mg/m²IV, hebdomadaire12 semaines
Phase 1CarboplatineAUC 5IV, toutes les 3 sem (ou AUC 1,5 hebdomadaire)4 cycles
Phase 2Doxorubicine ou épirubicine60 ou 90 mg/m²IV, J1 toutes les 3 sem4 cycles
Phase 2Cyclophosphamide600 mg/m²IV, J14 cycles
ImmunothérapiePembrolizumab200 mgIV, toutes les 3 sem (ou 400 mg / 6 sem)8 cycles néo-adj. + 9 adj.
Maladie résiduelle / métastatique
CREATE-XCapécitabine1 000–1 250 mg/m² × 2/jPO, J1–J14 toutes les 3 sem6–8 cycles
MonothérapieÉribuline1,23 mg/m² (base)IV, J1 et J8 toutes les 3 semjusqu'à progression
MonothérapieGemcitabine1 000–1 250 mg/m²IV, J1 et J8 toutes les 3 semjusqu'à progression

Adaptations : carboplatine selon la formule de Calvert (AUC × [DFG + 25]) ; anthracyclines limitées par la dose cumulée (doxorubicine < 450–550 mg/m², épirubicine < 900 mg/m²) avec évaluation de la FEVG ; capécitabine réduite de 25 % si clairance 30–50 mL/min et contre-indiquée < 30 mL/min ; recherche d'un déficit en DPD avant toute fluoropyrimidine.

Thérapies ciblées & anticorps

MoléculeCible / classeDoseVoie / rythmeDurée · essai
TrastuzumabAnti-HER28 mg/kg puis 6 mg/kgIV, toutes les 3 sem (dose de charge puis entretien) — ou 600 mg SC dose fixe1 an (adjuvant)
PertuzumabAnti-HER2 (dimérisation)840 mg puis 420 mgIV, toutes les 3 sem1 an · APHINITY
Trastuzumab emtansine (T-DM1)ADC anti-HER23,6 mg/kgIV, toutes les 3 sem14 cycles · KATHERINE
Trastuzumab déruxtécan (T-DXd)ADC anti-HER2 / HER2-low5,4 mg/kgIV, toutes les 3 semjusqu'à progression · DESTINY-Breast04
Sacituzumab govitécanADC anti-Trop-210 mg/kgIV, J1 et J8 toutes les 3 semjusqu'à progression · ASCENT
TucatinibITK anti-HER2300 mg × 2/jPO, continu (+ trastuzumab + capécitabine)· HER2CLIMB
AbémaciclibInhibiteur CDK4/6150 mg × 2/jPO, continu (+ hormonothérapie)2 ans en adjuvant · monarchE
PalbociclibInhibiteur CDK4/6125 mg/jPO, 3 semaines sur 4métastatique
RibociclibInhibiteur CDK4/6600 mg/jPO, 3 semaines sur 4métastatique (ECG : QT)
OlaparibInhibiteur de PARP300 mg × 2/jPO, continu1 an en adjuvant · OlympiA
AlpélisibInhibiteur PI3Kα (PIK3CA muté)300 mg/jPO (+ fulvestrant)· SOLAR-1
CapivasertibInhibiteur d'AKT400 mg × 2/jPO, 4 jours sur 7 (+ fulvestrant)· CAPItello-291
ÉlacestrantSERD oral (ESR1 muté)345 mg/jPO, continu· EMERALD

Toxicités limitantes : cardiotoxicité des anti-HER2 (FEVG toutes les 3 mois), pneumopathie interstitielle du T-DXd (arrêt définitif si grade ≥ 2), neutropénie des CDK4/6 (surtout palbociclib/ribociclib), diarrhée de l'abémaciclib et du tucatinib, hyperglycémie de l'alpélisib et du capivasertib.

Hormonothérapie

MoléculeClasseDoseVoie / rythmeIndication
TamoxifèneSERM20 mg/jPO, continuPré-ménopause ; 5 à 10 ans
AnastrozoleAnti-aromatase non stéroïdien1 mg/jPO, continuPost-ménopause
LétrozoleAnti-aromatase non stéroïdien2,5 mg/jPO, continuPost-ménopause
ExémestaneAnti-aromatase stéroïdien25 mg/jPO, continuPost-ménopause ; SOFT/TEXT avec SO
GosérélineAgoniste LHRH (suppression ovarienne)3,6 mgSC, tous les 28 joursPré-ménopause à haut risque
TriptorélineAgoniste LHRH3,75 mgIM, tous les 28 joursSuppression ovarienne
FulvestrantSERD injectable500 mgIM, J1, J15, puis tous les 28 joursMétastatique

Surveillance : densitométrie osseuse et supplémentation vitamino-calcique sous anti-aromatase ; échographie endométriale sur point d'appel sous tamoxifène (risque de cancer de l'endomètre et thrombo-embolique) ; attention aux inhibiteurs puissants du CYP2D6 (paroxétine, fluoxétine) qui réduisent l'activation du tamoxifène.

