Cancer de l'estomac

Adénocarcinome gastrique dominé par H. pylori et les formes diffuses (linite, CDH1). La classification de Lauren (intestinal/diffus) et les biomarqueurs (HER2, MSI, PD-L1, claudine 18.2) structurent une prise en charge péri-opératoire (FLOT) et systémique de plus en plus ciblée.

Digestif H. pylori Lauren HER2 / Claudine 18.2 FLOT

📊 Épidémiologie & facteurs de risque

L'adénocarcinome gastrique reste fréquent à l'échelle mondiale (forte incidence en Asie de l'Est, Amérique latine), avec une mortalité élevée. L'incidence des cancers distaux diminue dans les pays occidentaux, tandis que les cancers proximaux/jonctionnels augmentent.

Facteurs de risque

  • Helicobacter pylori : facteur causal majeur (carcinogène de classe I), via gastrite chronique atrophique → métaplasie intestinale → dysplasie → cancer. Son éradication réduit le risque.
  • Alimentation riche en sel et salaisons, nitrites, tabac, faible consommation de fruits/légumes ; gastrite atrophique auto-immune (Biermer), antécédent de gastrectomie.
  • Formes héréditaires : cancer gastrique diffus héréditaire lié à CDH1 (E-cadhérine) — indication de gastrectomie prophylactique ; syndromes de Lynch, PAF, Li-Fraumeni.
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Une linite gastrique (paroi épaissie, rigide, peu distensible), forme diffuse infiltrante à cellules indépendantes (en « bague à chaton »), est de pronostic péjoratif et peut relever d'une recherche de mutation CDH1 — surtout si contexte familial ou âge jeune.

🧬 Anatomopathologie & biologie

Classification de Lauren :

  • Type intestinal : glandes bien formées, souvent distal, lié à H. pylori et à la séquence gastrite-métaplasie ; sujet plus âgé.
  • Type diffus : cellules isolées/en bague à chaton, perte de E-cadhérine (CDH1), linite, sujet plus jeune, pronostic plus sévère, tropisme péritonéal.

Biomarqueurs à déterminer

MarqueurSignificationImpact thérapeutique
HER2surexprimé/amplifié ~15–20 %Trastuzumab + chimio (ToGA)
MSI / dMMR~ 8–10 %, bon pronosticSensibilité à l'immunothérapie
PD-L1 (CPS)expression variableNivolumab + chimio (CheckMate 649)
Claudine 18.2exprimée ~ 30–40 %Zolbétuximab + chimio (SPOTLIGHT / GLOW)

🩺 Présentation clinique & diagnostic

Symptômes souvent tardifs et non spécifiques : épigastralgies, dyspepsie persistante, amaigrissement, anorexie, satiété précoce, anémie ferriprive, dysphagie (tumeur proximale), vomissements (sténose pylorique). Signes d'extension : ganglion de Troisier (sus-claviculaire gauche), ascite/carcinose, hépatomégalie.

  • Endoscopie œso-gastro-duodénale avec biopsies multiples : diagnostic (attention à la linite, où les biopsies superficielles peuvent être négatives — répéter/macrobiopsies).
  • Détermination sur biopsies : Lauren, HER2, MSI/dMMR, PD-L1, claudine 18.2.

📐 Bilan d'extension & stadification

Stadification TNM (AJCC 8e édition). Bilan : TDM thoraco-abdomino-pelvien, écho-endoscopie (uT/uN), et cœlioscopie exploratrice avec cytologie péritonéale pour dépister une carcinose infra-radiologique (surtout formes diffuses/linite).

CatégorieDéfinition (synthèse)
T1Muqueuse/musculaire muqueuse (T1a) ou sous-muqueuse (T1b)
T2Musculeuse
T3Sous-séreuse
T4Séreuse (T4a) ou structures adjacentes (T4b)
N1–N3Selon le nombre de ganglions régionaux envahis (1–2, 3–6, ≥ 7)
M1Métastases (péritoine, foie, ganglions à distance) ; cytologie péritonéale positive = M1

💊 Prise en charge

Maladie localisée résécable

Standard : chimiothérapie péri-opératoire encadrant la chirurgie. Le protocole FLOT (docétaxel 50 mg/m² + oxaliplatine 85 mg/m² + acide folinique 200 mg/m² + 5-FU 2 600 mg/m² en perfusion continue de 24 h, à J1 toutes les 2 semaines — 4 cycles avant et 4 cycles après la chirurgie) est devenu la référence après l'essai FLOT4, supérieur au schéma ECF/ECX (survie et taux de réponse). En cas de contre-indication au docétaxel, le FOLFOX ou le CAPOX restent des alternatives ; après chirurgie d'emblée sans traitement néo-adjuvant, une radiochimiothérapie adjuvante (45 Gy en 25 fractions avec capécitabine 825 mg/m² × 2/j) peut être discutée en cas de curage insuffisant (schéma issu de l'essai MacDonald/INT-0116).

Chirurgie : gastrectomie (partielle distale ou totale selon la localisation) avec curage ganglionnaire D2, R0 recherchée. La linite impose le plus souvent une gastrectomie totale.

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La cytologie péritonéale positive isolée (sans nodule visible) est classée M1 et contre-indique en principe une chirurgie à visée curative d'emblée ; elle justifie une cœlioscopie de stadification avant décision.

Maladie métastatique / avancée

  • Chimiothérapie de 1re ligne à base de doublet fluoropyrimidine + sel de platine : FOLFOX (oxaliplatine 85 mg/m² + acide folinique 400 mg/m² + 5-FU 400 mg/m² bolus puis 2 400 mg/m² sur 46 h, toutes les 2 semaines) ou CAPOX (oxaliplatine 130 mg/m² à J1 + capécitabine 1 000 mg/m² × 2/j de J1 à J14, toutes les 3 semaines).
  • HER2 positif : ajout du trastuzumab (8 mg/kg de charge puis 6 mg/kg IV toutes les 3 semaines) (essai ToGA), désormais associé au pembrolizumab 200 mg toutes les 3 semaines (essai KEYNOTE-811).
  • PD-L1 (CPS élevé) / adénocarcinome : ajout du nivolumab (360 mg IV toutes les 3 semaines ou 240 mg toutes les 2 semaines) à la chimiothérapie (essai CheckMate 649).
  • Claudine 18.2 positive (HER2 négatif) : ajout du zolbétuximab (800 mg/m² en dose de charge puis 600 mg/m² IV toutes les 3 semaines) à la chimiothérapie (essais SPOTLIGHT et GLOW).
  • MSI-H/dMMR : forte sensibilité à l'immunothérapie (pembrolizumab 200 mg toutes les 3 semaines, ou nivolumab + ipilimumab).
  • Lignes ultérieures : ramucirumab 8 mg/kg à J1 et J15 + paclitaxel 80 mg/m² à J1, J8 et J15, toutes les 4 semaines (essai RAINBOW) ; trastuzumab déruxtécan 6,4 mg/kg toutes les 3 semaines si HER2 positif (DESTINY-Gastric01) ; trifluridine/tipiracil 35 mg/m² × 2/j PO, J1–J5 et J8–J12 toutes les 4 semaines (essai TAGS).

💉 Doses & protocoles

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Support pédagogique. Posologies issues des essais pivots et des référentiels ESMO/NCCN. Vérifier systématiquement la prescription, les adaptations (fonction rénale et hépatique, âge, surface corporelle, toxicités) et les interactions dans le référentiel institutionnel avant toute application.

Chimiothérapie

ProtocoleMoléculeDoseVoie / rythmeDurée
FLOT — péri-opératoire, standard (FLOT4)
FLOTDocétaxel50 mg/m²IV, J1 toutes les 2 sem4 cycles pré + 4 post
FLOTOxaliplatine85 mg/m²IV, J14 + 4 cycles
FLOTAcide folinique200 mg/m²IV, J14 + 4 cycles
FLOT5-Fluorouracile2 600 mg/m²IV, perfusion continue de 24 h4 + 4 cycles
Doublets de 1re ligne métastatique
FOLFOXOxaliplatine85 mg/m²IV, J1 toutes les 2 semjusqu'à progression ou neurotoxicité
FOLFOX5-FU400 mg/m² bolus puis 2 400 mg/m²IV, bolus puis 46 hidem
CAPOXOxaliplatine130 mg/m²IV, J1 toutes les 3 sem6 à 8 cycles
CAPOXCapécitabine1 000 mg/m² × 2/jPO, J1–J146 à 8 cycles
Lignes ultérieures
RAINBOWPaclitaxel80 mg/m²IV, J1, J8 et J15 toutes les 4 semjusqu'à progression
TAGSTrifluridine/tipiracil35 mg/m² × 2/jPO, J1–J5 et J8–J12 toutes les 4 semjusqu'à progression
MonothérapieIrinotécan150–180 mg/m²IV, toutes les 2 semjusqu'à progression