Radiothérapie

IndicationDose totaleFractionnementVolume cible
Sein après chirurgie conservatrice40,05 Gy15 fractions de 2,67 Gy (3 semaines)Glande mammaire entière
Idem, schéma ultra-hypofractionné26 Gy5 fractions de 5,2 Gy (1 semaine)Glande mammaire entière · FAST-Forward
Surimpression du lit tumoral10–16 Gy4 à 8 fractions (ou intégrée simultanée)Lit opératoire + marge (clips)
Irradiation partielle accélérée40 Gy15 fractions (IMPORT LOW) ou 30 Gy en 5 fractionsLit tumoral + marge, bas risque > 50 ans
Paroi thoracique après mastectomie40,05 Gy ou 50 Gy15 fractions de 2,67 Gy ou 25 fractions de 2 GyParoi ± cicatrice (bolus si effraction cutanée)
Aires ganglionnaires40,05–50 Gy15 à 25 fractionsSus-claviculaire, axillaire, mammaire interne selon l'atteinte
Métastases osseuses antalgiques8 Gy ou 20 Gy1 fraction ou 5 fractions de 4 GySite symptomatique
Oligométastases (SBRT)24–30 Gy3 fractionsLésion isolée · SABR-COMET
Métastases cérébrales20–30 Gy ou 18–24 Gy5 à 10 fractions (encéphale in toto) ou radiochirurgie en 1 fractionEncéphale entier avec épargne hippocampique, ou lésions ciblées

Contraintes principales aux organes à risque : cœur Dmoyenne < 4 Gy (viser < 2 Gy pour un sein gauche, blocage inspiratoire profond), IVA Dmoyenne aussi basse que possible, poumon homolatéral V20 < 30 %, sein controlatéral Dmoyenne < 3 Gy, moelle Dmax < 45 Gy en cas d'irradiation ganglionnaire.

Points clés à retenir

  • Trois grandes familles thérapeutiques selon RE/RP et HER2 : hormonodépendant, HER2+, triple négatif — la biologie prime sur la taille.
  • Le ganglion sentinelle a supplanté le curage axillaire systématique ; désescalade chirurgicale confirmée par Z0011 et SENOMAC.
  • CDK4/6 (abémaciclib) en adjuvant pour le RH+ N+ à haut risque ; olaparib adjuvant si BRCA muté (OlympiA).
  • KEYNOTE-522 : pembrolizumab péri-opératoire pour le TNBC stade II-III ; capécitabine si résidu (CREATE-X).
  • Le concept HER2-low (DESTINY-Breast04) redéfinit l'éligibilité au trastuzumab déruxtécan.

QCM — 10 questions

Q1. Chez une patiente de 45 ans avec un carcinome triple négatif de stade II, quelle stratégie systématique est aujourd'hui recommandée ?

Q2. Quel marqueur définit l'éligibilité au trastuzumab déruxtécan chez une patiente jusque-là considérée « HER2 négatif » ?

Q3. Une patiente RH+/HER2−, pN0, avec un score Oncotype DX de 14 et âgée de 60 ans. Quelle attitude est soutenue par TAILORx ?

Q4. Patiente de 58 ans, tumeur de 18 mm, traitement conservateur, ganglion sentinelle avec 1 macro-métastase sur 2 prélevés. Quelle attitude axillaire ?

Q5. Quelle est la posologie du trastuzumab adjuvant par voie intraveineuse ?

Q6. Sous trastuzumab déruxtécan, une patiente présente une toux sèche et une dyspnée d'effort avec verre dépoli bilatéral au scanner. Quelle est la conduite ?

Q7. Quel est le schéma d'irradiation mammaire aujourd'hui standard après chirurgie conservatrice ?

Q8. Une tumeur mammaire de croissance en file indienne, mal visible en mammographie, sans expression de la E-cadhérine. De quel type histologique s'agit-il ?

Q9. Chez une patiente porteuse d'une mutation BRCA1 germinale avec un cancer triple négatif à haut risque, quelle est la modalité de l'olaparib adjuvant selon OlympiA ?