Adaptations : recherche d'un déficit en DPD avant toute fluoropyrimidine et d'un déficit en UGT1A1 avant l'irinotécan ; capécitabine réduite de 25 % si clairance 30–50 mL/min et contre-indiquée < 30 mL/min ; docétaxel réduit en cas de cholestase, avec prémédication corticoïde ; neuropathie cumulative de l'oxaliplatine imposant sa suspension au grade 2 persistant. La dénutrition, très fréquente après gastrectomie, impose une évaluation systématique et une supplémentation en fer, vitamine B12 (à vie après gastrectomie totale), calcium et vitamine D.

Thérapies ciblées & immunothérapie

MoléculeCible / biomarqueurDoseVoie / rythmeEssai
TrastuzumabHER2 (IHC 3+ ou 2+/FISH+)8 mg/kg puis 6 mg/kgIV, toutes les 3 semToGA
PembrolizumabHER2 positif ou MSI-H200 mgIV, toutes les 3 sem (ou 400 mg / 6 sem)KEYNOTE-811 / -158
NivolumabPD-L1 CPS ≥ 5360 mg ou 240 mgIV, toutes les 3 ou 2 sem (+ chimio)CheckMate 649
ZolbétuximabClaudine 18.2 positive, HER2 négatif800 mg/m² puis 600 mg/m²IV, toutes les 3 sem (+ CAPOX ou mFOLFOX6)SPOTLIGHT / GLOW
RamucirumabVEGFR-28 mg/kgIV, J1 et J15 toutes les 4 sem (± paclitaxel)RAINBOW / REGARD
Trastuzumab déruxtécanADC anti-HER26,4 mg/kgIV, toutes les 3 semDESTINY-Gastric01

Toxicités limitantes : nausées et vomissements très marqués du zolbétuximab en début de perfusion (prémédication antiémétique renforcée, ralentissement du débit), hypertension, protéinurie et retard de cicatrisation du ramucirumab (à suspendre 4 semaines avant une chirurgie), cardiotoxicité du trastuzumab (FEVG toutes les 12 semaines), pneumopathie interstitielle du trastuzumab déruxtécan (arrêt définitif si grade ≥ 2) et toxicités immuno-médiées des anti-PD-1.

Radiothérapie

IndicationDose totaleFractionnementVolume cible / précisions
Radiochimiothérapie adjuvante (curage insuffisant, R1)45 Gy25 fractions de 1,8 GyLit tumoral, anastomose, aires ganglionnaires · INT-0116 avec capécitabine 825 mg/m² × 2/j
Surimpression sur résidu macroscopiquejusqu'à 50,4–54 Gy28 à 30 fractionsVolume résiduel identifié par clips chirurgicaux
Jonction œso-gastrique (schéma CROSS)41,4 Gy23 fractions de 1,8 GyAlternative néo-adjuvante pour les Siewert I-II
Palliative hémostatique20–30 Gy5 à 10 fractionsTumeur hémorragique non résécable
Métastases osseuses8 Gy ou 20 Gy1 fraction ou 5 fractionsAntalgique

Contraintes principales aux organes à risque : reins — au moins un rein avec V20 < 30 % et Dmoyenne < 18 Gy sur le rein le plus exposé (avec scintigraphie rénale si doute sur la fonction séparée), foie Dmoyenne < 28–30 Gy et V30 < 30 %, moelle épinière Dmax < 45 Gy, intestin grêle Dmax < 50 Gy et V45 < 195 cm³, cœur V25 < 10 % pour les tumeurs proximales, poumons V20 < 20 %. Le repositionnement quotidien est difficile (mobilité gastrique, remplissage) : irradiation à jeun, avec RCMI et contrôle par imagerie embarquée.