Q10. Chez une patiente RH+/HER2− métastatique en progression sous inhibiteur de CDK4/6, la biologie moléculaire retrouve une mutation PIK3CA. Quelle association proposer et quelle toxicité surveiller en priorité ?

🩺 Cas cliniques progressifs

Cinq situations cliniques déroulées étape par étape. Chaque réponse débloque l'étape suivante, qui apporte de nouvelles données (bilan, anatomopathologie, évolution). Répondez avant de poursuivre.

Cas 1

Micro-calcifications de découverte mammographique

Femme de 57 ans, ménopausée, sans antécédent. Mammographie de dépistage : foyer de micro-calcifications fines et pléomorphes de 12 mm du quadrant supéro-externe gauche, classé ACR 4. Examen clinique et aires ganglionnaires normaux.

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  1. Étape 1 · Diagnostic

    Q1. Quel geste diagnostique proposez-vous en première intention ?

  2. Étape 2 · Anatomopathologie

    Résultat : carcinome canalaire in situ de haut grade avec nécrose (comédocarcinome), RE positifs à 90 %. Pas de composante infiltrante sur les prélèvements.

    Q2. Quel bilan d'extension à distance réalisez-vous ?

  3. Étape 3 · Chirurgie

    Décision : tumorectomie après repérage. La lésion est finalement étendue sur 45 mm sur la pièce, avec des berges saines mais limites (1 mm en profondeur).

    Q3. Concernant l'exploration axillaire dans ce carcinome in situ, que faites-vous ?

  4. Étape 4 · Radiothérapie

    Suite : reprise chirurgicale des berges profondes, désormais à 6 mm. Le ganglion sentinelle est indemne. Un traitement conservateur est retenu.

    Q4. Quelle irradiation prescrivez-vous ?

  5. Étape 5 · Traitement systémique

    Réunion de concertation : discussion d'une hormonothérapie de réduction du risque. La patiente a une ostéopénie connue (T-score −1,8).

    Q5. Quelle proposition est la plus adaptée ?

  6. Étape 6 · Surveillance

    À 4 ans : la patiente est asymptomatique. Elle demande à quel rythme se poursuit la surveillance et si un scanner annuel est utile.

    Q6. Quelle surveillance est recommandée ?

Synthèse du cas 1

Carcinome canalaire in situ : diagnostic par macrobiopsie stéréotaxique, pas de bilan d'extension, pas de sentinelle sauf mastectomie ou lésion étendue de haut grade, radiothérapie systématique après traitement conservateur, hormonothérapie de réduction du risque discutée si RE positifs, surveillance clinique et mammographique.

Cas 2

Carcinome triple négatif chez une femme jeune

Femme de 38 ans, nulligeste, découvre une masse du sein droit de 35 mm, dure et mobile. Sa mère a eu un cancer de l'ovaire à 52 ans. Biopsie : carcinome canalaire infiltrant grade 3, RE 0 %, RP 0 %, HER2 score 0, Ki-67 70 %. Échographie axillaire : adénopathie suspecte biopsiée, positive.

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  1. Étape 1 · Stratégie

    Q1. Quelle séquence thérapeutique proposez-vous ?

  2. Étape 2 · Posologies

    Protocole retenu : KEYNOTE-522. La patiente demande le détail du traitement.

    Q2. Quelle proposition décrit correctement les doses de la première phase ?

  3. Étape 3 · Oncogénétique

    Consultation d'oncogénétique : mutation germinale pathogène de BRCA1 identifiée.

    Q3. Quelle conséquence immédiate cette découverte a-t-elle ?

  4. Étape 4 · Réponse au traitement

    Après 8 cycles : mastectomie avec ganglion sentinelle. La pièce montre un résidu tumoral infiltrant de 12 mm et 1 ganglion envahi sur 3 — la réponse complète histologique n'est donc pas obtenue (ypT1c ypN1).

    Q4. Comment interprétez-vous ce résultat et quelle est la conséquence ?

  5. Étape 5 · Toxicité

    Sous pembrolizumab adjuvant : asthénie croissante, frilosité, prise de poids. TSH à 42 mUI/L, T4 libre effondrée.

    Q5. Quelle est votre conduite ?

  6. Étape 6 · Radiothérapie

    Décision finale : indication d'irradiation après mastectomie chez cette patiente ypT1c ypN1 initialement cN1.

    Q6. Quel volume et quelle dose retenez-vous ?

Synthèse du cas 2

Triple négatif stade II-III : KEYNOTE-522 en péri-opératoire, oncogénétique systématique avant 60 ans, la réponse histologique guide l'intensification adjuvante (olaparib si BRCA muté, sinon capécitabine), dysthyroïdie immuno-induite traitée sans arrêter l'anti-PD-1, irradiation pariétale et ganglionnaire si N+.