Points clés à retenir

  • H. pylori est le principal facteur causal (type intestinal) ; la linite/forme diffuse est liée à CDH1 (gastrectomie prophylactique si mutation).
  • Classification de Lauren : intestinal vs diffus (bague à chaton, E-cadhérine perdue, péjoratif).
  • Biomarqueurs systématiques : HER2, MSI/dMMR, PD-L1, claudine 18.2.
  • Résécable : chimiothérapie péri-opératoire FLOT (FLOT4) + gastrectomie avec curage D2.
  • Métastatique : trastuzumab si HER2+ (ToGA), nivolumab selon PD-L1 (CheckMate 649), zolbétuximab si claudine 18.2+ (SPOTLIGHT/GLOW).

QCM — 10 questions

Q1. Quel protocole de chimiothérapie péri-opératoire est le standard d'un adénocarcinome gastrique résécable, d'après l'essai FLOT4 ?

Q2. Un adénocarcinome gastrique métastatique HER2 positif. Quel ajout, validé par ToGA, est indiqué avec la chimiothérapie ?

Q3. Quel biomarqueur émergent, ciblé par le zolbétuximab (essais SPOTLIGHT/GLOW), doit être recherché dans l'adénocarcinome gastrique avancé HER2 négatif ?

Q4. Quelle anomalie moléculaire germinale justifie une gastrectomie totale prophylactique ?

Q5. Une cœlioscopie exploratrice retrouve une cytologie péritonéale positive sans nodule visible. Comment classez-vous cette situation ?

Q6. Que caractérise le type diffus de la classification de Lauren ?

Q7. Quelles posologies composent le protocole FLOT, administré toutes les 2 semaines ?

Q8. Quelle toxicité particulière, très fréquente en début de perfusion, caractérise le zolbétuximab ?

Q9. Quelle supplémentation est indispensable à vie après une gastrectomie totale ?

Q10. Quelle est la place actuelle de la chirurgie de la tumeur primitive dans un adénocarcinome gastrique métastatique ?

🩺 Cas cliniques progressifs

Cinq situations cliniques déroulées étape par étape. Chaque réponse débloque l'étape suivante, qui apporte de nouvelles données (bilan, anatomopathologie, évolution). Répondez avant de poursuivre.

Cas 1

Adénocarcinome antral résécable

Homme de 64 ans, ancien fumeur, consultant pour des épigastralgies et une anémie ferriprive à 9,8 g/dL. L'endoscopie retrouve une ulcération bourgeonnante de l'antre de 4 cm, dont les biopsies concluent à un adénocarcinome de type intestinal. Helicobacter pylori est détecté sur les biopsies fundiques.

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  1. Étape 1 · Bilan

    Q1. Quel bilan pré-thérapeutique organisez-vous ?

  2. Étape 2 · Stadification

    Résultats : uT3 uN1, pas de métastase, HER2 négatif, MSS, albumine à 35 g/L. La cœlioscopie de stadification ne retrouve ni nodule ni cellule à la cytologie péritonéale.

    Q2. Quelle stratégie retenez-vous ?

  3. Étape 3 · Traitement néo-adjuvant

    Après 2 cycles : neutropénie fébrile ayant nécessité une hospitalisation de 4 jours, résolutive.

    Q3. Quelle adaptation proposez-vous pour la suite ?

  4. Étape 4 · Chirurgie

    Pièce opératoire : adénocarcinome résiduel ypT2 ypN1 (2 ganglions envahis sur 28), résection R0, curage D2 conforme.

    Q4. Quelle est la suite du traitement ?

  5. Étape 5 · Suites fonctionnelles

    À 3 mois : le patient a perdu 8 kg supplémentaires, se plaint de satiété très précoce et de diarrhées post-prandiales.

    Q5. Quelle prise en charge ?

  6. Étape 6 · Prévention et suivi

    Consultation : le patient s'inquiète pour ses deux frères, et demande si le traitement de son Helicobacter pylori était utile.

    Q6. Que lui répondez-vous ?

Synthèse du cas 1

Adénocarcinome gastrique résécable T3/N+ : cœlioscopie de stadification avec cytologie, puis FLOT péri-opératoire (4 + 4 cycles) encadrant une gastrectomie avec curage D2. Neutropénie fébrile : G-CSF en prophylaxie secondaire pour préserver l'intensité de dose. Séquelles nutritionnelles constantes à anticiper. Éradiquer H. pylori et dépister les apparentés du premier degré.

Cas 2

Linite gastrique et carcinose péritonéale

Femme de 41 ans, sans antécédent, consultant pour une satiété précoce, des vomissements et une perte de 12 kg en 3 mois. L'endoscopie montre un estomac rigide, peu distensible, à muqueuse d'aspect quasi normal ; deux séries de biopsies superficielles sont revenues négatives.

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  1. Étape 1 · Diagnostic

    Q1. Devant ce tableau et ces biopsies négatives, que faites-vous ?

  2. Étape 2 · Confirmation

    Résultat : adénocarcinome à cellules indépendantes en bague à chaton, type diffus de Lauren, E-cadhérine non exprimée. Le scanner montre un épaississement pariétal circonférentiel et une infiltration de la graisse péritonéale.

    Q2. Quel examen est déterminant avant toute décision chirurgicale ?

  3. Étape 3 · Décision

    Cœlioscopie : quelques nodules péritonéaux millimétriques dans le pelvis, cytologie positive. Les biomarqueurs reviennent : HER2 négatif, PD-L1 CPS à 2, claudine 18.2 positive, MSS.

    Q3. Quel traitement de 1re ligne proposez-vous ?

  4. Étape 4 · Tolérance

    1re perfusion : la patiente présente des nausées puis des vomissements incoercibles dès la 30e minute de perfusion du zolbétuximab.

    Q4. Quelle est votre conduite ?

  5. Étape 5 · Complication évolutive

    À 7 mois : hospitalisation pour arrêt des matières et des gaz avec vomissements. Le scanner retrouve une occlusion grêle sur carcinose, à plusieurs niveaux, sans zone de transition unique.

    Q5. Quelle prise en charge privilégiez-vous ?

  6. Étape 6 · Enquête familiale

    Anamnèse approfondie : la mère de la patiente est décédée d'un cancer gastrique à 45 ans et une tante maternelle a eu un carcinome lobulaire du sein à 42 ans.

    Q6. Quelle démarche entreprenez-vous ?

Synthèse du cas 2

Linite : estomac rigide à muqueuse normale, biopsies superficielles souvent négatives — répéter en profondeur. Tropisme péritonéal majeur : cœlioscopie avec cytologie indispensable, une cytologie positive isolée valant M1. Claudine 18.2 positive HER2 négatif : zolbétuximab + chimiothérapie (SPOTLIGHT/GLOW), avec vomissements attendus en début de perfusion. Occlusion sur carcinose : traitement médical d'abord. Sujet jeune + antécédent familial + carcinome lobulaire : penser à CDH1.

Cas 3

Adénocarcinome gastrique métastatique HER2 positif

Homme de 69 ans, OMS 1, découverte d'un adénocarcinome de type intestinal de la petite courbure avec cinq métastases hépatiques bilobaires. Le scanner ne retrouve pas d'ascite ni de nodule péritonéal.

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  1. Étape 1 · Biomarqueurs

    Q1. Quels marqueurs demandez-vous sur les biopsies avant toute décision ?

  2. Étape 2 · 1re ligne

    Résultats : HER2 en immunohistochimie 3+, CPS à 6, MSS. FEVG à 65 %, clairance à 74 mL/min.

    Q2. Quel traitement proposez-vous ?

  3. Étape 3 · Réponse

    Après 6 cycles : réponse partielle majeure, avec régression de plus de 70 % des lésions hépatiques. Le patient est asymptomatique.

    Q3. Quelle stratégie retenez-vous ?

  4. Étape 4 · Surveillance cardiaque

    Contrôle systématique à 6 mois : la FEVG est mesurée à 44 %, contre 65 % initialement. Le patient est asymptomatique.

    Q4. Quelle est votre conduite ?