Cas 3

Tumeur HER2 positive localement avancée

Femme de 49 ans, masse du sein gauche de 50 mm avec adénopathies axillaires palpables. Biopsie : carcinome infiltrant grade 3, RE 5 %, RP 0 %, HER2 IHC 3+, Ki-67 60 %. Bilan d'extension négatif. FEVG initiale à 65 %.

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  1. Étape 1 · Traitement initial

    Q1. Quel traitement de première intention proposez-vous ?

  2. Étape 2 · Posologies

    Protocole : chimiothérapie séquentielle avec double blocage HER2. La patiente s'interroge sur les doses des anticorps.

    Q2. Quelles sont les doses du trastuzumab et du pertuzumab par voie intraveineuse ?

  3. Étape 3 · Surveillance sous traitement

    Après 4 cycles : échocardiographie de contrôle. FEVG à 48 %, sans symptôme d'insuffisance cardiaque.

    Q3. Quelle conduite adoptez-vous ?

  4. Étape 4 · Résultat chirurgical

    Suite : récupération de la FEVG à 58 %, traitement mené à terme. Tumorectomie + ganglion sentinelle : résidu infiltrant de 8 mm, 0 ganglion envahi sur 3 (ypT1b ypN0).

    Q4. Quel traitement adjuvant systémique anti-HER2 retenez-vous ?

  5. Étape 5 · Hormonothérapie

    Rappel : les récepteurs œstrogéniques sont exprimés à 5 %. La patiente est non ménopausée.

    Q5. Une hormonothérapie adjuvante est-elle indiquée ?

  6. Étape 6 · Évolution

    Trois ans plus tard : céphalées et ataxie. IRM cérébrale : trois lésions cérébrales, la plus grande de 22 mm. Pas d'autre site métastatique.

    Q6. Quelle association systémique privilégier après le traitement local des lésions cérébrales ?

Synthèse du cas 3

HER2+ localement avancé : double blocage néo-adjuvant, surveillance trimestrielle de la FEVG (suspension si < 50 %), T-DM1 adjuvant si maladie résiduelle (KATHERINE), hormonothérapie dès 1 % de récepteurs exprimés, tucatinib-trastuzumab-capécitabine en cas de métastases cérébrales.

Cas 4

Luminal B avec envahissement ganglionnaire

Femme de 62 ans, ménopausée. Tumorectomie pour un carcinome canalaire infiltrant de 24 mm, grade 2, RE 95 %, RP 80 %, HER2 IHC 1+, Ki-67 30 %. Curage : 3 ganglions envahis sur 12 (pT2 pN1a).

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  1. Étape 1 · Classification

    Q1. Comment qualifiez-vous ce sous-type et quel est le statut HER2 ?

  2. Étape 2 · Décision de chimiothérapie

    Question posée en réunion de concertation : faut-il une chimiothérapie adjuvante ?

    Q2. Quel outil peut aider à trancher dans cette situation ?

  3. Étape 3 · Traitement systémique

    Résultat : score de récidive à 14. Compte tenu du statut post-ménopausique, la chimiothérapie est récusée.

    Q3. Quelle hormonothérapie adjuvante prescrivez-vous ?

  4. Étape 4 · Escalade

    Facteurs de risque retenus : 3 ganglions envahis, tumeur de 24 mm, grade 2, Ki-67 à 30 %.

    Q4. Une escalade du traitement adjuvant est-elle possible ?

  5. Étape 5 · Tolérance

    Trois semaines après le début : diarrhée de grade 2 (6 selles par jour de plus qu'à l'habitude), sans fièvre.

    Q5. Quelle conduite tenir ?

  6. Étape 6 · Effets à long terme

    À 3 ans : arthralgies diffuses invalidantes et densitométrie osseuse montrant un T-score à −2,6 au col fémoral.

    Q6. Quelle prise en charge proposez-vous ?

Synthèse du cas 4

Luminal B pN1 : signature génomique pour la décision de chimiothérapie, anti-aromatase 5 à 10 ans, abémaciclib adjuvant 2 ans si haut risque (monarchE, non transposable au palbociclib), gestion de la diarrhée par lopéramide et réduction de dose, prévention osseuse systématique sous anti-aromatase.

Cas 5

Maladie métastatique hormonodépendante

Femme de 66 ans, traitée il y a 7 ans pour un carcinome canalaire RE 90 %, HER2 IHC 1+, sous anastrozole pendant 5 ans. Elle consulte pour des lombalgies. Scanner et scintigraphie : métastases osseuses multiples et deux lésions hépatiques. Biopsie hépatique : RE 85 %, HER2 IHC 1+ (HER2-low).