  5. Étape 5 · Progression

    À 12 mois : après récupération de la FEVG à 58 % et reprise du traitement, la maladie progresse au niveau hépatique. Le patient reste OMS 1.

    Q5. Quelle 2e ligne privilégiez-vous ?

  6. Étape 6 · Toxicité

    Sous trastuzumab déruxtécan, à 4 mois : toux sèche et dyspnée d'effort progressive, avec des opacités en verre dépoli bilatérales au scanner et sans argument infectieux.

    Q6. Quelle est la conduite à tenir ?

Synthèse du cas 3

Panel obligatoire : HER2, MSI, PD-L1 (CPS), claudine 18.2. HER2 3+ : chimiothérapie + trastuzumab (ToGA) + pembrolizumab (KEYNOTE-811), avec surveillance de la FEVG toutes les 12 semaines — la cardiotoxicité du trastuzumab est réversible et impose la suspension, non l'abandon. Entretien par fluoropyrimidine + anticorps après réponse, en allégeant l'oxaliplatine. 2e ligne : trastuzumab déruxtécan (DESTINY-Gastric01) — surveiller la pneumopathie interstitielle.

Cas 4

Cancer gastrique MSI-H du sujet âgé

Femme de 81 ans, autonome (OMS 1), vivant seule, adressée pour une anémie ferriprive persistante. L'endoscopie découvre une tumeur ulcérée de l'antre ; les biopsies concluent à un adénocarcinome de type intestinal avec un abondant infiltrat lymphocytaire.

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  1. Étape 1 · Évaluation

    Q1. Quel élément d'évaluation est indispensable avant toute décision chez cette patiente de 81 ans ?

  2. Étape 2 · Biologie

    Résultats : perte d'expression de MLH1 et PMS2 en immunohistochimie, avec hyperméthylation du promoteur de MLH1. HER2 négatif. Le bilan montre une tumeur cT3 cN1 M0.

    Q2. Comment interprétez-vous ce statut MSI-H pour la stratégie ?

  3. Étape 3 · Décision

    Évaluation gériatrique : patiente autonome, sans trouble cognitif, avec une hypertension et une arthrose ; albumine à 36 g/L, clairance à 58 mL/min.

    Q3. Quelle stratégie retenez-vous ?

  4. Étape 4 · Suites opératoires

    J4 post-opératoire : confusion aiguë avec agitation nocturne, sans déficit neurologique focal, chez une patiente porteuse d'une sonde urinaire et recevant des morphiniques.

    Q4. Quelle est votre démarche ?

  5. Étape 5 · Résultat anatomopathologique

    Pièce opératoire : adénocarcinome pT3 pN1 (2 ganglions sur 31), résection R0, MSI-H confirmé.

    Q5. Que proposez-vous en adjuvant ?

  6. Étape 6 · Rechute

    À 3 ans : apparition de métastases hépatiques et ganglionnaires. La patiente est toujours autonome, OMS 1.

    Q6. Quel traitement de 1re ligne métastatique privilégiez-vous ?

Synthèse du cas 4

Sujet âgé : évaluation gériatrique (G8) plutôt qu'un refus fondé sur l'âge civil. MSI-H : excellent pronostic, bénéfice limité de la chimiothérapie péri-opératoire, sensibilité majeure aux anti-PD-1 — décisif au moment de la rechute. Hyperméthylation de MLH1 = origine sporadique. Confusion postopératoire : chercher les causes réversibles avant tout traitement sédatif.

Cas 5

Hémorragie digestive révélatrice sur tumeur gastrique

Homme de 58 ans admis aux urgences pour hématémèse abondante avec méléna, tension artérielle à 88/55 mmHg, fréquence cardiaque à 118/min et hémoglobine à 6,4 g/dL. Il décrivait depuis 2 mois des épigastralgies et un amaigrissement.

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  1. Étape 1 · Urgence

    Q1. Quelle est la conduite immédiate ?

  2. Étape 2 · Hémostase

    Endoscopie : volumineuse tumeur ulcérée de la grosse tubérosité, saignant en nappe. L'hémostase endoscopique est obtenue avec difficulté. Les biopsies sont réalisées.