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  1. Étape 1 · Première ligne

    Q1. Quel traitement de première ligne métastatique proposez-vous ?

  2. Étape 2 · Métastases osseuses

    Complément : lésion lytique du corps vertébral L3 mesurant 30 mm, douloureuse, sans signe neurologique ni recul du mur postérieur.

    Q2. Quelles mesures spécifiques ajoutez-vous ?

  3. Étape 3 · Progression

    Après 22 mois : progression hépatique. Biopsie liquide : mutation ESR1 détectée, pas de mutation PIK3CA ni BRCA.

    Q3. Que signifie cette mutation et quelle option ouvre-t-elle ?

  4. Étape 4 · Ligne suivante

    Un an plus tard : nouvelle progression hépatique et pulmonaire, symptomatique. La patiente conserve un bon état général (OMS 1).

    Q4. Quelle option tire parti du statut HER2-low ?

  5. Étape 5 · Surveillance de la toxicité

    Après 5 cycles de T-DXd : toux sèche depuis 10 jours, SpO₂ à 95 %. Scanner : plages de verre dépoli bilatérales, non systématisées, sans embolie ni foyer infectieux.

    Q5. Quelle est votre décision ?

  6. Étape 6 · Poursuite du parcours

    Six mois plus tard : nouvelle progression. État général conservé (OMS 1), la patiente souhaite poursuivre un traitement actif.

    Q6. Quelle option est la plus appropriée ?

Synthèse du cas 5

RH+/HER2− métastatique : hormonothérapie + CDK4/6 en première ligne, agents osseux et radiothérapie antalgique en 1 fraction, biopsie liquide à la progression (ESR1 → élacestrant, PIK3CA → alpélisib), trastuzumab déruxtécan si HER2-low, arrêt définitif au moindre grade 2 de pneumopathie interstitielle, puis monochimiothérapies séquentielles.

🃏 Flashcards — répétition espacée

Cliquez pour retourner la carte, puis auto-évaluez-vous (« À revoir » remet en boîte 1, « Acquis » avance d'une boîte).

Quels sont les 3 grands sous-types thérapeutiques du cancer du sein ?cliquer
RH+ (luminal / hormonodépendant), HER2+ (amplifié), triple négatif (RE−, RP−, HER2−).

Essai fondateur de l'immunothérapie néo-adjuvante dans le TNBC ?cliquer
KEYNOTE-522 : pembrolizumab + chimio néo-adjuvante puis pembrolizumab adjuvant (stade II-III).

Traitement adjuvant si maladie résiduelle après T-DM1 échec dans le HER2+ néo-adjuvant ?cliquer
KATHERINE : T-DM1 (trastuzumab emtansine) adjuvant si pCR non atteinte après traitement néo-adjuvant anti-HER2.

Indication de l'olaparib adjuvant dans le cancer du sein ?cliquer
OlympiA : mutation BRCA germinale + haut risque (HER2− ou TNBC), olaparib 1 an après chimio.

📚 Références & essais fondateurs

  1. KEYNOTE-522 — Schmid P, et al. Pembrolizumab for early triple-negative breast cancer. N Engl J Med 2020. PMID 32101663
  2. KEYNOTE-522 (EFS) — Schmid P, et al. Event-free survival with pembrolizumab in early TNBC. N Engl J Med 2022. PMID 35139274
  3. monarchE — Johnston SRD, et al. Abémaciclib adjuvant, cancer du sein RH+/HER2− N+ haut risque. Lancet Oncol 2023. PMID 36493792
  4. OlympiA — Tutt ANJ, et al. Olaparib adjuvant, BRCA muté. N Engl J Med 2021. PMID 34081848
  5. KATHERINE — von Minckwitz G, et al. T-DM1 adjuvant, maladie résiduelle HER2+. N Engl J Med 2019. PMID 30516102
  6. DESTINY-Breast04 — Modi S, et al. Trastuzumab déruxtécan, HER2-low. N Engl J Med 2022. PMID 35665782
  7. TAILORx — Sparano JA, et al. Oncotype DX et chimiothérapie adjuvante. N Engl J Med 2018. PMID 29860917
  8. CREATE-X — Masuda N, et al. Capécitabine adjuvante, maladie résiduelle. N Engl J Med 2017. PMID 28564564
  9. Référentiels ESMO et NCCN Breast Cancer (versions à jour) — recommandations de pratique clinique.