    Q2. Le saignement récidive 24 heures plus tard. Quelle option privilégiez-vous ?

  3. Étape 3 · Bilan

    Après stabilisation : adénocarcinome peu différencié confirmé. Le scanner montre des adénopathies cœliaques et deux métastases hépatiques. HER2 négatif, CPS à 12, claudine 18.2 négative, MSS.

    Q3. Quelle stratégie retenez-vous ?

  4. Étape 4 · Récidive du symptôme

    Après 2 cycles : nouvel épisode de méléna avec chute de l'hémoglobine à 7,2 g/dL, sans instabilité hémodynamique.

    Q4. Quelle mesure proposez-vous pour contrôler durablement le saignement tumoral ?

  5. Étape 5 · Réponse et toxicité

    À 5 mois : réponse partielle, saignement tari. Apparition d'une diarrhée à 6 selles par jour avec douleurs abdominales, coproculture et recherche de Clostridioides difficile négatives.

    Q5. Quelle est votre conduite ?

  6. Étape 6 · Suite du parcours

    À 11 mois : après résolution de la colite et reprise du traitement, la maladie progresse au foie et au péritoine. Le patient reste OMS 1 et demande quelles options subsistent.

    Q6. Que lui proposez-vous ?

Synthèse du cas 5

Hémorragie sur tumeur gastrique : réanimation puis endoscopie hémostatique, embolisation en cas d'échec, chirurgie en dernier recours — bilan d'extension mené en parallèle. Saignement chronique récidivant : radiothérapie hémostatique palliative (20–30 Gy). CPS ≥ 5 : chimiothérapie + nivolumab (CheckMate 649). Diarrhée sous anti-PD-1 : colite immuno-médiée jusqu'à preuve du contraire — corticoïdes, pas de lopéramide seul. 2e ligne RAINBOW puis TAGS.

🃏 Flashcards — répétition espacée

Cliquez pour retourner la carte, puis auto-évaluez-vous (« À revoir » remet en boîte 1, « Acquis » avance d'une boîte).

Quel gène est impliqué dans le cancer gastrique diffus héréditaire (linite) ?cliquer
CDH1 (E-cadhérine). Type diffus/bague à chaton ; peut justifier une gastrectomie prophylactique en cas de mutation constitutionnelle.

Que distingue la classification de Lauren ?cliquer
Type intestinal (glandulaire, distal, lié à H. pylori) vs type diffus (cellules isolées, E-cadhérine perdue, linite, péjoratif).

Standard péri-opératoire du cancer gastrique résécable ?cliquer
FLOT (5-FU, leucovorine, oxaliplatine, docétaxel) — essai FLOT4 — encadrant une gastrectomie avec curage D2.

Quels biomarqueurs guident le traitement du cancer gastrique métastatique ?cliquer
HER2 (trastuzumab, ToGA), PD-L1 (nivolumab, CheckMate 649), claudine 18.2 (zolbétuximab, SPOTLIGHT/GLOW), MSI/dMMR (immunothérapie).

📚 Références & essais fondateurs

  1. FLOT4 — Al-Batran SE, et al. Perioperative FLOT vs ECF/ECX, adénocarcinome gastrique/jonctionnel résécable. Lancet 2019. PMID 30982686
  2. ToGA — Bang YJ, et al. Trastuzumab + chimiothérapie, cancer gastrique HER2 positif. Lancet 2010. PMID 20728210
  3. CheckMate 649 — Janjigian YY, et al. Nivolumab + chimiothérapie, adénocarcinome gastrique/jonctionnel avancé. Lancet 2021. PMID 34102137
  4. SPOTLIGHT — Shitara K, et al. Zolbétuximab + mFOLFOX6, claudine 18.2 positif. Lancet 2023. PMID 37068504
  5. GLOW — Shah MA, et al. Zolbétuximab + CAPOX, claudine 18.2 positif. Nat Med 2023. PMID 37524953
  6. MAGIC — Cunningham D, et al. Chimiothérapie péri-opératoire (ECF), cancer gastrique. N Engl J Med 2006. PMID 16822992
  7. Référentiels ESMO et NCCN Gastric Cancer (versions à jour) — recommandations de pratique clinique.